meri-philosophe

Un mois de plus…

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Un billet qui fait le grand écart avec les sujets des billets précédents.

 

Mais un billet qui demandait à naitre.

Ces temps, quand on me demande comment ça va, c’est souvent un un-peu-fatiguée qui sort… Parmi les choses qui me fatiguent, me pèsent moralement et physiquement,  il y a un éléphant dans la pièce: un truc que mes proches, mes amis savent, mais dont plus personne n’ose parler.

 

Il est temps de plus laisser la tristesse monter,  et de nettoyer la plaie.   D’arrêter de me refuser l’impulsion de l’écrire ici, alors même que c’est une part étonnamment importante de mon quotidien…

 

Ça fait des mois, largement plus d’une année à vrai dire, que mes hormones font les montagnes russes… et que de facto compte tenu de l’espoir qu’on a, il n’y a guère d’autre choix que de rester sur l’attraction et de continuer les aléas des descentes et montées…

 

Alors voilà c’est un billet brut, écrit d’une traite et pas vraiment relu, un de ces moments où poésie et prose se mélangent ( ce qui rendait fous mes profs de français) Il n’est pas à prendre comme un appel au secours, ou quoi que ce soit d’autre que la purge bienvenue de sentiments qui me rongeaient. Parce que je fonctionne comme ça:  tout passe par l’écrit!*  Des plus beaux moments au pires moments de ma vie, c’est dans l’écrit que les sentiments qui y sont attachés vivent, que les deuils se font.

 

Et parfois les mots doivent sortir pour que le quotidien reprenne ses droits!

 

 

 

Un mois de plus c’est la chute…

 

Un mois de plus même si le débarquement n’est techniquement pas encore là tu sais que ce n’est qu’une question d’heures…

Heures que tu vois s’écouler tels les grains d’un sablier,

lente torture qui dure

Merde, quoi, tu sais que c’est fichu alors pourquoi est-ce que ton cycle s’éternise et que tu continues à danser avec ces symptômes à la con qui font que tu détestes ton corps,  ton état d’esprit et le monde dans son intégralité.

 

C’est un de ces trucs qui se vit souvent dans l’intimité…

Ton état d’esprit quand ça ne vient pas…

Tu rationalises, mois après mois…

Tu sais que ma foi le lâcher prise est la clé, que compter les jours,  planifier est la pire des idées que tu puisses avoir…

Qu’il ne manque plus que de te mettre la pression, pour faire exploser ces larmes qui te menacent là maintenant tout de suite.

 

Mais à la chute c’est plus rationnel, c’est les tripes,

C’est ce moment qu’autrefois on aurait décrit comme de l’hystérie…

C’est ces petites phrases assassines sans avoir voulu l’être…

Qui te tournent encore et encore en tête,

Te tourmentent le temps que que tu redescendes:

Ton gynéco qui te donne l’impression d’avoir 45 ans avec la petite remarque assassine sur le fait que ouais quand même t’as 34 ans, c’est plus comme à 23…

Ces faux départs dont tu soupçonnes l’existence parce que tel ou tel cycle a été vraiment bizarre…

Cimetière des espoirs déçus,  des statistiques tristement communes mais taboues et des jeux de probabilité

C’est ton Heidi qui est une fois de plus en pleurs sur ce petit frère ou cette petite soeur que tout le monde a, que tout le monde s’étonne qu’elle n’aie pas…

C’est LA question, qu’on te pose encore et encore sur tes projets…

Parce que comme le temps qu’il fait, alors quand est-ce que tu fais le suivant c’est la phrase bateau qui a parfois le chic pour jeter un froid

C’est bien connu des enfants tu n’en as jamais le bon nombre…

Soit tu n’en as pas assez soit tu en as trop

Et quand tu en as un, visiblement tu n’en as pas assez…

Reste le choix de mentir, que tu te sens au complet qu’un c’est assez, ou de mettre les gens mal à l’aise en répondant que ma foi, on prend ce que la nature nous donne ou pas,

Même si l’illusion de contrôle de toute une société voudrait te faire croire que l’être humain maitrise la conception.

 

C’est ceux qui savent, qui te scrutent un peu plus attentivement chaque fois qu’ils te voient ne pas boire,  ou un peu ballonnée.

Mais qui, eux, ont appris à ne pas poser la question et attendre que tu reviennes un jour peut-être avec LA bonne nouvelle qu’ils espèrent tous pour toi

C’est cette question qu’on te pose parfois, que tu te poses parfois de savoir si c’est bien raisonnable, parce que tu sais, les facteurs de risque…

Pour toi…

D’en avoir un autre comme elle ( comprendre Heidi hein) parce que c’est un poil héréditaire ces trucs-là…

Et tu regardes ton Heidi et tu as juste envie d’envoyer péter tous ceux qui auraient l’audace de sous-entendre que malgré tous les challenges elle n’est pas la plus belle chose que tu as fait de ta vie, et qu’un ou une autre toute pareille bin c’est volontiers, parce qu’on sera d’autant plus de fous pour rigoler dans cette maison et forts de ce qu’on aura appris!

 

C’est ces plans pour les prochaines vacances que tu peines à concrétiser parce que tu te dis que d’ici là ça devrait être fait bordel…

Ces hypothétiques qui font sournoisement l’apparition dans tous les recoins de ta vie…

 

C’est ce moment où tes émotions t’étouffent et bouffent tes mots, parce que tu écris avec tes tripes, et qu’elles sont occupées à digérer un sujet dont tu n’osais pas parler ici…

Que tu te sens prisonnière de ton propre blog,

Parce que certaines choses font mal à dire autant qu’elles font mal à entendre ( enfin lire)

Parce que la question reste ouverte de savoir où se situe la ligne de ton intimité et de ce que tu es prête à partager

Parce que tu sais que tes proches, tes amis vont lire ta douleur et se l’approprier

Alors que justement tu voulais les protéger…

Dur de leur faire réaliser que – parlant de moi-  même si le ton semble noir, ce texte n’est pas une lamentation…

Parce que jamais tu n’as cherché la pitié…  tu n’es pas à plaindre, tu aimes ta vie, tu en es fière, tu es heureuse même si de temps en temps tu te rappelles des croix que tu balades…

Comment faire comprendre que

Coucher ces mots ici, c’est ton arme, ton défouloir,  ces 4 minutes ou tu danses comme une possédée dans ton salon avec la musique à fond ( et que tes enfants se demandent s’ils vont pas devoir te faire interner)

Ta séance de sport, celle que tu fais dans le but de souffrir, de te faire du mal pour aller mieux et repartir à l’attaque

Tes mots c’est un condensé qui exprime un arc-en-ciel d’émotions qui ne viendra jamais autrement…

Et qu’alors que ce soir se referme, le malaise physique de la chute hormonale n’est plus qu’un vague souvenir, les mots couchés ici lui ayant ôté tout pouvoir.

 

Dans quelques jours,  un nouveau cycle commence…

Et avec lui l’espoir renait…

Si maintenant les derniers grains de ce sablier avaient seulement  la gentillesse de s’écouler

Que je puisse enfin le retourner…

 

 

 

 

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* un de ces trucs à la con dont j’ai pris conscience récemment alors même que j’essayais d’expliquer pourquoi écrire était aussi vital que respirer, et que je me suis écoutée le décrire mais aussi  la réponse que j’ai reçu ( ah bin un peu comme Feynman qui voyait les équations en couleur, je vous laisse deviner qui est le nerd qui m’a dit ça)   Pour moi les mots ont un son – une musique même – un goût et une texture. Ils résonnent physiquement en moi…

Ils sont associés intrinsèquement à la plupart de mes sens…  mais pas de couleurs pour moi.   Je comprends mieux pourquoi parfois que je parle de certaines choses je déclenche des regards très perplexes…

Je comprends aussi pourquoi je dois écrire…  pourquoi j’écris comme j’écris, passant du coq à l’âne sur les projets de fiction qu’un jour je finirai:  toutes les sensations et émotions sont entrelacées et elles demandent à trouver leur place sur le papier.

 

 

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