Les choiseaux,  meri-philosophe

Anthropomorphisons gaiement

Coucou la compagnie!

 

 

Je tousse toujours comme une fumeuse au long cours, mais je retrouve un taux d’énergie normal ( ensuite je m’attaque tel Sisyphe à l’espèce de marasme qu’est notre assurance maladie de l’année et assez vite je sais pas pourquoi je me sens épuisée)  Heidi est de retour à l’école, et regarde d’autres jouer  le rôle qu’elle avait obtenu dans la représentation de théâtre. Elle a du être recastée à cause de sa maladie qui est tombée pile au pire moment.

Ces dures leçons dont on ne peut pas les protéger…

 

Bref, passons à autre chose de plus joyeux:  j’en avais parlé dans un des derniers billets où je m’étalais un peu sur les choiseaux ( celui-ci)  ,  un des grands sujets philosophiques à la mode à la maison c’est l’anthropomorphisme.

 

( pour ceux et celles qui ont besoin d’un rappel, juste pour être sûr au cas où, anthropomorphiser c’est attribuer des motivations ou  des émotions humaines aux animaux ou aux objets)

 

Se lancer dans des discussions sur l’anthropomorphisme en société c’est facilement le genre de sujet ou – comme avec les discussions politiques – tu te retrouves à bloquer des gens sur Facebook et les supprimer de ton carnet d’adresse parce que tu n’avais pas réalisé quelle était leur opinion sur le sujet avant de lancer la discussion.

En gros le spectre va de ‘il est impossible de leur attribuer des motifs/emotions, on ne peut tout simplement pas se mettre à leur place’  à ‘ ils ressentent tout comme nous’  avec pas mal de monde qui se retrouve au milieu avec un consensus que s’il est difficile d’avoir une idée claire, nette, tranchée et définitive quant aux émotions complexes comme la culpabilité…

Pour ce qui est des émotions basiques, elles sont exactement les mêmes: joie, peur, colère, affection/amour et on peut sans trop se mouiller les leur attribuer.

 

 

La joie?

 

 

Vous la trouvez facilement dans des vidéos youtube virales, comme le chien qui fait de la luge, remonte sa luge en haut de la pente et repart aussi sec, le corbeau qui avait improvisé une luge avec un couvercle de margarine.  Dans la nature ou dans le sillage de l’homme les animaux prennent le temps, s’ils l’ont et que leurs besoins vitaux sont couverts,  de faire des choses sans aucun autre but que de s’amuser, et pas que lorsqu’ils sont enfants.

Presque tous les propriétaires de chats vous dirons que même si les études scientifiques n’arrivent pas à conclure que les chats sont jaloux, ils le savent que leur chat est jaloux comme un pou dans certaines circonstances, rancunier dans d’autres.

Beaucoup d’animaux ont un sens de l’équité bien acéré, les capucins par exemple.

A la maison les choiseaux marchent entre autres parce qu’on prend du temps et qu’on fait des efforts pour donner à tout le monde de l’attention et à traiter tout le monde aussi équitablement que possible ( m’enfin même si laisser l’iPatch se lover sur mon épaule, il a beau vouloir, c’est pas vraiment possible).

On peut admettre raisonnablement facilement que les animaux appréhendent le concept de la résilience  ( La capacité de refaire confiance à l’être humain alors qu’un animal a été maltraité dans le passé )  et son pendant le stress post-traumatique ( les animaux qui continuent de réagir complètement hors de proportions face à un stimulus ‘anodin’ pour la plupart de leurs congénères par exemple suite à un événement traumatisant)

Et le nombre de vidéos virales qui montrent des animaux aidant un autre animal d’une autre espèce ( genre le chat qui remet le poisson dans l’eau, l’ours qui sort l’oiseau en train de se noyer de l’eau, ou le chat qui aide le chiot à grimper une pente)  ne laissent dénier même aux plus sceptiques le fait que compassion et empathie ne sont pas l’apanage de l’être humain ( surtout que souvent il en manque beaucoup, mais ça c’est une autre histoire).

 

 

“Madame? Ouvre la porte! Moi a ma copine de l’autre côté!” ~Blu

 

 

 

Non l’erreur qu’on commet souvent, pour moi, ce n’est pas d’anthropomorphiser, mais de sous-estimer que nos animaux font le contraire et nous zoomorphisent pendant qu’on les anthropomorphise…

 

 

C’est aussi de ne pas regarder leurs actions/émotions au travers du prisme de leurs codes sociaux, et de la façon dont ils percoivent le monde.   Le fait  par exemple, qu’un chat va facilement te faire la tronche et avoir l’air de dire que c’est à cette heure-ci que tu rentres, alors que ton chien est à la porte à la seconde où il repère ton arrivée visiblement dans tous ses états de te revoir. Le fait qu’un chien ou un perroquet détestent rester seuls, alors que pas mal de chats apprécient leurs moments de solitude.

Comprendre ils passent par les mêmes émotions basiques ( et plus complexes aussi à mon avis même si c’est plus dur à reconnaitre et identifier avec certitude de manière irréfutable, alors que le kiff total de courir dans la neige on arrive tous à le reconnaître)  que nous, mais il ne faut tomber dans le piège de penser qu’ils les expriment exactement comme nous.

Les chiens sont, par exemple, les rares animaux à utiliser autant le regard droit dans les yeux avec nous, la plupart de nos autres animaux de compagnie sont avares de contact visuel direct, l’assimilant souvent à un geste intime ou agressif.  ( Donc oui, quand ton chat te regarde dans les yeux, soit il t’aime soit il se prépare à te bouffer, les deux n’étant pas mutuellement exclusif, il pourrait bien être en train de te faire une scène après tout 😎)

Et globalement pendant ce temps-là, tous nos animaux de compagnie, y compris les chiens, nous zoomorphisent au moins autant qu’on les anthropomorphise.

Oui, ils font exactement la même chose que nous.  Ils évaluent nos actions au travers de leurs codes sociaux et de leur perception du monde.  Vous en doutez? Réfléchissez à ce qu’un comportementaliste vient faire dans une maison en crise: étudier les interactions entre l’animal et l’humain et donner des explications et des solutions à l’humain sur les motivations de l’animal histoire de pouvoir résoudre la crise.

Et des fois, à fortiori depuis qu’on a les plumés dans notre vie, je les soupçonne très fortement de ne pas être tendre dans notre vision de nous.

Je vous jure que régulièrement j’entends les oiseaux soupirer de notre ineptitude,  et qu’heureusement qu’ils nous aiment  et qu’ils savent qu’on les aime aussi, parce que sinon ils ne sauraient pas comment supporter nos idiosyncrasies!

Nan mais vous vous rendez pas compte du calvaire que c’est de vivre avec des humains, Bazinga et Blu nous l’expliquent sans arrêt: on refuse quasi tout le temps de voler ( sauf quand on passe sur un pont piéton, vous devriez voir leur indignation de constater que nous passons au dessous du trafic alors que d’habitude on les fait toujours traverser au milieu des voitures comme des mynas ou des pigeons ( ah oui parce que la xénophobie et le racisme ce n’est pas l’apanage de l’être humain non plus)), notre bec est déformé et inefficace, on est incapable d’apprendre leur langage,  il faut tout nous expliquer au moins 20 fois super patiemment pour avoir une chance de se faire comprendre, on passe notre temps à ne pas prendre le chemin le plus efficace – une ligne droite à tire d’ailes –   pour rentrer.   On en sait pas quand faire du bruit et quand se taire, on ne prend pas nos tours de gardes pour surveiller la présence de prédateurs,  et j’en passe…

 

En fait en refermant ce billet, du coup, j’avoue que je suis confuse, est-ce qu’on anthropomorphise ou on zoomorphise le plus à la maison??

 

Quand je trouve la réponse je reviens vous le dire! Bonne journée!

 

 

 

p.s. en parlant d’anthropomorphiser…  l’iPatch se demande pourquoi je m’obstine à faire des portraits de lui, on voit les poils noirs et blancs qui ont envahi son patch roux, quand je le photographie comme ça!?

 

 

 

 

 

 

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