autistiquement votre

Il faut savoir admettre quand on a tort…

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Bon en fait, je retire ce que j’ai dit l’autre jour…

 

 

Je m’arrache les cheveux à essayer d’adapter les vieux textes…   je ne sais pas combien je vais réussir à en utiliser au final.

En les relisant avec le recul, surtout en prenant les plus anciens,  je me rends compte de l’abysse qui sépare la personne qui les a écrit de la personne qui scribouille aujourd’hui ici.

Je comprends mieux à quel point ceux-elles qui ne me parlent qu’épisodiquement peuvent se sentir complètement projetés en orbite sans anesthésie à écouter la différence entre mon discours d’année en année.

Quand je dis que j’ai profité de me faire une culture autiste loin des préjugés de ma culture d’origine, il serait plus exact de dire que j’ai gentiment évolué et changé les lentilles au travers desquelles j’interprète le monde au fur et à mesure que je développais des contacts et lisaient des écrits qui me faisaient cogiter et me remettre  moi et ma vision du monde en question.

( et dans ces moments-là qu’est-ce que je suis contente de ne jamais avoir trouvé le courage/le temps/ l’énergie/l’impulsion de déjà transformer certains de mes brouillons en version définitive, parce que comme beaucoup, je serai mortifiée en les relisant )

C’est fascinant franchement

 

C’est un peu le meilleur du pire de la mère meri se prend pour un professeur qui a réponse à tout.  ( Inutile de nier, je sais que ça m’arrive plus souvent qu’à mon tour, on va dire que quand je chasse le naturel il revient à tire d’aile et me mord l’oreille parce que j’ai osé tenter de l’étouffer)

Alors quand je me prends pas trop au sérieux, comme ici, en moyenne ça va, j’arrive à me rappeler de ne pas faire trop d’info-dumping*,  j’arrive à garder en parallèle les deux pistes où j’ai sur la première ce que je sais de comment je vois le monde et l’autre piste qui hurle de ne jamais oublier que l’énorme majorité des gens ne va pas fonctionner comme moi,  donc que ce qui me semble évident ne l’est pas forcément pour eux.

Il y a des contextes ou ce n’est presque jamais un problème ( quand je suis en train de résoudre le problème de comment expliquer à X le concept Y et l’aider à décrocher du truc qui coince. Dès qu’il s’agit d’un concept scolaire, un truc à expliquer,  j’ai quasi toujours sans savoir forcément le reconnaître eu le sentiment que lorsque quelqu’un comprend pas ce qu’on lui explique, l’immense majorité du temps c’est parce qu’on lui explique pas de la bonne manière pour que lui le comprenne.)

Mais un truc marrant que j’ai constaté avec le recul, c’est que pour d’autres contextes je suis complètement incapable de garder l’option ‘au fait les autres pensent sans doute pas comme moi‘  allumée dans un coin de ma tête.  En particulier si je suis en train de parler à quelqu’un.

 

 

C’était une des grandes épiphanies de ces dernières années:

 

réaliser qu’à la manière d’Heidi qui plus jeune pouvait manipuler sans souci des chiffres et des opérations complexes dès qu’il s’agissait d’argent, mais perdait ses moyens face à un calcul de distance ou de volume,  je pouvais selon les contextes épater les mêmes gens par ma capacité à leur parler en prenant en compte leur vision du monde, ou au contraire mettre avec un tel acharnement les pieds dans le plat qu’ils en finissaient par se dire que c’était pas possible je devais 1. le faire exprès 2. leur en vouloir pour une raison ou pour une autre.**

Avec le recul, je peux vous dire que ce paragraphe-ci c’est la graine d’un billet sur les fonctions exécutives ( toutes les compétences du cerveau qui gèrent les tâches automatisées, et la répartition et la généralisation d’une compétence dans tous les aspects de notre vie), qui promis est dans le pipeline, ne serait-ce que parce que ça me fascine complètement.

 

Mais je digresse…

 

Donc les vieux textes.  Et la preuve noir sur pixel que le chemin qui a mené au billet de coming out, a vraiment été tarabiscoté.

La preuve que j’ai tenté avec Heidi des choses avec lesquelles je suis incomfortable de nos jours, et que je referai jamais si c’était à refaire.

La preuve de l’évolution de mes convictions, et surtout de ma capacité à les assumer.

La preuve que la métaphore que j’ai eu utilisé pour me décrire, le sentiment d’être un kaleidoscope de personnalités, un patchwork bringuebalant de personnages dont aucun et tous sont moi.  Cette impression que je ne montre jamais à personne qui je suis était bien réelle: je ne me montrai même pas à moi qui j’étais…

Alors je vais continuer à les éplucher, et voir ce que j’estime intéressant d’en sauver,  mais je pense que pour tout ce que j’ai envie de partager avec vous: la neurodiversité,  les neurodivergences, être le parent autiste d’un enfant autiste, ce que j’ai appris sur comment je fonctionnais ( il pourrait m’avoir été sussuré à l’oreille pendant mon dernier passage en Suisse, que peut-être donner le mode d’emploi merichan 2.0  explicitement ça pourrait justement travailler positivement à réduire le schisme que s’est parfois créé avec les personnes que je ne vois que rarement.)   je vais repartir de zéro et l’écrire avec les yeux de la personne qui a émergé de la coquille l’autre jour…

 

 

 

Bonne journée!

 

 

p.s.  Je suis en train de ressortir les crayons… à tous les coups dans quelques mois je frémirais d’horreur  à l’idée de ce que mes efforts étaient pathétiques. M’enfin il faut savoir se jeter à l’eau…

p.s.2. la dernière mouture en date est encore en beta, attendez-vous à voir quelques changements ces prochains jours…

 


*info-dumping, en français on pourrait sans doute traduire par logohrée,  ce qui me rend un peu méfiante toutefois c’est qu’à l’origine logohrée est un terme médical.  Traduit littéralement c’est de l’info-dévérsage ou quand tu donnes beaucoup trop d’informations à quelqu’un par rapport à la capacité qu’il a à l’absorber.

**c’est humain de se demander si une personne le fait exprès ou si elle est le fait pour être malicieuse/vous chercher. ( Enfin non, parce que l’observe même chez les animaux, c’est pas quelque chose dont on a l’exclusivité.)   Le fait de s’attendre par principe au fait que l’autre pense la même chose que nous, et le fait que les attentes qu’on a de lui sont constantes ( alors que dans la vraie vie c’est loin d’être aussi simple. Pour donner un exemple c’est les soucis auxquels les dyslexiques sont souvent confrontés parce que leurs professeurs n’arrivent pas à réconcilier l’enfant qu’ils ont entendu s’exprimer par oral et ses productions écrites)

 

 

 

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