bla bla quotidien

Une morsure pas si innocente…

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Ou parabole de la bonne conduite à avoir quand tu te fais sérieusement mordre par un chat ( même le tien)

 

 

Bon alors il y a quelque chose comme un peu plus de 3 semaines maintenant… on a commencé à avoir des visites nocturnes d’un machin malingre et affamé, qui avait apparemment reçu notre adresse comme étant félino-sympatisante.

 

Lovely Nounou a decidé de réattribuer d’un commun accord avec Heidi le stock de boites auxquelles l’Elsa était allergique au truc pitoyable auquel on pouvait compter vertèbres et côtes.  Lequel machin pitoyable à la couleur pas exactement définie et au parfum de pneu ( au moins on savait où elle dormait la journée du coup!)   a, du coup,  derechef décidé de vivre devant chez nous toute la nuit, toutes les nuits…

 

Le félin est une femelle, plutôt entreprenante, pas farouche et habituée a beaucoup de concepts humains ( ce qui n’était pas le cas de notre Elsa, littéralement terrifiée par l’intérieur d’une maison à son arrivée chez nous)  ce qui nous fait dire qu’elle fait partie de la cohorte de ces chats qui devenus trop grands, ou étant trop turbulents, pas assez bien éduqués pour la vie d’appartement sont abandonnés dehors un soir…

 

Et la femelle montre tous les signes d’une femelle portante.

 

Ni une ni deux, Heidi a déjà fait 36 plans sur la comète du devenir des chatons putatifs…   et sous la pression de notre adorable tête blonde, on finit par se résigner à attirer la bestiole à l’intérieur ( Là, à ce stade du billet, Superchéri pousse un soupir de soulagement parce que je ne l’ai pas pointé du doigt comme coupable de la multiplication spontanée de notre cheptel de chats…   un peu trop vite visiblement…  Quoi? Vous ne croyiez quand même pas que j’étais la seule CCP ( pour crazy cat person bien évidemment)  de la maison!  )

 

Là dessus, évidemment, vous vous imaginez bien que Ma’am l’Elsa l’a pas exactement bien pris: cette intruse sur son territoire, qui pleurniche pour des câlins et les reçoit, quelle indignité!  En plus elle est arrosée de bouffe…

 

Depuis c’est Cat Drama Central  à la maison…

 

Ça c’est la version courte et ça s’arrêtera là pour aujourd’hui vu que techniquement je suis toujours en arrêt maladie à cause de la petite plaisanterie née du cat drama central ,  et que vous taper des romans à l’ordinateur – même avec la gaine de soutien – me donne très vite envie d’augmenter encore mes doses de contre-douleurs.

 

Donc on va sauter dans le vif du sujet ( mauvais jeu de mots en cadeau bonus)

 

Une vraie grosse morsure de chat c’est quoi…

 

C’est la morsure ou le chat enfonce toute sa canine dans ta chair.   La fois où ça t’arrive tu sais tout de suite la différence entre les autres morsures que tu avais pu avoir et celle-ci.

 

La morsure profonde de chat est un gros risque infectieux:  sans aller jusqu’au niveau de toxicité de la salive d’un komodo, la gueule d’un chat est pleine de bactéries super sympa.

 

Mais la cerise sur le gâteau, la raison de se faire de souci ( et je parle même pas de pays ou la rage existe, et où là si tu te fais mordre violemment par un chat qui n’est pas le tien tu paniques pour de bon et rapidement),  c’est qu’alors qu’un chien déchire la chair quand il mord, et donc fait des plaies qui sont faciles à nettoyer partout et dont on ne doute pas qu’il faut les montrer à un médecin,  le chat lui fait des plaies profondes et fines,  des plaies qui n’ont l’air de rien, qui se referment très vite après avoir déposé des bactéries au coeur du muscle, qui sont impossibles à nettoyer sans instruments spécifiques.

Et on découvre parfois l’infection après une ou deux semaines, au stade ou l’infection se répand dangereusement.

 

Dans une morsure de la main, comme j’en ai eu, le problème se pose souvent beaucoup plus vite…

 

La main est un instrument de précision, avec multitudes de nerfs et de tendons proches de la surface, la probabilité que le chat touche nerfs ou tendons en mordant est non-nulle.  L’infection peut vite avoir des conséquences dramatiques, comme une perte de mobilité durable…

l’Elsa a mordu sur le dos de ma main, dans une zone proche du passage des tendons extenseurs des doigts.

Je tiens à préciser que c’est pas sa faute:  c’est moi qui ai fait une connerie, l’Elsa est née chat sauvage, et ses instincts sont encore plus proches de la surface que la moyenne des chats domestiques…  j’ai déclenché son instinct d’attaque, elle a réagi pour sauver sa peau,  pendant quelques secondes j’avais accroché à mon bras un petit fauve de 3.5kg qui était littéralement indifférenciable d’une lionne.

Déjà pendant que ça arrivait, je savais que cette fois j’étais dans la mouise et bonne pour un passage aux urgences:  déjà même avant la fin de l’attaque ( dont je sais objectivement qu’elle n’a pas du durer plus qu’une ou deux secondes) j’étais dans un espèce d’état second où j’étais en train d’analyser le tout super zen…

On était mardi 20h,  du moment où je bougeais tous mes doigts normalement avant que l’enflure ne s’installe, j’ai pris la décision de ne pas traumatiser outre mesure ma troupe, de désinfecter aussi consciencieusement que je le pouvais et de consulter le lendemain, dans le calme.

 

 

( Là on s’arrête de nouveau pour aujourd’hui et on reprend le lendemain, cf. le chapitre sur la douleur et les contre-douleurs…  j’ai bien essayé de dicter le texte pour pallier au problème, mais si Siri traduit bien ce que je veux lui dire, je me retrouve face à un blanc absolu… impossible de retrouver ce que je voulais dire ensuite! )

 

 

elsa_sleeping

 

 

Mercredi matin, tous les doigts sont recroquevillés à cause de l’enflure, le dos de la main a une belle teinte rouge…   il va plutôt falloir agender la consultation rapidement que de prendre son temps.  Donc j’organise la journée d’Heidi ( qui n’apprécie pas du tout, mais vraiment pas du tout, parce que mercredi c’est thérapie, et qu’en plus de 7 ans de suivi en tout genre, le nombre de fois où je ne l’ai pas accompagnée personnellement doit se compter sur les doigts des deux mains. )

 

Je google pour savoir QUI a Singapour a un service spécialisé de la main (  dans le réseau public c’est Singapore General Hospital si vous vous demandiez, j’ai pas regardé pour le privé,  j’avais pas envie de faire une crise cardiaque à avancer l’argent de la facture, ni de risquer le spécialiste qui avait été bon mais ne voit plus assez de cas pour rester au top du top… )

 

Là vous vous demandez peut-être mais pourquoi donc je cherche des urgences avec un service spécialisé de la main?

 

Parce que la main – cf le paragraphe plus haut sur l’instrument de précision –  a ses propres spécialistes, et comme je n’oublie essentiellement jamais une seule anecdote médicale que j’entends,  je sais que s’il y a des complications je finirais de toute façon chez eux, donc autant anticiper, aller proche de la source et éviter de me faire balader et de perdre du temps ( ce qui vu l’état de ma main mercredi matin pouvait littéralement se traduire en séquelle potentielle sur la mobilité de mes doigts, une amie auquel c’est arrivé, qui a un peu tardé à consulter, pour faire court il lui a fallu 6 mois pour récupérer l’usage complet de ses doigts! )

 

Et je débarque aux urgences de SGH… et comme c’est un lundi bien rempli…

 

J’attends…  j’attends sans boire ni manger, au cas où ils ont besoin de nettoyer la plaie sous anesthésie…

 

Visiblement tout le monde est un peu incrédule que la blessure ne remonte qu’à 15, 16, 17, 18 heures…  ( oui, parce qu’à SGH, comme dans toutes les autres urgences publiques tu ressors avec une facture raisonnable, mais il ne faut pas être pressé du moment où tu n’as pas une urgence vitale, 4 heures aux urgences c’est fréquent )   mais en même temps soulagé quand je leur confirme le laps de temps écoulé.

 

Première consultation avec l’interne et le titulaire…   et le spécialiste de la main au bout du fil qui passera quand il pourra prendre la suite, mais demande déjà les antibiotiques en intraveineuse.

 

Je traumatise l’interne qui devait me poser la voie veineuse pour les antibiotiques en IV:  les veines les plus accessibles sont sur le bras gauche ( ah c’est con c’est celui qui est blessé)   et les veines à droite, ces coquines, lui font le coup habituel de rouler et de collapser.  C’est finalement l’infirmière qui reprend le flambeau pendant que je le rassure sur le fait que ça arrive à quasi toute personne qui tente de me poser une voie veineuse. Il faut quasi toujours me piquer 2 fois pour y arriver!

 

Après un moment la spécialiste arrive,  installe un mini-bloc opératoire ( bah on sait plus comment appeler ça autrement quand ils vous font une anesthésie même locale, qu’ils bloquent le flux sanguin dans le bras et vous enfilent sous un champ opératoire stérile)  et graille dans la plaie pour être sûre de la désinfecter en profondeur…

 

Ensuite c’est retour à la maison avec l’instruction de garder la main surélevée autant que possible,  des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des contre-douleurs, des instructions pour aller faire changer le pansement à la polyclinique, un contrôle chez le spécialiste de la main une semaine plus tard,  l’instruction stricte de revenir illico chez eux aux urgences si je développe de la fièvre, ou que l’enflure, la douleur augmentent ou que la mobilité diminue…

 

Et…. 8 jours d’arrêt de travail!

 

Bon, là de nouveau j’arrive au bout de mon quota de clavier avant de pleurer de douleur, et puis le billet a atteint une taille plus que respectable, donc la suite des aventures de la main ce sera pour la prochaine fois…

 

 

 

 

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