Le monde selon Merichan & les choiseaux 3.0

Les choiseaux sont de retour, maintenant en direct de la Valaisie

Patch, an old white jack russell stands next to a road on a patch of grass with the Alps in the background

Patchi…

Non respirez un coup… c’est pas encore ce poste-LA. Patchi continue de ronfler dans son panier pour le moment!

Il va aussi bien qu’il peut aller compte tenu de la chaleur, de son arthrose et de ses reins qui péclotent.

Mais c’est un peu ce poste-là quand même.

Parce que je me rends compte que je vis cet année qui est sans doute sa dernière ( je pense pas qu’il ne verra son prochain anniversaire sur la base de son état actuel. J’ai un grand soupçon qu’il ne passera pas l’hiver.) en mode deuil.

Je ne suis pas la seule. Superchéri et Heidi aussi se préparent à sa mort. Et puis quand je vois à quelle fréquence certains des chats nous accompagnent quand il sort, s’assurent qu’il suive, sont attentifs à ce qu’il fait. J’ai le soupçon qu’eux aussi savent que gentiment c’est le bout du chemin pour Patchi.

Avec la canicule qui n’en finit pas même si on gère bien les températures à l’intérieur, on le voit s’étioler de semaines en semaines…

La nostalgie qui serre la poitrine…

Un mélange constant de tristesse face à ce qui ne sera bientôt plus. Et d’autant de petits bonheurs qu’on arrive à glisser dans le quotidien.

Comme ce matin, où malgré un départ poussif Patchi a décidé de faire le presque grand tour. Ce moment un peu magique où il passe de j’ai mal partout et ça me gonfle les coussinets de sortir à Ahhhh mais attend fait pas trop chaud et ça fait un moment que j’ai pas relevé ma messagerie du grand tour!

Et Patch de s’élancer clopin clopant à l’assaut de toutes les odeurs qu’il trouve sur son chemin.

Les grandes promenades c’est le suivre, à son rythme, et le laisser s’éclater. Les seules fois où je guide encore avec la laisse, c’est pour le mettre en sécurité face aux voitures, ou pour éviter les conflits de plus en plus rares avec les autres chiens.

Alors je vous dis pas…

Être en mode préparation de deuil. Oui je fonctionne comme ça. Si je sais que quelque chose a une date de fin, je fais une grande partie du travail de deuil avant que ça arrive.

Avantage: quand c’est arrivé, paradoxalement je ne suis plus triste très longtemps.

Désavantage: A fortiori cette fois-ci avec la périmenopause qui bat son plein. Bin si ça dure avant de finir, je reste triste LONGTEMPS!

Petit interlude…

Je viens de mettre ma musique de fond sur pause. En mode, mais depuis quand sur Welcome to New York y’a des grillons en bruit de fond? La réponse, évidemment il n’y en a pas. Je les entends par mes fenêtres encore ouvertes. Petit bonheur du jour: il reste encore assez de grillons par ici pour que je les entende chanter! En plus ils font chanter les filles ( y compris Peach, mais comme il est le seul mâle il se perd sciemment dans l’accord) qui ont pas l’habitude de les entendre.

Revenons à nos moutons…

Enfin à nos Jack Russell Terriers…

Il me manquera cette nouille quand il ne sera plus là. En fait non, justement, il me manque déjà.

J’ai vécu toutes mes fins comme ça. A vivre dans le présent, mais en ressentant la tristesse du futur. Par moment ça paralyse presque, donne l’envie de fuir, de ne plus s’investir. Tout pour ne pas vivre avec cette masse dans le corps, qui par moment croit et croit jusqu’à ce qu’il ne reste qu’elle.

Merci ma façon ( vachement autiste) à moi de fonctionner. Finalement entre la perspective de perdre son chien ou celle de perdre un être humain, ou un lieu auquel je suis attachée, je le ressens avec la même intensité. Y’a pas vraiment de gradation. En tout cas pas une gradation qui semblerait acceptable à la plupart des gens.

Moralité, entre le futur deuil et cette putain de périmenopause, je suis dans une des phases les plus asociales de ma vie. L’impression de revivre mon adolescence mais à l’envers en terme de rollercoaster d’humeur.

collage of 3 pictures of Patch walking outside, looking like the definition of a grumpy old man fed up with life except the food is good
Pffff maman, on a autre chose à faire qu’à faire des photos! La promenade va pas se faire toute seule, bouge tes fesses –Patchi, qui incarne le hâte-toi lentement… Faut pas le presser mais faut pas ralentir non plus! Et qui accessoirement personnifie super bien le seum de mes hormones!


Mais je m’égare 🙂

Ce sera pour une prochaine fois de pleurnicher sur mes hormones qui me pourrissent la vie! Ou de constater à quel point le mode deuil en avance me complique la vie pour affronter mon administratif.

[ Petite pause d’écriture. Fouille furieusement sur la playlist en cours pour une chanson qui bouge, histoire de chasser la tristesse résiduelle. Merde c’est Johnny Clegg qui me vient en tête, bon on continue la nostalgie encore 4m17 secondes et ensuite on passe à mieux! ]

Sinon quoi de neuf?

Le grand départ définitif d’Heidi s’approche.

En ce moment elle est là-bas et s’attaque aux drames administratifs qui la poursuivent. Comme le fait qu’ils n’acceptent qu’un nombre restreints de documents comme preuve d’adresse. Et qu’elle ne peut en avoir aucun d’entre eux.

Au Royaume-Uni, c’est pas ta commune qui te fournit une attestation de domicile, mais le fait que tu leur donnes la copie papier d’une facture d’électricité/eau ou d’un relevé bancaire à ton nom. Pour ouvrir le compte bancaire, ils veulent une facture précitée ou un bail. Au vu de leur situation particulière, elle n’est pas listée à son domicile comme locataire mais comme occupante. Catch-22! Elle en est à sa je-sais-pas-combientième visite à la succursale de sa future banque, pour voir comment résoudre le meltdown complet que ça leur fait faire, et arriver à les convaincre de faire avec les documents qu’ils ont.

Entre deux moments à s’arracher les cheveux à finaliser son arrivée, elle en profite pour garder un oeil attentif sur la famille de colombes qui a décidé que leur alcove à paquets c’était un bon endroit pour y élever une petite famille. Aux dernières nouvelles, il y a 2 poussins tous frais et très laids. Un bébé pigeon c’est comme d’autres, ils sont pas finis et donc tous nus et tous moches.

Le bonheur profond que j’ai à la voir prendre son envol…

Même les moments de nostalgie avec les animaux, ne ternissent pas cette fierté absolue d’avoir une adulte qui vit sa vie en face de moi.

Je suis vraiment trop heureuse pour elle. Du chemin parcouru, des obstacles franchis, de l’adulte qu’elle est et continue de devenir.

C’est marrant son départ imminent, lui, ce n’est pas un deuil même si c’est une fin… c’est 150% joie et fierté.

Bon d’accord, accessoirement il se pourrait que…

Je sois déjà en train de mentalement échanger les meubles de sa chambre et de celle de Basil, histoire de peut-être arriver à me créer un coin bricolage dans ce qui était sa chambre.

Genre y mettre la machine à coudre, qui en ce moment partage la table du salon avec les croquettes des chats. Ne pas être sur le même étage que Superchéri quand il bosse me permettrait de me laisser aller en terme de musique d’ambiance.

Et que ça aussi ça me fasse plaisir! Je ne suis qu’un être humain après tout. Et l’autiste en moi frétille à l’idée de laisser derrière elle le chaos TDAH de la vie de jeune maman. Totalement prête à le remplacer par le chaos ponctuel de l’oiseau qui revient visiter le nid. Mais qu’entre deux, chez moi ce soit chez moi. ( Là vous me direz, mais c’est aussi chez Superchéri?? On va dire qu’il a plus confiance en mes goûts qu’en les siens)

Et ce sera la première fois de ma vie que ce sera vraiment le cas. Que je sois vraiment chez moi. Pas dans un truc temporaire, ni dans un endroit où mon espace personnel est réduit à peau de chagrin. Et c’est trop cool en fait!

Allez… je vous laisse et je vous dis à la prochaine…

Prenez soin de vous, prenez le temps de vous arrêter sur des petits bonheurs, même au milieu du désastre imminent qu’est notre monde!

Bisous et à bientôt pour de nouvelles aventures!

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