La naissance d’Heidi

Coucou la compagnie!

 

 

Bon alors on est en plein semaine trois et demie de vis-ma-vie-à-Singapour-sans-helper.  Et honnêtement, ça se passe raisonnablement bien, on prend progressivement le rythme et on arrondit les angles gentiment, le tout alors même que ça tombait pile poil sur les prélims d’Heidi (  ou la répétition générale du PSLE, tout est fait selon le format exact de l’examen, et accessoirement les examens sont exhumés et utilisés si par hasard tu es tellement malade ou accidenté que tu n’as pas pu te présenter à ton vrai PSLE fin septembre)

M’enfin comme vous l’avez constaté, j’ai de nouveau un peu perdu le rythme des billets…  la faute à Blu & Bazinga ( si si)  qui insistent pour me prendre pour une perche sur les moments que j’ai de libre pour écrire.  Ma fille qui me demande comment je fais pour avancer aussi vite dans les saisons de Grey’s anatomy ( ouais elle avait décidé de se faire l’intégrale, du coup j’ai re-croché et je rattrape mes 10 saisons de retard 🙄)  bin c’est simple…  ils se posent chacun sur une main, se font leurs plumes et s’endorment.

Et c’est aussi simple à déloger qu’un chat qui se pose sur toi pour faire sa sieste…  ils dorment tellement bien… ils sont tellement mignons quand ils dorment… et silencieux… et calmes… tellement calmes…

Bref.

Tout ça pour dire que je rame à finir les billets en suspens…

Mais…

J’ai déniché ça dans mes archives, et comme c’est jeudi*, je me suis dit hop, on publie… J’avais écrit le quasi minute par minute de la naissance d’Heidi un tout petit peu avant son premier anniversaire ( plus précisément pour les un an du terme prévu. )  Ça me fait super plaisir de le relire,  c’est de circonstance vu qu’Heidi vient il y a deux jours de passer officiellement – linguistiquement parlant – dans le clan des teenagers  et puis c’était aussi l’occasion de constater combien les souvenirs s’étaient estompés jusqu’à ce que je relise mon texte.

 

 

Je l’ai gardé quasi tel qu’écrit à l’époque, bon voyage dans le temps!

 

 

 

 

Cela fera bientôt une année que ma puce aura posé les yeux sur sa maman pour la première fois, et toute émue de voir ce premier anniversaire s’approcher, j’en profite pour vous raconter l’histoire de sa venue au monde.

La découverte de la grossesse commence en cliché J’attends mes règles, persuadée qu’elles vont arriver vu que j’ai douleur dans le bas ventre et qu’avec Superchéri on avait été TRES sage ce mois-là. On est le 25 décembre 2003 et en passant dans la Coop de la gare toute proche pour combler un oubli de dernière minute, je prends un test de grossesse. Comme ça je sais que dès que j’aurais vu le négatif “noir sur blanc”, je pourrais enfin déclencher mes règles et arrêter cette attente stupide et pénible!

Quelle n’est pas ma stupéfaction quand un quart d’heure plus tard, je découvre la seconde ligne sur le test. ” Chéri, viens voir deux minutes… euh assieds-toi seulement” ( On est jamais trop prudent…) Je lui tends le test de grossesse en lui souhaitant un joyeux Noël.

Quelques jours plus tard, on file rejoindre mes parents pour le Nouvel An et on leur annonce la bonne nouvelle, en leur demandant de garder la nouvelle discrète. Tout le monde pleure autour d’une bouteille de Champagne et mes parents font la cuite la plus économique de leur vie: la bouteille est sifflée en 10 minutes à jeun sous le coup de l’émotion, état d’ébrieté garanti!

La grossesse se passe tranquillement,  à quelques soucis de chutes de tension régulières près.  Il m’arrive de verser même assise.  Et puis aussi quelques troubles digestifs, mais à part ça j’ai un col en béton et “junior-e” ( vu qu’on a gardé la surprise jusqu’à la fin) se porte bien.

Terme prévu le 21 août, enfin selon le gynéco… parce que l’avantage des mois calmes, c’est que comme les accro aux tests d’ovulation, on connait avec précision la date de conception, et pour moi le terme est fin août.

Ceci dit l’estimation du gynéco m’arrange, parce si la grossesse est tranquille le reste de notre vie ne l’est pas: à cause d’un changement de travail de Superchéri, on doit déménager de Zürich à Genève pour le 30 septembre. Je cauchemarde (faut savoir que je suis née avec presque 1 mois de retard sur la date prévue par le gynéco de ma maman à l’époque) de sortir de la mat’ la veille du déménagement, alors cette date avancée m’arrange, ce sera plus facile de demander la provocation au cas où…

Le mois d’août arrive gentimment, mon stress augmente… je me réveille la nuit en sueur à l’idée de ce déménagement… à tel point que le 14 août, je déclenche un faux travail, toute heureuse de ces contractions qui me laisse entrevoir une chance d’échapper à la règle familiale ( tous les bébés naissent après le terme prévu) je débarque à la mat’ pour déchanter. J’ai droit à un suppositoire de décontractant musculaire et je retourne à mes pénates.

A partir de J-1 j’ai des rdv chez le gynéco tous les 2 jours, pour contrôler placenta, liquide amniotique et col… bien béton comme il se doit.

A J+4 on est mercredi c’est l’anniversaire de Superchéri… avec un de ces meilleurs amis on lui organise une petite fête cosy mais arrosée… mon pari… si je dois accoucher avant mon “vrai” terme ce sera ce jour-là… surtout si le futur papa a une gueule de bois très tassée. On passe une superbe soirée, mais rien ne se passe.

Le lendemain contrôle chez le gynéco, on parle de provoquer… pour bébé tout va bien mais le déménagement m’angoisse trop. Le rendez-vous est pris pour le soir même, pour le premier ovule.

Jeudi je tourne en rond comme une hélice, préparant et repréparant mon sac. Je vais accueillir ma mère à la gare. Junior-e sera son premier petit enfant… et même s’il n’est pas question qu’elle nous accompagne à la clinique, ou débarque avant qu’on lui fasse signe… si elle n’est pas sur place, avec 3 heures de train et son travail le lundi, elle aurait des risques de ne pas pouvoir venir voir la crevette rapidement. En plus elle servira de relais info au reste de la famille…

Jeudi 17h, j’arrive à la clinique toute excité au bras de ma moitié un peu plus inquiet. On installe le premier ovule, et la sage-femme me fait tout un blabla sur les contractions qui peuvent vite devenir très douloureuses.

Vers 21h je m’endors tranquillement… Superchéri est resté avec moi sur un lit d’appoint.

Vendredi matin au contrôle, le col n’a pas bougé ou presque…on continue avec le premier ovule ( 24h d’efficacité) et on retourne à la maison et on reviendra en fin d’après-midi pour voir comment ça évolué. En début d’après midi quelques contractions douloureuses… on commence à espérer, mais le toucher vaginal donne un verdict décevant… rien n’a bougé.

Vendredi soir on tente une autre sorte d’ovules… à nouveau les sages-femmes me sortent le blabla sur les contractions violentes ( faut dire qu’avec les changements d’équipes) 4 heures plus tard elles viennent pour un contrôle, assez étonnées de ne pas m’avoir entendue pendant le temps écoulé… mais toujours rien n’a bougé.

La salle d’accouchement est libérée… je reste en chambre… plus personne ne s’attend à me voir accoucher dans l’immédiat. Bien sûr on fait des monitoring réguliers pour voir comment junior-e supporte toute cette agitation… et tout à l’air d’aller bien pour lui.

 

 

 

 

Samedi matin, le 28, on met un dernier ovule… mais sans grand espoir. Le gynécologue passe vers 11h, et m’explique que vu l’état de mon col, s’ils mettent le goutte à goutte, j’ai un risque non négligeable de finir en césarienne. Vu que bébé va parfaitement bien, je me résigne et demande à rentrer à la maison en attendant qu’il se décide à pointer enfin le bout de son nez!

La nana de l’accueil auquel on rend la carte de téléphone et les autres papiers de la chambre est quand même un peu sidérée

On passe une chouette après-midi à rigoler à la maison avec ma mère… et le soir venant on se décide à aller fêter ce non-accouchement au restaurant. Entre ma mère et mon mari ils se descendent une bonne bouteille de rouge, histoire d’évacuer toutes ces tensions… et rient jaune quand ils me voient à la fin du repas devenir pâle, et courir vers les toilettes.

Et oui… j’ai osé le cliché de perdre les eaux au restaurant… Junior-e irrité-e par toutes ses contractions imposées pendant les 36 heures de provocation a fini par se dire qu’il était temps d’aller voir ailleurs et a rompu la poche en frappant sa tête contre le col.**

On paie en vitesse ( l’addition est arrivée très très vite ), on file à la maison récupérer mon sac et appeler la mat’ pour leur annoncer que j’ai enfin perdu les eaux et on saute dans le taxi.

On arrive à la mat’ en courant ( aussi vite qu’on peut courrir pliée en deux)… pour apprendre que mon col est encore postérieur et dilaté à tout casser d’une centimètre… glups…

On s’installe tranquillement dans la salle, on prend nos marques, mais après un petit moment rien ne va plus… j’ai envie de pousser et une douleur continue. Bébé est pressé de sortir et appuie contre le col toujours déespérement fermé.

On tente différentes positions et la baignoire pour le faire remonter un peu. En appauyant sur le col ainsi il a plutôt tendance à en retarder l’ouverture et en plus impossible de récupérer entre les contractions, parce que c’est à chaque pause qu’il frappe le plus fort.

Il est 22h30, on appelle l’anesthésiste, change de salle d’accouchement… le mieux malgré l’absence de dilatation c’est la péridurale. Un petit quart d’heure plus tard, il arrive, et installe son matériel. Quand on me demande de me redresser, on ne tente même pas de me faire rester calme: 2 sages-femmes viennent me maintenir: je tremble comme une feuille.

Le temps des essais, il est 23h et je revis: l’anesthésiste a envoyé la dose maximale de péridurale, vu que je ne suis pas dilatée, et je ne sens vraiment plus rien… à part peut-être les coups de pieds de bébé contre mon estomac, mais c’est tout léger. Je couvre l’anesthésiste de louanges et remerciements

Chéri me voyant sourire à nouveau après m’avoir entendu lui dire que si ça continuait comme ça j’allais mourir, se détend légèrement et se rend compte qu’il a la gueule de bois. Ils apportent un lit d’appoint et on s’endort tous les deux.

Quelque part vers 5 heures du matin, je suis complètement dilatée. Mais entre la péridurale qui m’engourdit et la fatigue qui se fait sentir… impossible de pousser et d’aider junior-e à s’engager.

Un peu avant 7 heures du matin, le gynécologue arrive… et voyant que je n’arrive à rien, il décide d’aider la nature avec la ventouse. La sage-femme qui aide en appuyant sur le ventre recule de surprise en recevant quelques coups de pieds

 

 

 

 

A 7h18, le dimanche 29 août, Notre bébé pousse son premier cri, les yeux grands ouverts et on découvre qu’on a une petite fille.

Elle reste posée paisiblement sur mon ventre, à regarder autour d’elle, pendant la délivrance puis tandis que le gynécologue recoud une petite épisiotomie. Après cela ils nous laissent tranquilles.

Première têtée. On prend les premières photos de notre puce, puis quelques 2 heures plus tard on se dit qu’il serait peut-être temps de répandre la nouvelle. La sage-femme vient alors pour proposer de glisser notre puce dans son premier pyjama. On apprend ainsi qu’elle pèse 3.380 kg pour 51 centimètres. On prévient ma mère, qui se rongeait les sangs devant notre télé… elle a encore moins dormi que nous

Vers 10h on quitte la salle d’accouchement, pour la chambre… comme la péridurale a eu le temps de s’estomper, j’y vais sur mes 2 pieds.

Malgré la fatigue impossible de dormir, je ne peux pas quitter notre petite merveille des yeux! D’autant qu’elle non plus ne dort pas; elle tente de comprendre ce qui lui est arrivé en regardant partout, et en ouvrant-fermant la bouche comme un poisson fraichement hors de l’eau!***

 

En fin de matinée je dis à Superchéri ” finalement c’était facile, y’a pas de problème… on recommence quand tu veux”

Un peu après ma maman vient pour voir sa première petite fille émue aux larmes. Elle a fait tous les magasins de la gare pour trouver un petit habit rose****. Superchéri redescend avec elle à la maison, en profite pour se changer et se rafraichir, avant de la remettre dans le train… tandis que j’arrive enfin à fermer les yeux pour un moment de repos bien mérité.

 

Bonne journée!

 

 

 


 

*et jeudi c’est throwbackthursday

**avec un instant complètement surréaliste où clairement Heidi avait sorti la main de la poche, et que je sentais sa main toucher autour d’elle…  la sensation la plus bizarre de ma vie à ce jour je crois!

***je vous jure… j’ai une video qui traine quelque part, elle a littéralement l’air d’un poisson hors de l’eau, elle essaie désespérément de comprendre ce qui lui est arrivé et les changements dans son environnement.

***ça ne se voit pas, comme j’ai changé les photos en N/B,  mais le petit habit rose bonbon en question, Heidi le porte sur la photo en tête de billet.

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