bla bla quotidien,  Les choiseaux

Une morsure la suite ( mais pas encore la fin…)

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Bon alors je vous avais laissé à ma sortie des urgences.

 

 

On est à plus de 3 semaines de l’accident là…   et je peux le dire:  j’ai été sage. Je continue à être sage.  J’ai pris religieusement tous mes médicaments. Je continue à les prendre.  J’utilise ma main raisonnablement ( une longue habitude des blessures sur les poignets… sauf que d’habitude c’est un ligament sur le poignet droit)  pour la mobiliser au maximum et perdre le moins de force possible, mais dans le respect de la douleur.

 

( si si, je vous jure c’est ce qu’il faut faire…  en gros flirter avec l’inconfort mais ne pas en passer la barrière… consigne super pratique à respecter quand vous porter des courses, changer la litière du chat ou que vous emmenez le chat précité chez le vétérinaire et essayez d’empêcher les 2 chiens qui vous regardent la langue pendante à la porte du vétérinaire de se faire la belle quand vous passez la porte… )

 

(  Obstacle supplémentaire tout particulièrement applicable à ma situation: c’est d’autant moins simple à faire qu’après des mois de blocage à écrire, le fait d’avoir des difficultés à le faire semble avoir pulvérisé le barrage et je pourrais passer ma journée derrière l’écran à tapoter au clavier)

 

 

Donc, au sortir des urgences, la main encore bien endormie par l’anesthésie locale,  je suis rentrée à la maison, et je me suis effondrée d’épuisement.

 

 

Heidi a mis un moment pour me réveiller  quelques heures plus tard, mais s’est obstinée ” parce que tu dois manger pour prendre tes antibiotiques, donc je pouvais pas te laisser dormir”

 

J’ai été changé le pansement à la polyclinique après 24h ( on m’avait dit 48h de base) parce que je voulais d’autres yeux sur la blessure.  Histoire de savoir si la rougeur qui se répandait sur mes doigts faisait partie des raisons de paniquer ou que non c’était finalement un processus de cicatrisation ordinaire.

 

( Du coup j’ai testé les polycliniques du réseau public.  La plus proche de chez moi est à Choa Chu Kang, et à voir leur tronche en me voyant débarquer, ils n’y voient pas souvent des caucasiens.)

 

L’infirmière qui change le pansement me rassure en demi-teinte: la rougeur n’est pas inquiétante en soi à ce stade de la cicatrisation, c’est juste que ça a désenflé un petit peu depuis la veille et que du coup l’inflammation se répand.  Ah.   Par contre les morsures qui correspondant à la mâchoire du bas ont du pus, donc flirtent avec l’infection malgré le nettoyage,  ce sera donc retour à la polyclinique pour un autre changement de pansement dans 3 jours.

 

Cadeau bonus, le moment choc de cultures absolu:    L’infirmière réalise soudain qu’on t’a probablement dit de ne pas mouiller ta plaie et dit ” et puis pour prendre une douche, demandez à votre helper de vous aider…”

 

Euh comment dire…  ouais…  mais non…

 

Petit gag singapourien ( ou de pays tropical en général)   pendant que je suis sur le trajet retour je commence à sentir l’asthme monter… et je réalise que la bande neuve que l’infirmière a posé sur mon poignet, sent le renfermé.

 

Je fais donc un stop à la pharmacie et je rachète tout le matériel nécessaire pour refaire le pansement une fois à la maison. Comme c’est pas la même infirmière qui change le pansement la fois suivante, le stratagème passe inaperçu.

 

En plus, ça permet de satisfaire la curiosité de mes zouilles!  Parce que mon Heidi toute phobique des actes médicaux qu’elle soit,  a une imagination tellement débordante que la vérité c’est quasi toujours moins pire que ce qu’elle visualise.  Quant à Superchéri,  il est un peu comme St-Thomas, il ne croit que ce qu’il voit,  et c’est toujours mieux de pouvoir constater de ses propres yeux que sa femme est vraiment en train de cicatriser!

 

 

Et puis on attend…  encore et encore… on peste sur les trucs dont on découvre soudainement qu’on les faisait de la main gauche, et tous les trucs qu’on fait à 2 mains, et la bouteille de la fontaine qui est vide et qu’on peut pas changer seule…

 

 

On se marre ( un peu jaune) du fait que la tribu proclame son intention de t’aider…   mais que ces grandes proclamations d’aide aussi longtemps que tu en auras besoin maman chérie veulent en fait dire que on t’arrache les trucs des mains pour les faire à ta place alors que tu démerdais très bien  toute seule et assez rapidement on râle voire t’engueule quand tu leur demandes de l’aide pour un truc que là par contre tu pouvais pas faire seule…

 

Honnêtement les premiers jours je suis crevée…  entre les antibiotiques, les anti-inflammatoires… le tout au milieu de cat drama central qui continue à la maison, de l’Elsa qui me colle 24/24h parce que c’est ce qu’elle fait quand elle a besoin d’être rassurée ou veut montrer de l’affection.

Et tout le monde qui sursaute voire verdit quand elle gronde, ce qui arrivait au minimum 3 fois par jour….

Ah ouais,  parce qu’histoire de faire simple l’Elsa avait une conjonctivite, donc que je me retrouvais à lui mettre des gouttes dans l’oeil atteint à une main… elle se laisse faire mais fait savoir son objection vocalement…  et tout le monde – comprendre Heidi et Superchéri – verdissait de me voir en train de risquer la griffure suivante…

 

( m’enfin l’Elsa étant l’Elsa, comprendre un léopard de poche,  il n’y a littéralement que moi qui peut faire ces trucs… avec les autres elle a trop peur, et refuse catégoriquement de se faire approcher! Quiconque d’autre tentant la manoeuvre risquait vraiment de me rejoindre au rang des griffés/ mordus gravement)

 

Epuisement qui n’est pas amélioré par le fait que les anti-inflammatoires ont clairement re-declenché mon asthme…  et que je mets plusieurs jours à le comprendre et à recommencer à me traiter ( heureusement j’ai encore des stocks datant du haze lol)

 

 

A 10 jours, contrôle à la consultation de la main du SGH…

 

 

Comment dire… ah oui, plus jamais je me plaindrai du dédale que c’est les HUG ( hôpitaux universitaires de Genève ndlr )  parce qu’ils sont petits joueurs face au dédale de SGH.

 

Heureusement que j’avais compté large pour arriver à l’heure!

 

Et l’attente commence…

La salle d’attente de la consultation ( qui est sur rendez-vous hein)  est pleine à craquer…     c’est comme souvent à Singapour bruyant au possible,  et tu dois surveiller les numéros de la queue qui t’annoncent le moment où c’est ton tour.

 

Je suis gâtée, parce qu’avant de pouvoir obtenir mon numéro, faut déjà qu’ils aient repêcher mon dossier des archives des urgences…

Ensuite on me donne un numéro, puis un autre…

 

Et à chaque fois que je progresse dans la file d’attente pour la consultation, je reçois un sms qui me dit combien de patients il reste avant moi.

 

( ce qui est super pratique si tu réfléchis au fait que l’attente est interminable et que du coup ça te donne le temps de faire du shopping dans un des magasins de l’hôpital ou d’aller te prendre un café à la cafétéria ou carrément un chicken rice, un roti prata ou un ice kacang) 

 

Ou alors tu peux faire comme moi et ne pas avoir le courage de courir dans tous les sens donc de vider gentiment mais sûrement la batterie de ton téléphone en pestant contre le fait que pour une fois que tu as du temps à perdre, il y a quasi personne qui update son statut Facebook ou poste plein de liens marrants parmi tes amis!

 

( Ça devrait faire partie de l’édition 2010+ de la loi de Murphy révisée… cette histoire de néant Facebook pour une fois que tu as du temps à tuer et pas l’énergie mentale pour lire un bouquin) 

 

Je suis au milieu d’ex-mains cassées qui rament à récupérer leur mobilité…  ouais apparemment les autres personnes en train d’attendre sont d’humeur bavardes et partageuses, donc on échange le récit des blessures de guerre.

 

 

Finalement c’est mon tour…

 

 

Et là, c’est un peu la minute désenchantement du jour.

 

Parce que je suis partie à la consultation, remontée à bloc et persuadée que c’était fini, terminé, même si objectivement avec le recul le fait que j’avalais toujours dans les 3 à 4 grammes de panadol aurait du me mettre la puce à l’oreille…

 

Et le médecin regarde les radios, le compte-rendu d’intervention, mes mains…  et me casse illico mon fantasme:

 

C’est enflé… ça veut dire qu’on peut pas encore tourner la page de l’aventure… mais qu’on continue les anti-inflammatoires, les anti-douleurs au besoin, qu’on immobilise pas la main mais qu’on écoute la douleur…

 

 

En image ( maintenant que ça a l'air quasi innocent), la source de la préoccupation restante, c'est les deux points qui font un triangle avec le grain de beauté et correspondent à la mâchoire inférieure de l'Elsa
En image ( maintenant que ça a l’air quasi innocent), la source de la préoccupation restante, c’est les deux points qui font un triangle avec le grain de beauté et correspondent à la mâchoire inférieure de l’Elsa

 

 

La question à 500 dollars ( le prix d’un IRM  quoi lol)  étant de savoir si c’est juste le processus de cicatrisation normal ou s’il y a eu dégât sur les tendons ou la gaine des tendons.

 

Si c’est juste le processus de cicatrisation normal,  aussi longtemps que je ne perds pas trop de mobilité ni de force dans ma main, il faut juste donner du temps au temps.

Les morsures à problèmes sont celles qui correspondent à la mâchoire du bas, qui sont celles qui infectaient le plus 10 jours plus tôt, donc on a un bon centimètre de canine qui est entrée dans la main et c’est toutes les couches qu’elles ont percées qui doivent cicatriser.

Et d’expérience,  si je fais des belles cicatrices au final, pendant le processus,  j’ai une grosse tendance à faire des adhérences.

Le scénario optimiste c’est que c’est juste ça, et ça doit continuer à régresser pour disparaitre dans les 2 semaines d’ici au contrôle suivant.

 

Le scénario pessimiste, c’est que la gaine des tendons ( qui est clairement dans le chemin de ce qui a été mordu) et/ou un des tendons a été touché et ne cicatrise pas très bien…  là c’est potentiellement une récupération plus lente avec éventuellement de la physio, une gaine à porter…  des exercices spécifiques à faire…

Mais ça pour en avoir le coeur net, il faut un IRM et quand on est dans le public ( et que la majeure partie de leurs patients n’ont pas d’assurance de santé qui va couvrir les actes en ambulatoire)  on vous dit que l’IRM c’est cher, donc qu’on va attendre d’être sûr que ce soit nécessaire de savoir exactement ce qui se passe à l’intérieur et donner une chance au temps de faire son oeuvre.

 

Prochain rendez-vous le 18 décembre…   dans 3 jours donc…  et le verdict du spécialiste s’il veut l’IRM ou pas…

 

A la question il y a-t-il du mieux, la réponse est oui…  à la question est-ce que j’ai cessé d’avoir mal, une enflure, et de complémenter mon alimentation quotidienne avec du panadol, la réponse est non.

 

Affaire à suivre!

 

 

 

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