bla bla quotidien

La petite histoire du myna coincé dans l’arbre

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En ce lundi-férié-du-premier-mai-qu’on-rattrape…

 

 

( qu’est-ce que tu extra-love Singapour dans ces moments-là, quand contrairement à ton pays d’origine, ils ne te sucrent pas tes jours fériés juste parce qu’ils ont le malheur de tomber un dimanche) 

 

La famille meri au grand complet, se faisait une matinée tranquille…  (  à la limite de qualifier pour une grasse matinée, mais ça on pouvait pas vraiment parce qu’on voulait avoir l’air un minimum réveillé quand la copine d’Heidi débarquerait… )   quand Heidi se met à hurler à travers l’appartement:

“Maaaaaaammmmman y’a un myna qui est coincé dans l’arbre!!!”

Vu l’urgence dans sa voix, tu lâches ce que tu étais en train de faire, et tu viens voir ce qui se passe.

Dans l’arbre d’en face, bourré d’oiseaux en ce moment parce qu’il y a des fruits, il y avait bien un myna la tête en bas, suspendu par une patte à un bout de branche par un espèce d’amas blanc ( qu’à ce stade-là avec la distance et vu que tu as été voir Captain America l’avant-veille, le dit-amas te fait furieusement penser à une toile d’araignée version Spiderman, que du coup tu es curieuse de savoir ce que c’est en vrai, mais est-ce que Spiderman pourrait exister en fait?? )  qui ne donnait aucun signe de lâcher du leste.

Dès qu’il reprenait son souffle, le myna faisait des tentatives vaillantes pour se dégager,  genre battre des ailes frénétiquement ce qui faisait qu’il revenait la tête en haut et agitait toute la branche ( produisant au passage le bruit qui avait attiré l’attention de fille chérie en premier lieu), s’accrocher à la branche du dessous avec la patte libre et tirer, mais rien à faire.

 

Les minutes passent… et tu sais qu’à priori si tu interviens pas, les carottes de l’oiseau sont cuites.

Il ne se dégagera pas, et toi,  tu vas avoir ( vu l’emplacement de l’oiseau, en bout de branche fine, aucune chance qu’un prédateur arrive là pour abréger le supplice)  la longue agonie de l’oiseau sous tes fenêtres, sous les yeux de ta fille.

Parce que non, pour un myna, c’est comme pour un pigeon ou pour un moineau ou un corbeau, tu ne peux pas appeler l’ACRES ou l’AVA ou dieu sait qui pour qu’ils viennent sauver la bestiole. Ils te rient au nez: ils ne se déplacent que pour les espèces protégées ( comprendre tous les autres oiseaux hormis les 6 pestes urbaines).

 

La tronche de fille chérie quand elle comprend que non les pompiers, la police ou dieu sait qui ne viendra pas parce que c’est qu’un myna, et que c’est nous ou rien…

Comment dire, c’est la certitude que tu vas devoir te décarcasser pour trouver une solution… parce qu’elle va pas en dormir sinon.

( je vous rappelle qu’elle n’en est pas à son coup d’essai…   je vous renvoie à la petite histoire du bébé pigeon )

 

 

Donc tu prends ton échelle, et tu vas la poser contre l’arbre.   Tu constates avec chagrin qu’avec la pente au pied de l’arbre, tu as bien 4 mètres entre toi et l’oiseau…

A ce stade-là, Superchéri comprend lui aussi,  qu’on va pas pouvoir laisser la nature faire son oeuvre ( qui était son envie première vu qu’il a bien vu comme moi que sauver l’oiseau ça allait pas être simple)    et me donne un coup de main bienvenu.

On trouve la petite scie qu’on a en stock, il la scotche à la plus grande perche qu’on a dans l’appartement,  et hop il grimpe sur  l’échelle posée contre l’arbre et utilise la perche pour scier la branche.

Reste à manoeuvrer pour récupérer la branche qui est illico tombée dans les autres branches, sans tirer comme des sauvages vu qu’il y a un oiseau qui pend de la dite branche et bat des ailes et se raccroche à ce qu’il peut quand il sent la branche tomber.

Sauver l’oiseau c’est bien, sauver l’oiseau sans le blesser plus qu’il ne l’est ce serait encore mieux!

Une seconde branche coupée plus tard, on a l’oiseau, la branche auquel il est accroché et une vingtaine des fourmis noires-qui-piquent sur nous en cadeau bonus.

 

 

L'opération chirurgicale de dégagement de la patte à coup de ciseaux à ongles
L’opération chirurgicale de dégagement de la patte à coup de ciseaux à ongles

 

 

On se déplace sur le béton, mais on ne rentre pas chez nous ( histoire de ne pas triper plus ni le chien ni les chats qui se demandaient bien ce qu’on foutait et pourquoi Heidi était limite hystérique à faire des aller-retours entre dedans et dehors)

J’attrape l’oiseau entre mes mains avec les ailes repliées comme il faut,  je lui couvre les yeux avec l’autre main, histoire qu’il reste tranquille et Superchéri s’attaque à la tâche de le dégager de ce qui se révèle être l’équivalent de 1m au minimum de fil de couture blanc enroulé en boule autour de sa patte.
Et à coup de petit ciseaux à ongles, Superchéri dégage patiemment l’oiseau, tout en se demandant si il a eu le temps de se casser la patte à tirer dessus comme un damné, ou quel genre de dégâts on va trouver sous l’amas de fil.

C’est tellement emmêlé autour de sa patte, certains doigts ayant bien 10 tours de fils autour, que l’hypothèse la plus probable, c’est que le myna se balade avec sa patte prise dans la boule de fil depuis quelques temps déjà,  et que la gourmandise l’a emmené dans un piège mortel.

 

 

myna coince - 1 (2)
La boule de fil une fois coupée… juste avant qu’on relâche l’oiseau

 

 

Après 5 bonnes minutes d’effort à couper patiemment les fils,  retourner l’oiseau, continuer de couper les fils…  le tout avec un oiseau qui coopère plutôt bien à vrai dire, il ne se débat quasi pas,  et laisse sa patte étendue,   enfin, on arrive à dégager la boule de fil!  Ni une ni deux,  l’oiseau referme et retire sa patte.
Du coup je redresse mes mains et les ouvre en direction de la forêt, le myna file sans demander son reste.

On plaisanterait bien que cet ingrat ne nous a même pas dit merci, mais à vrai dire, on est surtout soulagé qu’il ait pu s’envoler illico au loin sans avoir l’air de souffrir de séquelles à sa mésaventure!  Non parce qu’en ce moment, il ne nous manquerait plus que ça:  devoir trouver un endroit pour mettre une cage à oiseau pour oiseau en convalescence au milieu de notre ménagerie folle et nos préparatifs de déménagement!

 

Superchéri a pu se changer et passer à la douche ( c’est lui qui a eu le plus de fourmi sur lui et  elles étaient infiltrées dans ses habits, continuant à le piquer)

 

Au final, on n’est pas mécontent de nous:  au vu du succès de la mission de sauvetage,  on est sûr de rester les héros qui savent tout gérer qu’elle adore aux yeux d’Heidi,  au moins jusqu’au moment où on lui dira le truc qui fâche ce soir ( je sais pas moi… ” range ta chambre!” par exemple)

 

Fille chérie est un poil surexcitée, merci toute l’adrénaline dans son système, à croire que c’était elle qui était coincée dans l’arbre, mais soulagée de savoir que l’oiseau va bien.

 

Quant à l’Elsa, elle boude encore:  mais pourquoi ne lui a-t-on pas ramené l’oiseau pour jouer avec???

 

 

Bonne journée!

 

 

p.s.  ouaip on a plein de photos floues et/ou inutilisables  ( parce que super flatteuses)  de l’opération de sauvetage dont j’ai extrait les photos du billet… fallait bien qu’on occupe Heidi pendant qu’on bossait lol

 

 

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