Les choiseaux,  Singapour,  singapour pratique,  so singaporean

Confession of a Durian Lover

Ce billet a commencé avec une conversation WhatsApp avec une amie hier soir

 

 

” Mais? Tu peux le sortir du pays un Durian? 

 

Nan parce qu’à voir la tronche de tes chats je suis curieuse de savoir quelle odeur ça a exactement.”  Je paraphrase un peu, mais en l’essence c’est ce qu’elle m’a dit.

La réponse c’est que si j’arrive à trouver quelqu’un qui l’emballe sous-vide, je dois pouvoir effectivement l’embarquer en douce dans l’avion. Après tout, j’embarque régulièrement mes durians en fraude dans le métro.

(ils y sont officiellement interdits. Mais bon il n’y a pas d’amende assortie à l’interdiction, et cerise sur le gâteau j’ai un seul arrêt à faire. Je ne risque donc pas grand chose à effreindre la règle.  D’autant plus que vu la façon dont je l’emballe, il n’embaume pas trop.

En plus j’avoue que c’est extremement enivrant, ces petits moments de désobeissance! Je crois parfois que j’ai du être anarchiste dans une autre vie! Ou adrénaline junkie? )

 

 

Comme toutes les spécialités locales ou presque, le Durian vaut son pesant d’or…

 

 

 

Un Durian, petit crash course pour ceux-elles qui n’ont en ont jamais entendu parler,  c’est:

 

Le roi des fruits de son petit nom.  Il est natif du sud-est asiatique, et introduit en Thailande qui est un de ses gros cultivateurs.   Il y 9 espèces comestibles et des centaines de variétés développées par l’homme partant de ses 9 espèces. L’espèce la plus commune, et la seule exportée internationalement c’est celle dont les noms sont codés en D-quelque chose ( comme D13, D24, D105).  Certaines ayant un petit nom, et certaines n’étant connues que par leurs codes, le D24 par exemple.

C’est un fruit saisonnier, à l’allure féroce qui est pollenisé principalement par les chauves-souris. ( Et oui, sans machette et sans gants,  c’est dur de l’ouvrir sans y laisser de la peau).

Il est connu pour être à la fois un délice local, et un fruit à l’odeur tellement prenante qu’elle a été décrite comme l’odeur des égoûts, d’onions pourris, de vomi, ou de putois [liste non exhaustive].  Mûr, il embaume à la ronde, même sans être ouvert.  Histoire d’attirer de loin ses amateurs dans la jungle.  ( Je me souviens d’une balade de nuit dans la jungle de Borneo, où notre guide nous avait rapproché d’un Durian pour voir s’il y trouvait un orang-outang posé pour la nuit)

Son odeur persistante a comme conséquences que le fruit cru est généralement interdit dans les transports publics, les hôtels du sud-est asiatique.  Elle dépend en partie de la variété, et de combien le fruit est mûr.

Les Thailandais le préfèrent moins prenant. Ils ont donc tendance à avoir selectionné des variétés moins odorantes et le manger moins mûr.  Dans le même temps, les malais ont tendance à l’aimer super mur.  ( Et comme en général, les stands singapouriens sont tenus par des malais, ce qui veut dire qu’à Singapour les versions bien odorantes ont plutôt la côte ici).

 

 

 

 

Le Durian c’est un goût acquis

 

Le plus facile d’accès pour un néophyte est un durian doux, pas trop mur dont l’odeur et les subtilités d’arômes résultants de l’affinage seront moins extrêmes.  Une autre amie, en bonne expat’ consciencieuse et aventureuse,  s’est dit qu’il fallait ab-so-lu-ment qu’elle tente l’expérience.  Elle est ressortie de sa première dégustation à peiner de l’avaler, et l’a comparé au fait d’aimer le Munster.

Comme je l’avais décrit de la même manière il y a quelques années, je ne serais pas étonnée qu’à force d’exposition elle développe son palais pour.   Comme à l’heure actuelle, elle est la seule de sa famille qui semble avoir le potentiel de crocher, elle va se faire des amis le jour où ça arrive!

Ce qui fait qu’on chope le virus du Durian, c’est d’une fois qu’on est désensibilisé à l’odeur,  on tombe une fois sur le fruit coup de coeur.  Celui qui fait qu’on va en racheter encore et encore, à la poursuite de cette expérience exceptionnelle. On ne va jamais la revivre, mais on va en vivre des dizaines d’autres, chacune différentes.

La texture de la chair se rapproche de la crème patissière ou du blanc-manger *.  La chair peut varier de douce à amère selon la variété.   Beaucoup d’amateurs de longue date ne jurent que par les variétés douces-amères.  Les comparaisons de goûts qui reviennent le plus souvent c’est les amandes, le sherry,  ou la framboise.  Le dernier dégusté ici, je l’aurais décrit comme une crème patissière à l’amande aromatisée poire Williams avec une touche de Williamine.

 

 

 

Choper le virus du Durian,

 

C’est un peu comme être amateur de fromage, de vin, de bière ou de thé ( pour ceux-elles qui pensent que le thé c’est toujours accessible, je conseille de tester le Pu Ehr à l’occasion).  On fait son palais. Au passage on découvre de nouvelles richesses à chaque dégustation.  Et on se retrouve tel l’oenologue amateur, à chercher des comparaisons pour le décrire.

Parfois c’est aimer les produits transformés, et parfois pas.  Ici j’avoue être une fan du fruit frais.  Peut-être que ça pourrait être pas mal en sorbet?

 

 

 

 

Le Durian chez nous, c’est:

 

Un peu comme chez les populations locales humaines: 50% d’amateurs et 50% de pas-fans convaincus.   Chez les humains, c’est Superchéri et moi contre Heidi et Lovely Nounou.  Tandis que chez les animaux c’est l’iPatch, Blu & Bazinga contre les chats.

On en a goûté la première fois il y a 11 ans à Hong Kong, et on avait détesté.  C’est le déménagement à Singapour, et plus précisement à Bukit Panjang qui a fait naître le changement.  Pour rejoindre le bus, on traversait le marché du HDB.  A force de d’être exposé aux effluves, on s’est désensibilisé.  Soudainement elles n’étaient plus si offensantes.  On a retenté l’expérience il y a 4 ans.  Depuis on s’en fait au moins un avec plaisir chaque année.

J’avoue que cette année,  c’est une saison où j’en dévore.  C’est totalement pas-ma-faute: le fair price le plus proche a commencé à en vendre.  Et d’une fois qu’on a associé l’odeur prenante avec le fruit qu’on aime, il se pourrait que l’odeur nous attire…   Et oui, j’avoue,  je suis faible:  Je me fais prendre dans ses griffes comme n’importe quel autre primate!

 

 

 

Sur ce, je vous souhaite un bon week-end…  et TGIF! 

 

 

 

p.s.  en Suisse, en Europe en général, on trouve le Durian au congélateur dans les épiceries asiatiques.  Pour ceux-lles dont la lecture de mon billet a attisé l’appétit et non le dégoût!

 

p.s.2 si vous voulez un titre tout en français ce serait ” confessions d’une amatrice de Durian”

 

 

 

 


*Je vous renvoie à la page wikipedia en anglais du Durian.  C’est de là que j’ai traduit les descriptions du fruit.  Les mots ne sont pas les miens mais ceux des explorateurs, naturalistes et autres critiques culinaires qui en ont parlé.

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