Ousqu’on a fait notre premier mariage singapourien

Tout arrive…

 

Ça faisait depuis 2009  et le double mariage à la fois de Supergranny & Superpapi et de l’ancienne collègue à Hong Kong de Superchéri qu’on avait plus été à un mariage.

On peut le dire:  Superchéri et moi, on est dans cette zone un peu vide ès mariages, où tous ceux de notre génération sont mariés ou s’ils sautent le pas le font dans la plus grande discrétion en cercle restreint, mais encore en train d’attendre que la prochaine génération qui fait le grand pas soit prête…

Mais en ce week-end de début mai,  Superchéri avait une collègue qui faisait le grand saut, et on était invité.

Après délibérations avec la principale intéressée, nous avions décidé mutuellement d’y aller en couple sans Heidi – même si elle était bienvenue –  parce que c’était le soir et qu’un menu adapté pour elle allait être compliqué à gérer.

Samedi vers 15h30, tandis qu’elle se préparait pour sa soirée de folie avec Lovely Nounou, nous nous sommes mis en route pour le point de rendez-vous avec le bus.

 

Ah oui parce qu’on ne fait pas les choses à moitié quand on va à un mariage: premier mariage en 6 ans à Singapour et le repas est à Johor Bahru ( en Malaisie donc)

 

D’une part parce que la famille du marié est malaisienne – donc que c’est absolument logique, vu qu’ils étaient plus nombreux à venir que sa famille/ses proches à elle –  et,  d’autre part,  parce que c’est, de base, une pratique plutôt courante à Singapour de faire son repas de mariage à JB: ça permet de planifier un mariage avec un nombre d’invités et un cadre ( qualité du repas notamment )  qui ne serait pas financièrement réaliste si fait à Singapour.

 

Donc on va à notre point de rendez-vous…   où on avait prévu d’arriver en avance et ça tombait bien, parce que…

Mal moderne de l’addiction au téléphone mobile oblige,  plus personne n’est fichu de donner un point de rendez-vous précis à l’avance!  Tu te retrouves à te coordonner en temps réel d’une fois  sur place et que tu réalises à quel point tu es dans la mélasse avec un point de rendez-vous qui se limitait à dire Jurong East MRT, via le groupe what’sapp créé spécialement pour l’occasion.

15 minutes, 30 messages et 1 téléphone plus tard – j’exagère à peine-  tu as le bon lieu.  Et là, obstacle suivant, tu dois faire attention à ne pas rejoindre le MAUVAIS groupe, parce qu’il y avait 2 autres groupes qui attendaient leur pickup pour le propre mariage au même endroit que nous!  Mais apparemment personne n’a encore réalisé au vu des messages que le bus qui est à l’arrêt est le tien…   il faudra 5 minutes de plus au compteur pour le comprendre…

 

Enfin tout le monde est là, dans le bus, et c’est parti direction Woodlands checkpoint.

 

Pour ceux ou celles qui ne l’ont jamais fait en bus public, passer le checkpoint de Woodlands c’est plutôt fun ( enfin si tu n’es pas stressé, que tu n’as pas les bras plein d’enfants épuisés qui râlent, et que tu n’as pas le malheur de le passer au mauvais moment)

Plus de 60 000 véhicules et 350 000 personnes passent la frontière à Woodlands tous les jours! ( Comprendre Woodlands voit passer plus de personnes que tous les autres checkpoints de Singapour confondus, et que c’est un des checkpoints terrestres les plus actifs du monde. A Singapour rien que Woodlands c’est 1500 officiers des douanes selon l’article du strait times ici!)

Quand tu le passes en bus privé, c’est comme en bus public: tu arrives au premier checkpoint, tu descends, embarques toutes tes affaires, si tu es résident singapourien ou singapourien tu fonces via les portails électroniques, et tu retrouves ton bus ( à ceci près que si ton bus est un bus privé il va s’assurer que tu es là avant de repartir, ce qui veut dire que tu n’as pas besoin de faire le tout au pas de course)  tu passes le pont, et rebelote pour le checkpoint d’entrée en Malaisie.  C’est fastidieux mais compte tenu du nombre de personnes qui le font chaque jour, du moment où tu sais ce que tu fais ( et que par exemple tu redescends bien vers les bus au lieu de suivre la foule qui s’enfonce vers JB Sentral et les centres commerciaux quasi directement attachés à la douane côté malaisien),  c’est étonnamment efficace.

Là normalement vous allez me dire…  que je suis toujours pas arrivée au mariage.

 

L'entrée des mariés, en direct sur toutes les télévisions de la salle pour tous ceux qui ne peuvent pas les voir autrement.
L’entrée des mariés, en direct sur toutes les télévisions de la salle pour tous ceux qui ne peuvent pas les voir autrement.

 

Ah bin, un mariage à JB ça se mérite: départ de la maison à 15h30, nous sommes arrivés au restaurant –  en plein dans le champ de constructions effrénées qui poussent comme des champignons proches de la frontière*- à 18h00…

Et on était parmi les premiers, les gens ont continué à arriver par vagues jusqu’à presque 20h ( certains axes malaisiens étant au moins aussi dramatiquement surchargés que le checkpoint lui-même et puis peut-être aussi parce qu’un banquet de mariage chinois ne commence jamais à l’heure) …

 

Alors ce repas de mariage c’était comment?

 

Pour passer le temps des trajets aller et retour, et le temps entre deux plats, notre groupe ( comprendre le groupe de collègues de Superchéri et les conjoints quand il y en avait)  s’est amusé à faire des comparaisons poussées entres les coutumes de mariage ici et ailleurs…

Comme on avait clairement le groupe ethnique le plus hétéroclite de toute l’assemblée c’était plutôt fun, parce qu’on avait pas mal de niveaux de lecture 🙂

Inutile de dire qu’on s’est également amusé à comparer similitudes  et différences avec notre expérience de mariage à la hongkongaise quelques années plus tôt.

Effectivement on a été accueilli en photos des jeunes mariés, la cérémonie-même avait été faite dans l’intimité ( un peu le contraire de ce que tu fais en Suisse, où il ne te viendrait pas à l’idée d’inviter des gens qu’à ton repas de mariage, en Asie la tendance est plutôt inverse: tu augmentes la taille de la foule au fur et à mesure du temps qui passe au lieu de la réduire…  )

Et on partageait un peu tous le même sentiment de pitié face aux jeunes mariés qui de facto fait un marathon pendant toute la durée du repas entre les changements de tenues,  la tournée des tables ( et quand tu as près de 400 invités ça prend du temps)  et les toasts traditionnels, et les traditions du banquet que tout le monde attendent de voir…

 

Les traditions chinoises du début de la cérémonie de mariage, faites dans l'intimité et la video diffusée pendant le repas
Les traditions chinoises du début de la cérémonie de mariage, faites dans l’intimité et la video diffusée pendant le repas ( ouais perso j’avais pas un seul bon angle sur les télévisions)

 

Dans ce cas:

le changement de tenue ( où tu refais tout, hein chignon compris) avec l’entrée en scène

couper le gâteau (  qui dans ce cas n’était pas un vrai gâteau juste du sagex enrobé de pâte à sucre) qu’ils ont fait avec la première tenue en début de repas juste après leur entrée officielle)

le toast au champagne (  vous savez dans une de ces tours où on verse le champagne dans le premier verre et quand ça déborde ça remplit les suivants qui sont dessous,  qu’ils ont fait avec la seconde tenue).  But du jeu:  souhaiter “yam seng”  en faisant le plus de bruit possible et en tenant la note du yaaaaaaam le plus longtemps possible.  Les mariés commencent avec les parents et amis proches par un toast général, puis ils remettent ça table par table – qui est le seul moment qu’ils passent effectivement avec leurs invités pendant le banquet.

 

 

Les heureux mariés en seconde tenue
Les heureux mariés en seconde tenue ( et oui vous voyez double parce que j’ai fait un truc à la va-vite pour ôter leur noms. )

 

Les traditions de début de mariage ( liste trouvée ici si jamais, histoire de me familiariser avec les coutumes singapouriennes ) : l’habillage de la mariée, le marié qui vient récupérer sa fiancée avec l’aide de ses garçons d’honneur tandis que les demoiselles négocient la dot et imposent des épreuves, ont été filmées et diffusées en cours de repas.

On a bien – et trop – mangé 🙂

C’est des menus qui sont généralement majoritairement basés sur des fruits de mer, donc méfiance si vous êtes allergiques aux fruits de mer ou aux crevettes.

Mon système digestif ne s’en est pas vraiment remis encore, parce que pour la première fois depuis un sacré moment, j’ai sciemment fait l’autruche quant au régime histoire de ne pas regarder me passer sous le nez 8 des 10 plats… alors évidemment ça se paie! ( même si je me suis cantonnée aux plats logiquement pas trop contaminés, genre le poisson dont le seul ingrédient à problème est en théorie le vin de riz   donc qu’en fait j’ai pas pris tant de risques que ça )

On s’est retrouvé un poil pris de cours par la soudaineté avec laquelle tout le monde a inhalé son dessert et a quitté la salle à 22h30…  Apparemment on était déjà en retard sur l’horaire prévu d’où la fin abrupte 🙂

Et après une dernière poignée de mains avec les mariés ( qui avaient l’air heureux même si épuisés, on a eu l’occasion de les voir les uns les autres), on a repris le bus dans l’autre sens direction Singapour, repassant dans le checkpoint qui ne dort jamais ( même si l’ambiance est plus feutrée à minuit qu’à 17h)

 

Quelques notes pratiques en cadeau bonus…

 

❊ Si on est proche de l’eau, il y a une grande probabilité de toujours pouvoir avoir le réseau de téléphone singapourien, 3G comprise.  Prudence toutefois, pensez à vérifier que votre roaming est désactivé et/ou que vous avez bloqué les préférences de réseau sur votre opérateur Singapourien, sous peine d’avoir une mauvaise surprise après quelques heures, parce que vous avez instagrammé le mariage en temps réel

( Oui, ça sent le vécu, mais ce serait plutôt inspiré librement de faits réels que la vérité vraie vécue, et c’est pas à moi que c’est arrivé )

 

❊ Pour passer la frontière en bus, compter de 40 minutes si c’est raisonnablement fluide du moment ou vous y êtes presque, le temps de gérer l’approche finale, les formalités, les embarquements, débarquements.   Moralité, nous en avons eu pour 1h30 de trajet du moment où nous avons pris le bus ( et vous l’aurez compris face à l’arrivée dans une salle encore bien vide, le trajet avait été calibré pour 2h de transit au cas où )

 

❊ Codes vestimentaires pour un mariage,  souvent à Singapour c’est assez flexible.  Dans notre cas, après harcèlement subtil de la future mariée par Superchéri,  la recommandation officieuse c’était casual chic…  Mais certains sont venus en jeans parmis les invités.

 

 

yam seng
La tablée à côté de la notre pour leur yam seng ( le toast)

 

❊ L’ang bao – ou red packet –  c’est l’argent qu’on remet aux mariés. Ici pas de liste de mariage ou de financement du voyage de noces, non, on fait un cadeau en espèces.  Pas de montant fixe pour l’ang bao,  même il est coutume de couvrir au minimum le prix du banquet ( et d’arrondir si possible le montant à un joli chiffre porte-bonheur, donc terminant par un 8 et sans 4.  Mettons que le banquet coutait 100 dollars,  alors on mettra au minimum 108 dollars )

Vous êtes invités à un mariage, des sites répertorient les prix actuels des banquets de mariage, vous donnant une idée des montants à débourser pour ne pas commettre de faux pas.  Exemple ici sur Kiasu Bride, l’essentiel des restaurants singapouriens qui font des banquets y sont répertoriés.

Dans le cas d’un mariage à JB, pas de liste officielle des prix de banquets, mais à priori ça diminue le prix du banquet, et on peut se baser sur les prix les plus bas des banquets à Singapour.  Attention ceci dit,  si le transport est organisé et fourni par les mariés alors il semble être recommandé de compter 30 dollars de transport en sus du prix estimé du banquet.

 

 

 

Sur ce 🙂  vous pouvez reprendre une activité normale,  lol, je vous souhaite une bonne journée!

 

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