Les choiseaux

Je t’aime moi non plus

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En ce moment ça chauffe entre Blu et Bazinga

 

 

 

Cf. le paragraphe dans le dernier billet sur le fait qu’on avait fini chez le vétérinaire pour cause de bec entamé pour Bazinga, y compris la photo graphique du bec de Bazinga que je n’ai pas remise dans ce billet-ci 

 

Blu et Bazinga c’est un peu je t’aime moi non plus.

 

Dans une colonie sauvage, ils ne seraient probablement jamais adressés la parole.  Ils sont tellement différent que ça en devient comique, leur entente tient plus du frère et de la soeur qui s’aiment mais se tapent dessus à longueur de journée que celle toi et moi c’est à la vie à la mort!

Mais comme ici,  ils sont les deux seuls oiseaux du groupe,  et que dans le cas de Blu il a toujours vécu avec Bazinga, ils se tolèrent tant bien que mal. On ose même avancer qu’ils sont plutôt attachés l’un à l’autre. Même s’ils préféreraient probablement perdre une aile plutôt que de l’avouer.

En gros ils sont compagnons de bêtises.  Ils coopèrent chaque fois que c’est nécessaire pour arriver à leurs fins,  mais Blu est un aventurier casse-cou  jusqu’au bout du bec, alors que Bazinga est à la limite d’être excessivement prudente. Disons qu’elle ne trouve un bon côté au côté terreur – je saute d’abord, je réfléchis ensuite-  de Blu, que lorsqu’elle l’embrigade à faire mettre à exécution leur dernière grande idée. Il prend tous les risques et elle ne le rejoint que si elle a observé un bon moment et qu’elle est sûre de ne pas se mettre en danger.

Dans le monde de Blu et Bazinga, jusqu’à  récemment,  il y avait une certitude ou presque: il avait beau être quasi moitié plus grand qu’elle ( il fait 150 grammes, contre 110 pour elle, faites le calcul)   c’était elle la cheffe, et elle n’hésitait pas à l’enquiquiner jusqu’à ce qu’il lâche prise, ce qu’il faisait la plupart du temps.

 

 

Mais depuis un peu plus d’un mois, il y a de l’orage dans l’air: Blu a commencé à devenir territorial de sa cage, et refuser de lui céder le terrain.

 

 

Ça a commencé bêtement quand il s’est amusé à faire des miettes de papier avec le journal dans sa cage.  On a trouvé marrant, et on y a pas prêté plus de cas que ça.

Jusqu’à une fois, il y a un peu plus d’un mois, où Bazinga est passée faire l’inspectrice des travaux finis, et qu’il a piqué la mouche.

A commencé la première bataille, qu’elle a gagné vu que c’est lui qui a fini une patte en sang, complètement indigné et traumatisé que Bazinga lui aie vraiment fait mal! C’était ‘mignon’ il était tout tremblant, recroquevillant sa patte, un gros poil incrédule…

Quelques jours plus tard, rebelotte, sauf que cette fois, c’est lui qui entame la patte de Bazinga

Je vous passe les quelques fois où j’ai pu les séparer à la douchette des toilettes ( ni l’un ni l’autre ne trouvant que se prendre une douche d’eau froide dynamise une bagarre, ouais je sais,  j’ai des tactiques de flics qui dispersent une manifestation)

 

 

 

“On aime prendre l’air frais et discuter avec les perruches de dehors et les mynas” ~Bazinga

 

 

 

A ce stade, on se rend compte qu’on a un problème potentiellement récurrent.

 

 

On analyse ( enfin j’analyse, c’est mon côté Jules César, cherchez pas, je parle de moi à la troisième personne parfois)    la situation,  et on déduit que Blu s’entraine à faire un nid ( parce qu’un jour il faudra bien qu’il séduise sa dulcinée), et c’est là que ça tourne au drame! Comme dans sa relation avec Bazinga,  c’est clair et net à ce jour pour elle tant que pour lui l’idée d’être un couple c’est méga-beurk,  Blu la terreur a commencé à prendre ombrage que Bazinga vienne jouer l’inspectrice des travaux finis pour quelque chose qui n’est PAS pour  elle!

Alors dans un premier temps,  il suffisait de le distraire lui , par exemple en lançant un jeu de course-poursuite, au moment où on ( mais là, attention,  c’est un vrai on collectif, histoire de brouiller les pistes)  les ressortait de la sieste, pour qu’il oublie qu’il avait fait un nid et voulait pas qu’elle n’y aille.

 

 

Jusqu’à samedi dernier.

 

 

Samedi dernier ils commencent à se battre alors qu’ils étaient sorti de la salle de bain depuis un petit moment.

Je les sépare à l’eau froide, tout le monde revient au salon et s’occupe – vaguement vexé, parce que franchement c’est indigne comme traitement- de remettre de l’ordre dans ses plumes.

Au bout d’un moment, tout semblant cool et relax, je les laisse seuls 30 secondes le temps d’aller me remplir une bouteille d’eau gazeuse à la cuisine ( dans une espèce de discipline olympique qui consiste à ouvrir la porte, rentrer dans et refermer la porte de la cuisine sans:

  1. laisser entrer Blu dans la cuisine. Parce que s’il rentre il va près de la chambre de Lovely Nounou et insiste pour qu’elle vienne jouer avec lui.  Je vous avais déjà dit que Blu avait un petit poil le béguin pour Lovely Nounou?  On va dire que dans tous les cas il insiste lourdement pour qu’elle lui accorde de l’attention du moment où il a réussi à être dans la même pièce qu’elle.
  2. briser une ou deux ailes voire tuer Blu en lui refermant la porte de la cuisine dessus

 

Inutile de préciser que c’est un jeu qu’il adore, et qu’il prend un malin plaisir à gagner.  Il ricane de triomphe depuis le sommet de la fenêtre de la cuisine quand il a réussi sa mission d’infiltration.)

 

 

Bref,

 

 

J’arrive à déjouer ses plans, mais je déchante vite vu les cris que j’entends dans la salle de bain.  Je débarque en courant,  si si…

Je regarde l’état des lieux, constate immédiatement que Bazinga fait pas la maline sur sa cage et semble saigner près du bec.  Immédiatement je les sépare, en refermant la porte de la cage de Blu ( vu qu’il est dedans en train de protéger le territoire) et je vais chercher Superchéri.

On attrape Bazinga, on sort le désinfectant, on constate qu’elle a tout un bout du bec inférieur entamé.  Ça pas forcément l’air méga grave, mais on ne peut pas rester sans avis médical ( alors que les plaies aux pattes on avait géré seul)  Et on commence à chercher une adresse de vétérinaire qui prend les oiseaux ouverte.

Le tout alors qu’en parallèle, on raconte à Heidi ce qui s’est passé,  on lui demande de nourrir les animaux, de sortir l’iPatch et de si possible refaire courrir un peu Blu. C’est là que tu apprécies vraiment d’avoir une ado: tu peux lui balancer le tout à l’improviste dans sa liste de tâches et elle gère comme une cheffe.  On retrouve le sac qu’on a pour transporter un oiseau ( et de disserter sur le fait qu’autant il peut contenir un moment une Bazinga placide, autant le minion bleu lui détruirait le tout et s’échapperait en moins de deux, donc qu’il faut qu’on aille acheter quelque chose de plus robuste pour la fois où on devra inévitablement aller chez le vétérinaire pour lui.).  Au passage, on pondère l’ironie de se retrouver chez le véto en urgences avec l’oiseau blessé à cause de l’autre oiseau, alors même que les dit-oiseaux partagent régulièrement le même espace que 3 chats et un chien.

Après 3-4 téléphones, jackpot, on se met en direction Changi ( genre plus loin sur l’île de chez nous ça aurait été difficile de faire)

La vétérinaire nous rassure rapidement que c’est encore léger, nettoie à fond, et donne une première injection d’antibiotiques à une Bazinga dont les cris d’indignation résonne à travers tout le cabinet du vétérinaire.

On repart moins de 30 minutes plus tard, avec une prescription d’antibiotiques à continuer pour la semaine, des instructions sur comment désinfecter le tout.

 

 

 

“Moi fâché avec Bazinga, nid pas pour elle! Mais moi veut pas rester seul, moi triste sans Bazinga!” ~Blu

 

 

 

Et depuis?

 

 

Bin la bonne nouvelle, c’est qu’elle mange bien, maintient son poids et ne chicane pas trop pour prendre les antibiotiques ou  nous laisser nettoyer les plaies.

L’autre bonne nouvelle c’est qu’ils font une tronche longue comme un jour sans pain les deux d’être complètement séparés.   On les a séparé 2 nuits et une sieste, l’état de nervosité de Blu face à la solitude était palpable, et Bazinga ne faisait pas exactement la fière, même si elle a largement apprécié les petits avantages d’être la blessée chouchoutée, comme pouvoir aller dans le bureau avec Superchéri.

( Là je précise, qu’elle, elle reste sagement sur le dossier du fauteuil de Superchéri à lui réorganiser son col, enfin sauf si elle trouve sa réserve de noix sur le bureau, contrairement à Blu la terreur qui ressemble à un bambin surexcité dans le rayon de Noël d’un grand magasin, histoire d’expliquer la différence de traitement)

Le salon et la grande cage restent un site neutre, où ils cohabitent comme avant, donc on réaugmente chaque jour le temps qu’ils y passent ensemble et on ne retient pas trop notre souffle.    Par contre, on referme la porte de la salle de bain derrière eux quand ils en sortent pour ne les laisser y aller que s’il y a une grille fermée entre eux.

Bazinga tente de nous prouver qu’elle a au moins les mêmes talents de comédie que l’iPatch vu qu’elle fait tout un cinéma à Superchéri pour qu’il lui décortique ses graines, parce que tu comprends ça lui fait mal au bec ( mais étonnamment quand elle est seule, et sans autre spectateur que Blu, elle n’a pas besoin d’aide pour baffrer son quota quotidien de tournesol*!)

 

La suite au prochain épisode…

 

Bonne journée!

 

 

p.s.  Et quand je dis je t’aime non plus, j’exagère pas, la photo en tête de billet a été prise lundi, donc après la grosse bagarre et le passage chez le vétérinaire, mais pour des trucs comme me faire deviner qu’est-ce que je suis en train d’écrire, tout soudain, ils n’avaient aucun problème à se retrouver quasi l’un à côté de l’autre.

 

 

 


* les graines de tournesol, les oiseaux en raffolent, et malheureusement c’est pas super bon pour eux, c’est un peu l’équivalent humain de manger des chips ou des bonbons.  En gros c’est trop gras, pas assez riche en proteines et minéraux, et comme ce n’est pas cher c’est un ingrédient beaucoup trop fréquent des mélanges pour oiseaux.

Alors les graines de tournesol, à fortiori si les oiseaux mènent une vie raisonnablement sportive pour des oiseaux en captivité, oui,  mais avec modération.

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