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Dannie

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C’est un de ces billets que je ne sais pas trop comment commencer.  Le sempiternel “coucou du…” semble irrévérencieux, voire sacrilège…

 

C’est la je-sais-pas-combien-tième tentative pour mettre les mots, pour terminer certains billets en déshérence qui parlent de Dannie, de sa vie, de ses combats,  c’est au moins la dixième fois que je bouffe le nez d’Heidi depuis 2 jours parce qu’elle débarque pour me parler alors que j’essaie de déterminer si je peux enfin publier le billet…

J’aurais pu vous parler de ces vacances, qui continuent de s’écouler plus vite que la musique, et qui nous ont recelé une surprise: après des mois loin de son appareil photo, Heidi a remis le pied à l’étrier enfin l’oeil derrière le viseur.

Au programme de cette dernière semaine de vacances, du coup, on a le coup de départ d’un projet photo sympa et plutôt ambitieux, né un peu comme un gag devant l’admiration qu’elle avait pour des projets photos comme ceux qui font des mises en scène avec les legos mais plus spécifiquement du photographe qui jouait sur les perspectives comme ça  .  Heidi prévoit de commencer la mise en ligne début juillet,  sur un peu toutes les plateformes…  je vous redirais quand le projet démarre ☺️

 

Je pourrais vous parler de plein de trucs, les chats, le chien, les nouvelles habitudes, les départs, les arrivées,  le temps qui passe ( au fait, ça fait officiellement 15 ans qu’on est ensemble Superchéri et moi…),  Heidi qui grandit tellement vite ces temps que ça nous en fiche le vertige, de l’instant Kodak que ça a été d’aller changer notre adresse au poste de police

 
(  Encore que ça je vais prendre 30 secondes  pour le faire parce que c’était mythique, et que c’est un peu la dernière occasion que j’ai l’occasion de vous faire rire dans ce billet vu la direction que je veux lui faire prendre…

Bin ouais comme on est PRs, on a notre adresse légale sur notre carte de résidents, et quand tu déménages,  tu ne peux pas te contenter d’annoncer le changement d’adresse en ligne, tu dois te déplacer en personne vu qu’ils vont devoir modifier l’adresse sur ta carte.

Tu peux soit aller à l’ICA ( alias le contrôle de l’habitant, quoi) soit aller dans n’importe quel poste de police avec ta preuve de résidence.   On a pris le pari – vu les horaires de Superchéri ces temps –  de voir si je pouvais aller faire l’annonce seule ce qui a été le cas.

Donc la mère meri va au poste de police,  un poil nerveuse parce que l’air de rien c’est la première fois de ma vie que je vais dans un poste de police… si si…   avec le bail et les cartes de tout le monde.  J’en perds un peu mon latin ( enfin le peu dont je me rappelle encore)  quand le policier décrète que je ne me ressemble pas du tout sur ma carte, et qu’il faut s’y reprendre à 3 fois pour lui faire admettre qu’il a déjà ma carte dans ses mains!  Bon,  vu la tronche de cake que j’ai sur la photo,  j’ai pris le parti de me dire que c’était un compliment 😂  Au passage, on discute le bout de gras, mais depuis combien de temps vous êtes à Singapour,  ahhh votre fille est à l’école locale…

L’opération est expédiée plutôt vite,  un peu morte de rire de constater que le matériel spécifique pour effacer l’adresse consiste à gratter au cutter, barrer ce qui reste au feutre indélébile noir, et que finalement le seul vrai truc “spécifique” c’était l’autocollant infalsifiable  affichant la nouvelle adresse qu’ils collent sur la carte.  Et qu’évidemment,  oh ironie du destin,  des deux cartes, c’est celle de Superchéri où le policier se loupe un peu et que je repars avec une carte qui a un angle d’autocollant qui dépasse de la carte ce qui rend juste Superchéri-je-suis-un-poil-OCD-avec-ma-manie-de-ne-jamais-laisser-un-autocollant-sur-un-de-mes-objets franc fou.  Qu’étant un poil sadique sur les bords, vous vous doutez que  je n’ai pas pris de ciseaux pour essayer d’arranger le binz, et lui ai rendu sa carte telle quelle avec le bord qui dépassait… juste pour m’étaler de rire face à sa tête:

 

Pour donner une idée de la tronche de Superchéri quand je lui ai rendu sa carte avec le bout d’autocollant qui dépassait….

 

 

Enfin c’est fait, et l’avantage c’est que ça met à jour tous les systèmes gouvernementaux, donc que ça a updaté l’adresse de Lovely Nounou dans la foulée. )

 

 

Mais à vrai dire, aujourd’hui ( enfin hier maintenant, mais vacances scolaires et n’émotions obligent j’ai pas réussi à finir hier)  c’est un jour un peu particulier, c’est un anniversaire, celui de Dannie.

 

 

Il y a un an jour pour jour, on était avec elle, son mari et une foule de personnes sur leur terrasse pour célébrer son anniversaire.

 

On avait fait 25 heures d’avion pour vivre cette journée avec elle, le reste du séjour n’étant que garnitures par après, montage audacieux pour s’assurer qu’on cimenterait dans cette joie de vivre qui lui était si chère notre passage chez elle.

 

Il y a un an jour pour jour, on était au milieu de notre séjour aux USA, pour l’une des journées les plus intenses de notre séjour.  Les rires, la joie de vivre, les sublimes souvenirs et une infinie tristesse se mélangent inextricablement, au point que mes mots explosent de mille feux quand je tente de mettre de mots sur nos maux, que je me retrouve sans voix, à ne plus savoir par quel bout m’y prendre pour vous raconter ce qu’on a vécu et vous parler d’elle, et à quel point elle reste omniprésente dans nos vies.

 

Dannie, comment vous parler de Dannie…

 

Dannie,  c’était cette personne dans votre vie qu’on a tous à un moment ou à un autre, celle qui vous semble plus grande que nature,  celle qui vous laisse cette impression un peu éblouie d’avoir côtoyé quelqu’un d’hors du commun et d’avoir eu une chance exceptionnelle d’avoir passé du temps avec elle.

 

Dannie, c’était une de ces personnes qu’on connait tous, celle qui te fascine parce qu’elle a quelque chose que d’autres n’ont pas, celle que tu regardes avec stupeur et tremblements et celle qui parfois t’épuise rien qu’à la regarder mener sa vie, parce qu’elle arrive à caser tellement de choses dans ses années qu’en 50 ans elle en a souvent fait plus que beaucoup n’en accompliront en 80 ou 100.

 

Dannie, c’est ce tourbillon, cette tornade qui passe dans ta vie et qui la change fondamentalement, rien qu’à l’avoir connue.

 

Dannie, c’était la cousine de Superchéri. C’était “la cousine des USA”  C’était elle, qui dans nos vies, remplissait le rôle de cette ami d’enfance/ membre de la famille que tu connais de loin et dont tu parles pour faire décrocher la mâchoire de ton interlocuteur.  A fortiori, dans son cas, si ton interlocuteur est un nerd…

 

Dannie et moi,  on ne s’est même pas vues en vrai 10 fois dans les 14 ans où on s’est connues… mais chaque passage en chair et en os dans notre vie, c’est des moments exceptionnels de notre vie de famille.  Si en temps absolu, on s’est pas vu des tonnes ( m’enfin c’est un peu le lot des familles expat’ comme la nôtre de toute façon)   on a partagé des moments intenses, du plus beau au plus triste…

 

On a jamais fait les choses à moitié, et on avait démarré sur les chapeaux de roue!

 

La première fois qu’on s’est vues,  on est en décembre 2002, Superchéri et moi sommes mariés depuis 2 semaines montre en main,  et nous sommes en train d’accompagner Marie-Thé’ dans ses dernières heures.

 

Dannie avait tout lâché ( et croyez-moi, elle avait toujours une to-do liste interminable au travail), pour accompagner son papa voir une dernière fois sa soeur avant son départ.  L’état de Marie-Thé’ s’étant dégradé très rapidement sur ses derniers jours, Dannie et son papa se sont retrouvés, jet-lagués, perdus,  catapultés sans préavis dans la veillée de sa dernière nuit.

 

Dannie est restée avec Superchéri pour la première partie de la nuit, pendant que je grappillais quelques heures de sommeil, tenant la main de sa tante, et échangeant avec Superchéri sur tout, rien, et leurs vies, veillant une tante, soutenant un cousin qu’elle ne rencontrait que pour la seconde fois de sa vie…

 

 

Dannie & son papa en décembre 2002
Dannie & son papa en décembre 2002

 

 

Au milieu du brouhaha intense des derniers jours de Marie-Thé’, 14 ans après,  les souvenirs se collapsent, trop de choses, trop d’émotions, trop à faire,  et bien trop peu de sommeil pour gérer tout ça…   Mais de ma première rencontre avec Dannie, hormis sa description après coup hilarante – parce qu’elle savait prendre les obstacles sur son chemin avec humour –  de sa sortie de l’hôpital en pleine nuit après mon retour, alors que la porte principale était fermée et qu’elle s’était perdue et qu’elle avait du escalader la grille du jardin pour s’extirper des lieux pour retrouver le taxi qui l’attendait, qui continue de rester vivace comme au premier jour, ne me demandez pas pourquoi…  restait le plaisir d’avoir agrandi ma famille!

 

Avec le recul,  sa présence dans ces jours noirs, nous avaient appris tout ce qu’il y avait à savoir d’elle:  Dannie était une force de la nature, pleine de vie, d’humour,  qui abordait toute sa vie avec un optimisme inébranlable, une énergie apparemment sans fin,  et un esprit d’ingénieur jusqu’au moindre recoin de sa vie:  un obstacle dans sa vie n’était que l’occasion de réfléchir à comment trouver la solution pour le contourner ou le surmonter.

 

Je vous retrouve au prochain épisode…  parce que je viens tout juste de commencer à vous parler d’elle  🙂

 

 

 

 

 

 

 

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