blu parrot preening
meri-philosophe,  singapour pratique

Le shampoing solide

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C’est de ces moments où tes grands principes écolos et tes allergies se rencontrent…

 

Spoiler alerte, ça donne un billet de blog un changement d’habitude.

 

Côté principes écolos à Singapour c’est pas tous les jours simples.

 

De base, même en mangeant tendance local, tout l’alimentaire ou presque est importé.  Quand on veut de la traçabilité, on doit souvent y sacrifier l’empreinte carbonique. On est enterré sous le plastique.  Les initiatives de recyclage ne deviennent que maintenant un peu plus accessibles, alors qu’elles existent depuis 2001.  ( pour tous les détails de ce qui se fait, vous pouvez éplucher le site de la NEA)

 

 

Bref, après plus de 10 ans à faire comme tout le monde ou presque et ne rien trier.  Parce que de toute façon personne ne le fait, donc que ça sert à rien.  Avec l’absence prolongée de Lovely Nounou,  petit à petit je m’y suis remise.

 

On a commencé par papier/carton, puis PET, aluminium et verre, et enfin plastiques et fer blanc.

Y’a un système, on sépare les catégories de produits ( même si à Singapour l’intégralité des recyclables sauf les e-waste est en fait rassemblé dans un même camion et trié à l’arrivée à la centrale de tris, donc que beaucoup de personnes se contentent de tout balancer en vrac dans le bac de recyclage)  et petit à petit j’essaie de faire comprendre à Lovely Nounou que oui, elle doit laver le bocal en verre avant de le mettre au recyclage sinon c’est inutile.  Ou que les matériaux composites genre les briques de lait, malheureusement ça reste poubelle.

Je houspille aussi Superchéri et Heidi, pour qu’ils ramènent les recyclables à la centrale de tri à la cuisine au lieu de bêtement les balancer à la poubelle.

Régulièrement – en digne fille de mon père – je passe derrière tout le monde et je corrige les ratés.

 

 

 

wet parrot on a computer screen
“Moi aime le ninateur de maman. Il est tout chaud et sèche moi!”~Blu

 

 

 

Par rapport aux trajectoires zéros déchets de certaines de mes connaissances, c’est une petite goutte d’eau dans l’océan.

 

Mais alors qu’à d’autres périodes, j’avais choisi face à ce constat d’abandonner complètement la bataille. Cette fois-ci, quand une connaissance arrive avec ses dernières innovations, je refléchis s’il y a une manière de l’appliquer au fonctionnement de la maison.

Et parfois, je suis d’autant plus emballée par mes tests, que ça résoud un autre souci…

 

 

Donc le shampoing solide, disais-je…

 

 

Ça c’est fait il y a quelques semaines, suite à un échange entre plusieurs connaissances sur FB.  Il tombait à pic, parce que j’étais un peu grochon face au fait qu’un shampoing Migros ça allait être coton à retrouver ici d’une fois que j’avais fini ma bouteille ramenée de Suisse.  ( Avec le shampoing solide, tu peux même passer ton shampoing en bagages à main! Donc toujours avoir tes produits sur toi!)

Je râlais parce que pour changer j’avais commencé à avoir des démangeaisons et des cheveux regraissant super vite avec le shampoing hypoallergénique japonais que j’avais depuis quelques temps.

Donc que l’idée d’arrêter de devoir mettre tubes de shampoing après tubes de shampoing à la poubelle ou au tri, c’était soudainement très tentant.

 

 

Le shampoing solide c’est un retour vers le passé.

 

 

Bin oui…  même si on avait déjà du shampoing et du gel pour le corps liquide quand j’étais petite, il fut un temps ou tous les produits d’hygiène corporelles venaient sous la forme d’un savon.   ( Je sais, même à 37 ans, des fois je m’émerveille de trucs comme un gamin qui se pose la question quand est-ce que la couleur a été inventée vu que les vieilles photos elles sont toutes en noir et blanc)

Il a 2 gros désavantages:

  • Il sèche en adhérant à la surface sur laquelle il est posé. Comme le savon.  ( Parce que c’est du savon. Note que vous êtes pas obligés de trouver, comme moi,  répugnant le bruit du savon qu’on décolle du lavabo et le bout un peu humide dessous selon la surface qu’il épousait)
  • Il pique.  Et là, tu as la pub de ton enfance pour les shampoings qui ‘ne piquent pas les yeux  et évitent les noeuds’ qui prend soudain tout son sens!  

 

 

 

solid shampoo
L’objet du délit…

 

 

 

Ceci dit ça coutait pas grand chose d’essayer.  ( 9.29 $ à ajouter sur une commande iHerb pour être précise.)

 

 

Résultat des courses, mes cheveux adorent.  Je ne les avais plus vu aussi beaux, fournis depuis longtemps.  Ils tiennent plus longtemps que jamais entre 2 shampoings.

Tu peux contrebalancer l’effet beurk du bruit ou du résidu humide, par le côté jouissif de la consistance de la mousse.  ( N’ayons pas peur des mots!) 

Et rinces tes cheveux en 15 secondes chrono.  Si si.   J’ai même réussi convertir Heidi…

 

 

Bref, la morale de l’histoire c’est que

 

 

 

Que les petits ruisseaux font les grandes rivières.  Et plutôt que de me lamenter de tout ce que je n’arrive pas à faire,  je peux déjà faire tous les trucs qui sont à ma portée.  Et c’est bien.  Changer son monde en un jour c’est risquer le burn-out,  alors que changer ses habitudes une à une en fonction de ce qui ne coute pas grand chose à changer.   Le shampoint solide en est l’exemple typique pour moi, il s’intègre facilement dans ma vie.  Tandis que d’autres initiatives écolos me posent un vrai problème.

 

Toutes les iniatives pour supprimer les pailles en plastique par exemple…

 

Ça part d’un bon sentiment, soit.  Mais ça occulte totalement le fait que pas mal de monde sur cette terre a BESOIN de ces pailles en plastique pour boire indépendamment et sans risquer la pneumonie.   Non, les substituts ne marchent pas pour les personnes qui les utilisent par nécessité.

Et les réponses reçues par ceux-lles qui montent au créneau pour défendre leur droit de les utiliser, dégoulinent de mépris et de capacitisme.   On leur propose notamment d’avoir le droit de les acheter en pharmacie.

C’est stigmatisant, isolant.

Et du moment où ces initiatives passent, l’utilisation d’une paille en plastique en public sera comme se balader avec un panneau proclamant un handicap.  Forçant les gens à sortir du placard qu’ils le désirent ou pas.

 

 

 

Blu parrot preening on computer screen
“Moi lisse mes plumes et tiens compagnie à maman!” ~Blu

 

 

 

 

Oups je digresse…  donc je disais, dépoussiérer les produits pour le corps en barre solide, je prends volontiers ce train-là.

 

Je suis conquise.

 

( Enfin tant qu’il n’y a pas de pression pour interdire les versions liquides parce que tu comprends gaspillage etc. Alors que pareil, il y a des personnes pour lesquelles les produits liquides, en particulier ceux à pompes,  donnent de l’indépendance! Si ça arrive, alors, je serais probablement aussi contre que pour l’interdiction des pailles en plastique…  Histoire de capacitisme, d’indépendance, d’inclusion dans la société, tout ça tout ça…

Si ça arrive, je ne peux pas vous promettre de ne pas faire ma mauvaise handicapée en colère, qui comprend rien à rien et qui devrait cesser d’être en colère si elle veut qu’on l’écoute.  Avec mes grandes résolutions d’être plus moi-même,  cet aspect-là de ma personnalité se donne de plus en plus le droit d’exister ouvertement!  )

 

 

Je vous souhaite une bonne journée!  Et vous donne rendez-vous au prochain épisode!

 

 

 

p.s. Tous les choiseaux vont bien…  la photo en tête de billet, c’est Blu qui vient exprès sur mon ordinateur quand il sèche, parce que c’est chaud!

 

 

 

 

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