Voyages

Hyderabad day 2

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Ou qu’a-t-on fait le samedi??

 

 

Je veux dire à part vous pondre un roman de bon matin via le billet précédent…

 

Après une matinée plutôt tranquille, on est allé récupérer notre hôte qui avait un cours de chant à l’alliance française (  non mais je vous en parle pour une bonne raison de l’alliance française d’Hyderabad…  regardez la photo ci-dessous)

 

Tu es vers l'arrière du bâtiment de l'alliance française et soudain tu te retrouves face à ça!
Tu es vers l’arrière du bâtiment de l’alliance française et soudain tu te retrouves face à ça!

 

On est parti pour un high tea au Falaknuma Palace.  Le high tea ( ou afternoon tea)  c’est le goûter de l’après-midi… ou quand on te sert ton thé avec une multitude de petits sandwichs et autres viennoiseries. C’est une coutume britannique, qui s’est un peu répandue dans tout le monde anglo-saxon, et un moyen “raisonnablement” abordable d’aller faire un saut dans un grand hôtel…

 

C’est parti pour une heure de route à travers Hyderabad. Le tout avec les commentaires d’Heidi… et c’est délicieux.

 

J’ai l’impression que j’ai time-travelled.  C’est très populé mais c’est old-fashioned. 

 

Ah c’est clair que du monde il y en a et partout…   Hyderbad c’est plutôt plat… et quand tu montes sur la voie rapide, comprendre des viaducs qui t’évitent le trafic en proposant une voie rapide, tu vois des sommets et des toits d’immeubles ( souvent avec les barres de fer qui sortent du sommet du toit, comme si un étage de plus était éventuellement dans les projets)  à perte de vue.

 

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C’est les foules qui se pressent aux arrêts de bus. Bus dans lesquels tu monte à l’arrière si tu es un homme à l’avant si tu es une femme,  ou quand tu sépares les sexes suite aux problèmes d’agression et que tout le monde trouve que c’est un progrès social.   Bus parfois tellement anciens qu’ils ont sans doute plusieurs millions de kilomètres au compteur, sans climatisation.

 

C’est les tuks tuks – ici des vespas allongées sur 3 roues désignées par Piaggio –  qui s’arrêtent aux arrêts de bus et embarquent et débarquent des passagers aussi. Ils compensent le manque de transports publics en proposant une alternative.

 

“Il y a vraiment des tocs tocs partout, et c’est comme des moteurs de motocycles sur 3 roues les taxis” 

 

A noter que la charge utile d’un tuk tuk semble tourner autour de 7 adultes plus le chauffeur…  si si… on en a vu s’entasser à 7 – 4 à l’arrière, avec les femmes sur les genoux de leur mari et dont les postérieurs ressortent des véhicules au plus grand désarroi d’Heidi – et 3 à l’avant pareil, un sur les genou des autres…

 

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C’est le chaos dans les rues… une section qui est soudainement en terre battue…

 

Heidi nous a d’ailleurs fait remarquer que en Inde elle ne passerait JAMAIS son permis.

 

“C’est compliqué à comprendre la route de l’Inde. C’est comme du freestyle.  Par contre c’est cool ça monte et ça descend tout le temps et ça a des bumps comme les rollercoasters” 

 

Ah oui, parce qu’Hyderabad, c’est un peu un faux plat…  chapitre géologie à venir sur le sujet ( non parce que si vous avez bien vu et lu le commentaire de la photo, un peu plus haut je vous parlais du rocher dans le parking de l’alliance française…  )

 

 

C’est l’Inde qui tient toutes ses promesses de pays de contrastes… et c’est parfois le plus violent…

 

 

C’est les mendiants qui frappent à la fenêtre de la voiture quand tu es à l’arrêt, c’est les bords des routes qui sont utilisés comme toilettes par les petits comme les grands, c’est le trou d’eau dans la boue dans une zone de travaux où une personne se lave.  C’est les terrains vagues qui font office de bidons villes, à côté des nouveaux condominiums super luxe avec piscine.

 

C’est au détour d’une maison, une chèvre attachée à la porte d’entrée…   finalement beaucoup moins de vaches que dans ton imaginaire… et les quelques que tu croises sagement en laisse à l’ombre d’un arbre.

 

C’est la poussière toujours, qui crée un haze mythique d’ici la fin de la journée, et te pique les yeux…

 

Bidonville dans les rochers
Bidonville dans les rochers

 

C’est les pubs qui se peignent directement sur les murs.   Les terrains vagues qui sont en fait des cimetières…

 

C’est trop de choses à voir, et finalement la tentation est forte de fermer les yeux un moment ou de se plonger dans son smartphone ( ah mais c’est con… j’ai pas de 3G… Superchéri oui par contre… et il cède régulièrement à la tentation de s’isoler)

 

Après une heure de route, on arrive au Taj Falaknuma (  Taj veut dire palais).  Le palais au sommet d’une colline est l’un des endroits à voir d’Hyderabad.  Depuis 2010, c’est un hôtel, même s’il appartient toujours à l’ancienne famille régnante d’Hyderabad,  et on peut visiter une partie de l’hôtel pour autant qu’on y mange… par exemple un high tea.

 

Alors, on va dire que c’est quand tu viens en Inde que tu mesures les pas de géants de Singapour sur les 6 dernières années en terme de sans gluten. Parce qu’ici même quand tu téléphones à l’avance dans un 5 étoiles, on ne peut rien faire pour toi!   Moralité j’ai surtout regardé les autres manger et profiter du jus de mangue pas mûre salé qu’ils nous ont servi ( ça désaltérait superbement! ) Mais tous les autres se sont régalés.

 

Un des plateaux du high tea... ou j'ai rien pu manger   © Superchéri
Un des plateaux du high tea… ou j’ai rien pu manger © Superchéri

 

 

Heidi a passé un bon moment à distraire une toute petite puce pas très sûre de son équilibre qui commençait à trouver le temps long (  le high tea commençait dès 15h30 pour une visite agendée à 17h00)

 

 

La visite, elle-même? hormis le fait qu’on est pas sensé faire de photos à l’intérieur du palais, c’était plutôt intéressant.

 

 

On a quand même quelques photos de l’intérieur… officiellement c’était des selfies de groupe, comment ça on est de dos??  Ah bin comme dit Heidi c’est des selfies spécial blog…  Ou alors, comme pour la photo de la table de banquet, une photo prise depuis l’extérieur lol…

 

 

la salle de banquet du Falaknuma ( qu'on peut même y faire un mariage de nos jours... enfin si c'est dans nos moyens et qu'on a 100 convives tout juste...
la salle de banquet du Falaknuma ( qu’on peut même y faire un mariage de nos jours… enfin si c’est dans nos moyens et qu’on a 100 convives tout juste… )

 

L’histoire du Falaknuma est plutôt fascinante: construit à la fin du XIXe siècle par le “premier ministre” d’Hyderabad.  Mélange d’architecture Tudor et italienne, il y a du marbre blanc italien, des parquets marquetés,  et des fenêtres en vitraux.    La construction ayant été un peu ambitieuse financièrement pour le Nawab, sa femme se débrouille pour persuader le Nizam VI ( qui était son neveu et son beau-frère, vous me suivez… )  de lui racheter le palais.

 

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La vue sur la ville à perte de vue depuis la terrasse

 

Le Nizam?  C’est le mot dérivé de l’Urdu pour décrire le gouverneur, le sultan, le calife… bref… le chef de l’état.  Le titre n’est plus qu’honorifique depuis 1948 et l’intégration un peu contre son gré d’Hyderabad à l’Inde.  Le dernier Nizam officiel a continué à porter le titre le reste de sa vie, et depuis si l’ordre de succession est toujours tenu à jour, on connait celui qui serait Nizam s’il y en avait encore, on utilise prince pour le décrire ainsi que ses nombreux frères, soeurs et descendants.  Le prétendant au trône,  qui serait le Nizam VIII et petit-fils du dernier Nizam, est un charmant vieux monsieur de 81 ans qui  s’est retiré de toute vie publique et vit en Australie dans sa ferme de moutons, il reste néanmoins malgré le partage de sa fortune au cours de ses divorces, l’un des hommes le plus riches d’Inde avec une fortune personnelle estimée à plus d’un milliard de dollars .  Les rénovations du Falaknuma et du Chowmahalla ( au programme du prochain billet) ont été faite sur l’impulsion de sa première femme.

 

 

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Des ventilateurs solides… quand les pigeons y font la sieste….

 

Après la visite, retour maison…. en s’amusant au passage des jeunes et moins jeunes en train de jouer au cricket dans le terrain vague au pied du palais. Comme presque toujours en Inde, les plus riches et les plus pauvres se côtoient de près sans que personne n’y trouve rien à redire, ou des raisons de changer ça.

 

 

Bon alors et le chapitre géologie?

 

 

C’est parce qu’un des trucs les plus funs à voir à Hyderabad d’après moi… c’est ses rochers.  ( On ne se refait pas, les lieux m’intéressent souvent plus que les gens qu’on y rencontre… m’enfin vous avez l’habitude.. )  Après avoir croisé 2-3 rochers qui me rappelaient furieusement les Pierres-du-Niton ( qui sont des blocs erratiques, donc des gros caillou laissés là par le glacier)  et avoir constaté que les grandes plaques rocheuses sur le sol on en trouvait absolument partout à Hyderabad,  je me suis fait une culture ès sols rocheux.

 

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Les jeunes en train de jouer au cricket

 

Hyderabad est installé sur un plateau  de granit bourré d‘inselberg.  En gros lors de la formation de la croûte terrestre, il y a d’énormes plateaux de rochers qui se sont formés d’un bloc.  Ensuite des millions d’année d’érosion se sont chargés de faire disparaitre les roches plus moins dures que le granit, laissant place à des espèces de mini-collines,  ou des formations rocheuses improbables où il ne reste qu’un bloc planté au milieu de nulle part ( comme le pain de sucre de Rio pour en prendre l’un des exemples les plus célèbres )

Hyderabad a donc, à moindre profondeur,  des allures de désert australien ou américain, avec des empilements surréalistes de rochers,  dont certains sont peut-être le fait, comme dans le Grand Canyon d’inondations violentes qui ont déplacés les rochers. On n’y compte plus les grandes plaques à même le sol que le trottoir contourne,  ( et étonnamment, relief en moins, ça donne le même feeling que de se balader dans les Alpes, dans les abords d’un glacier quand les glaciers se retirent, par exemple les champs de pierre du Trient )  et c’est l’origine de la plupart des faux plats de la ville… parce que creuser dans du granit pour mettre à niveau c’est pas vraiment simple,   c’est souvent meilleur marché de laisser les gros blocs là où ils sont.

Hyderabad a une société de géologie qui s’occupe de répertorier et d’essayer de classer les formations les plus spectaculaires.

 

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Sur ce, entre l’Elsa qui refuse obstinément de me laisser travailler ( voir photo sur la page Facebook, que d’ailleurs je vous invite à liker 😉 )  et Heidi qui devrait sous peu commencer un torrent de larmes de type déluge apocalyptique parce qu’elle a décidé de regarder Titanic et qu’elle sait déjà qu’elle va pleurer comme une madeleine quand elle arrivera à la mort de Jake…   mon temps derrière l’écran est compté, faut que je vous laisse…

 

 

Mais rendez-vous entre demain ( si j’ai de la chance)  et vendredi pour la suite et fin du séjour!

 

 

 

 

 

 

 

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