bla bla quotidien,  juste pour rire,  Les choiseaux

“Mais t’as quand même beaucoup d’animaux, hein….”

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Dixit un peu tout le monde qui prend conscience de la taille de la ménagerie

 

 

Il y a les petits malins qui font des gags sur quelle espèce on adopte ensuite, si on est sûr de s’arrêter là, de savoir si en fait on a pas commencé à bosser au zoo sans en parler.

Il y a les sueurs froides quand tu sens que tu risques de te faire piéger à sauver un animal de plus, où celles quand tu visualises la note vétérinaire d’avoir plusieurs animaux malades en même temps.

Il y a la réalité concrète du temps qu’ils te prennent dans une journée.  Entre les légumes frais à préparer tous les jours pour les oiseaux (  pour les jours feignasse tu peux tricher en décongelant du surgelés du commerce, mais bon en pratique, c’est soit tu as des mélanges pré-fabriqués que tu décongèles, soit tu augmentes le rythme auquel tu fais tes courses de légumes),  les cages à nettoyer, les caisses à chats qui se remplissent plus vite que leurs ombres ( mais bon là heureusement ils ont cessé de n’en utiliser qu’une, du coup je peux pousser jusqu’à 24h avant de les nettoyer), le chien à sortir, et le ménage de l’appartement qui prend l’ascenseur vu qu’il y a 4 bestioles qui perdent leurs poils, et me font des confettis d’arbres à chat, de papier toilette ou papier ménage…  2 bestioles qui perdent leurs plumes, et ont le chic pour me jeter de la nourriture partout.

Il y a la difficulté de partir en vacances*…  mais ça à vrai dire ça nous dérange pas trop ( ça donne surtout des sueurs froides à Lovely Nounou à vrai dire, parce que Bazinga quand elle est pô contente, elle n’est pô commode! )  parce que surtout cette année on ne va pas vraiment partir, vu que c’est PSLE et que partir avec Heidi c’est pas exactement de base reposant ces derniers mois, donc qu’on est pas toujours méga motivé, donc qu’on amène le dépaysement et l’aventure à la maison.

 

Donc Baby Blue et son arrivée…

 

Donc dans le billet précédent, je vous ai fait la genèse de son arrivée, et je vous avais laissé sur mon angoisse existentielle profonde quant au challenge que ça allait être de ne pas faire crever Baby Blue  ( parce que tu lis toutes les histoires d’horreur sur les conséquences fâcheuses de gaver l’oiseau au delà des capacités de son gésier,  les risques d’infection pulmonaire subséquents, tous les dangers qui les guettent, à quel point ils sont fragiles, à quel point il faut paniquer rapidement quand quelque chose semble ne pas être parfait)
Les deux-trois premiers jours se passent sans trop de catastrophes.  J’essaie de partager autant que possible mon temps entre les deux oiseaux,  sachant qu’ils ont les deux besoin de présence mais que Baby Blue passe encore pas mal de temps à tout simplement dormir.

 

 

” Qu’est-ce tu fais? Diiiiis qu’est-ce tu fais?”




Mais à 3 jours,  entre la solitude dans le nid et les stimulations auquel Baby Blue est exposé quand il est avec nous ( il est très très conscient d’avoir des chats et un chien qui lui tournent autour )  et au fur et à mesure que la curiosité le gagne du fait des dites-stimulations, Baby Blue décide que le nid c’était chouette mais qu’il est temps de partir à l’aventure et découvrir le monde.

 

Et là, les choses se compliquent…

 

Parce qu’un oisillon qui va prendre son envol passe du temps à exercer ses muscles ( donc qu’il lui faut la place nécessaire pour battre des ailes)   et fait un régime minceur histoire de perdre sa graisse de bébé ( toute ressemblance avec le bébé humain qui s’affine au moment où il commence à marcher n’étant pas fortuite) et dans le processus il perd entre 10 et 25% de son poids.  Il faut dire, accessoirement,  que dans la vraie vie, dès qu’un oisillon quitte le nid, le parent alterne le fait de l’aider à se nourrir, en l’aidant de moins en moins, et de le laisser découvrir seul, donc que la réserve de graisse sert aussi à gérer la période où la vitesse à laquelle l’oisillon se nourrit pendant qu’il acquiert la technique et la force nécessaire pour se nourrir seul ne lui permet pas de se nourrir en suffisance. ( Sans plaisanter au début Baby Blue met tellement de temps à craquer un grain de millet qu’il passe la plupart de son temps éveillé à manger, quand il n’est pas en train de voler ou de regarder ce qu’on trafique).

Il refuse donc catégoriquement de faire 3 gros repas par jour et refuse quasi tout aussi catégoriquement l’alimentation pour bébé.  Un gésier plein empêche de voler et le gène pour se déplacer, il refuse donc obstinément qu’on le lui remplisse complètement.  Il cesse d’ouvrir le bec au milieu de la dose prévue.

Tu files sur les bibles online pour l’élevage d’une perruche à collier. Tu trouves quasi-sans-exagérer 30 sujets sur des personnes qui demandent pour sevrer une perruche qui refuse de le faire ou de quitter le nid, alors que l’oiseau a 3 mois et plus…  et éventuellement un sujet qui touche un peu à l’oisillon qui fait le contraire et brûle les étapes.

Tu n’y apprends rien de plus que ce que tu constates déjà à tenter de nourrir Baby Blue, et l’assurance que c’est normal et plutôt sain en fait, parce qu’en adéquation avec ce que ferait la tête brûlée indépendante et aventureuse d’une portée dans la nature. ( comprendre, si l’animal ne périt pas dans un accident d’avoir trop tenté, ou ne se fait pas bouffer par un prédateur, ce sera probablement un magnifique spécimen)

Du coup le seul moyen de s’assurer que Baby Blue mange suffisamment, c’est d’augmenter considérablement la cadence des repas, et au lieu de 3 repas par jour… je me retrouve à nourrir le microbe ( le gag étant que le dit-microbe est moitié plus grand que Bazinga)   toutes les 2-3 heures.  Au milieu du reste de mon programme c’est fun…

 

Mais jusqu’ici tout va bien…

 

Je commence à respirer, écrire l’article précédent…

On est en complète pâmoison devant les prouesses de notre Baby Blue…  les progrès dans son tonus musculaire, sa motricité se comptent en heures pas en jours.  C’est un peu comme assister au timelapse de l’enfance d’un bébé humain: en moins de 12 heures il passe rester sur une perche à la force de ses griffes au fait de prendre réellement patte sur la perche, 12h plus tard encore il commence à dormir sur une seule de ses pattes ( l’occasion de constater qu’il est gaucher alors que Bazinga est droitière).  On en est rapidement complètement gaga.

 

“Baby Blue? Tu fais quoi? Je peux jouer avec toi?”

 

Il prend son envol à tout casser 2 semaines après être arrivé chez nous, pour ce qui doit correspondre à ses 7 semaines, à priori une moyenne de 2 semaines plus jeune que le début de la fourchette ordinaire pour l’âge d’envol d’une perruche à collier en captivité.

C’est fascinant d’observer la différence entre lui et Bazinga.  Il n’a peur de rien, fait ses premiers vols sans se poser la moindre question, il veut y aller et battre des ailes est le seul moyen d’atteindre sa destination, il saute, ouvre les ailes et hop, c’est parti.  Très rapidement,  il nous coupe le souffle avec la dextérité de son vol, passant en rase-motte du sol avant de remonter en flèche, et en passant chaque fois plus près de l’obstacle à chaque essai.

Quand bam! Un ou deux jours plus tard, Baby Blue commence à refuser franchement de manger.   Et vu qu’il a déjà plus ou moins perdu 25% de son poids,  c’est un peu la panique à bord…

 

A bien le regarder je comprends le pourquoi du comment…

 

Quand Baby Blue a démarré l’anxiété de séparation 36 heures plus tôt ( logique vu qu’à cette phase de sa vie, un jeune oiseau va passer toutes les minutes de ses journées avec ses parents )  j’ai loupé le coche, et l’ai laissé un peu trop longtemps dans sa cage ( à barreaux vu que c’est la seule qu’on avait dans laquelle il avait assez de place pour battre des ailes et voleter un peu)  et il s’est un peu abimé le bec ( encore tendre vu qu’il est plutôt jeune pour avoir pris son envol)

Pour les novices en bec – comme moi – le bec d’un oiseau c’est un instrument de haute précision, vivant, que l’oiseau passe beaucoup de temps à entretenir.  En gros c’est un énorme ongle sur un os.  Il est innervé – donc méga douloureux quand abimé, on peut le casser aussi…  Baby Blue refuse de manger parce que ça lui fait mal…

Au stade où je réalise qu’il y a un blême, j’ai deux choix: tenter de m’en sortir seule ou foncer chez le vétérinaire.

Vu que mon programme cette semaine-là ne laisse pas exactement beaucoup d’opportunités pour l’expédition chez le vétérinaire ( sachant que des vétérinaires aviaires à Singapour il y en a moins que ceux qui prennent les animaux de compagnie de tous les jours)  je me donne 24h à 48h en surveillant strictement le poids de la bestiole et en cherchant stratégie après stratégie pour le nourrir envers et contre tout.

Le salut viendra de petits pots pour bébé, plus précisément d’une purée de patates douces et de courge,  qui lui fait envie, que je passe des heures à lui donner au doigt,  faisant rentrer des petites quantités plus ou moins contre son gré dans l’espace laissé par les dégâts au niveau de son bec. Après 2 jours où je passe chaque minute libre de ma journée à lui refiler de la nourriture ( compter assez littéralement  8 à 10 heures par jour passées à le nourrir… comme j’ai pas le temps de jour, je termine le soir à 22h passés!)   je commence à respirer… j’arrive à lui faire avaler des quantités raisonnables, il a cessé de perdre du poids et les dégâts de son bec sont stabilisés.

La douleur s’estompe assez vite,  reste juste les mauvais souvenirs ( et oui c’est malin un perroquet, et ça refuse rapidement toute chose qu’il associe à la douleur…)  donc aussi longtemps que je trouve des nouvelles tactiques pour le nourrir ( comme de changer la taille de seringue, ou de le nourrir au doigt, de détremper les croquettes à l’eau chaude et les lui donner en une espèce de bouillie informe )   il reprend goût à la vie et de la curiosité face au fait de manger.

 

 

 

 

M’enfin du coup je dois aussi le remettre dans la cage à hamster la nuit – pour éviter qu’il panique dans sa cage et s’y blesse à nouveau et développe une vraie peur durable de la dite cage ( qui est quand même un peu essentielle par rapport au fait d’avoir 2 oiseaux, 3 chats et un chien dans une maison, ou par rapport au fait d’avoir des gens qui sonnent à ta porte et parfois rentrent dans ton appartement)

Sur la journée on se le repasse d’une adulte à l’autre entre Lovely Nounou et moi, ou parfois Heidi, le temps que sa peur panique de rester seul s’estompe, parce qu’il gagne en indépendance.

Et on brise prématurément la quarantaine à laisser de plus en plus souvent Bazinga et Baby Blue ensemble, vu que le seul moment où il cesse de tourner en rond dans la cage à hamster comme un rat empoisonné, c’est quand la dite-cage est posée de manière à ce qu’il voit Bazinga.

On finit par arriver à fermer les vasistas de la salle de bain visiteurs/Heidi, et on la sacrifie comme pièce de nuit/sieste  à oiseaux… Bazinga y est dans sa cage fermée,  Baby Blue dans sa cage ouverte ( et donc ne panique pas).

C’est toujours à ce point-là qu’on en est pour les nuits à ce jour, mais par contre le visage des journées à bien changé ( et n’y est pas pour rien dans le fait que je rame à finir mes billets… en plus ces nouilles m’ont tué mon clavier suisse entre le grignotage du fil et les trucs qu’ils y ont renversé… donc je suis de nouveau obligée de taper à l’aveugle sur un clavier anglais… pffff  )

 

 

 

Bon la suite ce sera au prochain épisode, ce billet-ci est déjà trop long!  J’espère arriver à le finir dans pas trop longtemps, parce que j’en ai des tonnes à vous raconter sur la façon dont les choses évoluent depuis…    et sur ce, je vous souhaite une bonne journée!

 

 

 


*Pour la petite histoire, les petites vacances c’est fait…  et tout le monde a survécu, même si Lovely Nounou a clairement été soulagée de nous voir revenir après 4 jours 😂

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