meri-philosophe

L’untold drama de l’expat introvertie

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Ou celui de la blogueuse méga introvertie aussi en corollaire…

 

 

Je sais ça surprend souvent quand je dis ça, mais dans la-vraie-vie, comprendre celle où tu me croises en chair et en os  ( non pas que je considère l’une plus vraie que l’autre personnellement, c’était juste un effet de style en fait)  je suis quasi l’image d’Epinal de l’introvertie.

J’ai horreur de la foule, les fêtes de l’école et autres rencontres du genre c’est souvent ma définition de l’enfer…

Je sais, parfois je fais bien semblant 😅

Ça ne veut pas dire que je suis complètement asociale.  J’adore les gens ( faut dire qu’ils me fascinent )  mais à dose homéopathique, ou de loin.

C’est pas eux,  c’est moi selon la formule consacrée:  autant j’adore les gens, autant passer du temps en groupe m’épuise dans des proportions souvent effrayantes.

J’ai besoin de temps à moi:  mes vacances idéales, c’est un coin désert ousque je ne croise personne pendant plusieurs jours,  mes weekends parfaits c’est quand je suis chez moi avec quelques nouveaux livres…

Et manque de bol: je suis la seule introvertie de la maison!

Heidi est la caricature de l’extravertie, elle n’est jamais aussi heureuse que dans une foule de gens, rayonne à passer une journée à papillonner entre 30 personnes sur un jardin!

Quand la question tombe périodiquement de savoir si elle ferait pas un peu exprès d’être malade pour rester à la maison je pouffe de rire:  Heidi DEPRIME sérieusement quand elle est obligée de rester à la maison! C’est pour ça qu’en période de maladie on la trouve beaucoup sur Minecraft, elle joue en groupe et échange avec d’autres joueurs.

Superchéri est un peu moins extrême qu’elle, mais soyons honnête, il est pas loin derrière, quand il ne voit personne au fil des jours c’est un peu comme une plante qui manque un peu de soleil ou d’eau!

La conséquence d’être l’introvertie de la maison est implacable: rien qu’à essayer de régater face à leurs envies de voir du monde, je me retrouve au bord de l’épuisement absolu.  Je dois poser des limites plus strictes, et je les encourage largement à vivre leur vie sociale sans moi.

 

Alors ça fait longtemps que je sais que je suis l’introvertie de service:

 

Quand je viens en Suisse et je case en 2-3 semaines des rencontres que normalement j’étalerai sur des mois…  je ne parle plus à personne ou presque quand je rentre pendant un bon mois  ( cette fois, on peut dire même quasi 2 mois!)

(  à ce propos j’adore le rythme de l’école locale: je rentre de mes vacances quand tout le monde expat’ part… du coup personne n’est là et j’ai pas besoin de trouver des excuses plus ou moins bringuebalantes pour expliquer pourquoi je peux pas venir… )

Je peux volontiers passer 2-3 semaines sans parler à Supergranny…  et c’est grosso modo la seule personne à laquelle je parle régulièrement.

Le téléphone est une invention du diable… si si… Je vais toujours choisir de texter au lieu d’appeler…

Là, du coup, il y a une meilleure chance qu’on garde contact ( c’est aussi un peu comme ça que les chroniques avaient commencé, il y a 10 ans avant d’évoluer en direction de ce blog, un moyen de garder contact).   M’enfin, en période de fatigue sociale intense, même les whatsapp peuvent être ignorés, ignoble agression insoutenable dans un monde qui ne tolère pas la moindre communication de plus.

Quand je me bouge à une soirée, les 80% du temps, je suis la nana qui est en bordure, à regarder les gens, ne pas savoir à se placer dans une conversation et qui a l’air de se dire qu’elle serait presque plus détendue chez le dentiste.

Quand tu me croises dans la cour d’école, je suis la maman le nez dans son téléphone ( d’ailleurs,  qu’est-ce que j’aime les smartphones, ça me normalise en apparence 😂)  avec des écouteurs sur les oreilles.

 

Quand j’étais plus jeune, je rêvais d’un autre monde…

 

Il m’a fallu longtemps pour comprendre pourquoi me donner des coups de pieds aux fesses et rencontrer du monde et sortir, ça ne marchait absolument pas pour me changer les idées, que ça m’enfonçait encore plus.

J’ai mis longtemps à apprendre ce qu’étaient l’introversion et l’extraversion, et la réalité que notre monde n’est pas exactement pensé par et pour les introvertis,  on essaie plutôt de les forcer dès les premières années d’école à des standards d’extravertis.

Et plus jeune, comme d’autres, j’avais la fâcheuse tendance de me faire la morale pendant des heures à ne pas être foutue d’arriver tout simplement à trouver du plaisir à sortir plus, maintenir le tourbillon de copines et de sorties…

 

De vieillir, à me faire une culture, j’ai appris à moins aller contre ma nature… je la changerai pas!

 

Et c’est en respectant mes besoins de solitude autant que possible que je me porte le mieux et arrive le mieux à maintenir mes amitiés.  ( Parce que quand pour une raison ou pour une autre je n’arrive pas à atteindre l’équilibre nécessaire ès solitude, mes amis le savent… je deviens une amie pourrie…  vraiment pourrie…  l’occasion de leur présenter des excuses publiques, parce que ces temps c’est le cas)

 

En tant qu’expatrié, c’est pas toujours simple de trouver sa place dans la communauté en tant qu’expat’ introvertie.

 

L’expat’ est en moyenne une espèce grégaire, qui affectionne la présence de ses congénères, de préférence via moults événements ( genre en ce moment les fêtes de Noël, les marchés de Noël etc. mais il y a quelques semaines c’était les incontournables cafés de la rentrée)

Rien que d’écrire ça, j’en ai des frissons d’horreur.

Vous comprenez le problème:  dans une communauté qui a un énorme turnover, et où se refaire des amies est une nécessité constante si vous voulez garder votre réseau social, je pars avec un énorme handicap ( enfin quand je VEUX m’en faire, ce qui est pas toujours le cas)   je n’ai généralement pas l’énergie sociale pour le faire, au delà de la première fois, lors des premiers mois d’une nouvelle expatriation.

Alors évidemment,  il y a des destinations qui sont plus accueillantes pour l’expat introvertie ( parce que je ne suis pas la seule!)   parce que certaines cultures sont plus accueillantes pour les introvertis que d’autres.  Le sujet mérite des pages et des pages d’essai à lui tout seul…

 

Le drame de la blogueuse introvertie en corollaire ?

 

C’est que c’est une des raisons de l’épidémie de billets jamais envoyés, et des longues périodes de silence.

En période d’épuisement social intense,  de savoir que le blog est lu, pourrait conduire à des questions, des échanges sociaux, devient pesant, brûle des cartouches sociales que je n’ai pas forcément.

Et l’idée qu’un billet devienne viral ( ce qui statistiquement pourrait bien arriver un jour, même si je fais tout ce qu’il faut pour que ça n’arrive pas, en faisant tout ce que je peux pour que le blog ne soit pas bien référencé,  que ce soit raisonnablement complexe de me contacter, etc.)  j’en verdis…

Bref,  c’était un peu mon mea culpa…

Et puis, s’il y a d’autres expat’ introverti-e-s par ici,  vous en faites pas, vous n’êtes pas les seuls!

Et puis, pour les extravertis de ce bas-monde, expat ou pas… promis, c’est pas que les introvertis vous snobent ou vous ignorent, le font exprès, n’auraient qu’à…

Non, c’est juste deux manières différentes de fonctionner 😌

 

 

 

 

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