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Bastian Baker à Singapour, ça c’est fait!

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Note que… on le refait quand vous voulez!!!

 

Donc du 20 au 24 Mai, au milieu de tous les autres trucs qui se passent en ce moment à Singapour qu’on ne sait plus quoi choisir,  il y avait le festival Music Matters. Music Matters c’est un festival de musique indépendant en Asie qui existe depuis une décennie. L’accès aux concerts est gratuit,  c’est un enchainement de show case de 30 minutes, et pour cette édition 2015, c’était pas moins de 70 groupes qui de toute la région et d’ailleurs qui se succédaient sur scène pour 180 concerts.  Leur but est simple:  proposer une plateforme informelle pour les professionnels et profiter de bonne musique!

Au milieu de tous ces noms inconnus pour moi – parce qu’il faut bien que je reconnaisse qu’avec mon amour de la foule, des bruits et des lumières…  les concerts c’est quelque chose que je réfléchis très très longuement avant de faire*, donc que je m’update en scène musicale en continuant de suivre ce que je connais déjà, ce que des amis remettent sur Facebook  –  un nom a attiré mon attention  ( grâce à l’ambassade de suisse à Singapour sur Facebook, retransmis sur un groupe sur Facebook, par une amie… comme quoi tous les chemins mènent à Rome)  cette année Bastian Baker serait là!!

 

Vous z’allez me dire…  quasi 9 ans en Asie, mais comment est-ce que tu as bien pu entendre parler de Bastian Baker?

 

Bin les copines en Suisse… une d’entre elle avait remis le lien du passage à Taratata en 2012 peu après sa diffusion.   Et Heidi n’ayant pas attendu les premiers prémices de l’adolescence pour avoir un faible pour les beaux blonds, elle avait commencé à écouter les chansons en boucle.

En quand je dis en boucle – pour une fois –  je n’exagère pas…

Au stade où si j’avais pas bien aimé aussi, j’aurais pensé à l’exil, ou à des tactiques perverses comme encourager le chat à bouffer les câbles de ses appareil…

Mais comme je suis douée d’abnégation ( enfin quand je dis ça, c’est juste pour qu’Heidi me dise qu’elle m’aime avec des étoiles dans les yeux, parce que pour le coup,  à fortiori à posteriori, je me serais bien déplacée juste pour moi**)   j’ai épluché le programme de Music Matters et  trouvé le seul des showcase qui allait coïncider avec le programme d’Heidi.

 

C’était vendredi en début de soirée à Clarke Quay.

 

Et on a eu de la chance jusqu’au bout,  vu que le rendez-vous hebdomadaire d’Heidi avait été avancé, nous laissant plus de temps pour nous déplacer sans stress du lieu du souper au lieu du concert.

Ça laisse l’occasion de repérer le terrain, de triper parce qu’il y a un hooters qui a ouvert à Clarke Quay et que c’est comme dans le film***, de se plaindre activement parce que le groupe précédent est vachement trop bruyant ( vous savez les pommes qui ne tombent pas loin des arbres)  et qu’elle va mourir si Bastian Baker il fait autant de bruit et elle va pas pouvoir rester…

Là, éclair de génie, on se rappelle qu’elle a ses écouteurs sur elle, et qu’ils diminuent fortement le bruit externe. Donc elle les met autour du cou, prête à les dégainer si besoin est pendant le showcase.  Désastre potentiel évité, ouf!

Le show case d’Io se termine, on s’approche, et ce que j’espérais arrive: une place se libère tout devant, juste en face du micro, j’y pousse pas très subtilement ma progéniture.   On est entouré de personnes venues prendre des photos des artistes, c’est assez space à vrai dire!

 

Et là, c’est le début d’un moment magique…

 

Bastian Baker est seul sur scène avec sa guitare acoustique, il commence même en avance sur l’horaire prévu vu qu’il est prêt!

Un concert intimiste, comme vous avez moins de chance d’en voir en Europe…

Et il tient la scène avec brio. Seul sur scène avec juste sa guitare acoustique, c’est pas donné à tout le monde d’y briller, ça ne pardonne pas vraiment comme exercice de style et c’est souvent ce qui sépare l’artiste bête-de-scène de l’artiste de studio…  Tout le monde peut être, à force d’arrangements, un beau produit marketing,  mais ceux-là ne se mettront jamais dans la situation aussi dépouillée.

 

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Bastian Baker a de l’humour, il fait notamment des gags sur le fait qu’il est bien suisse et pas suédois ( un problème très connu des suisses à l’étranger dans un pays anglophone…  swiss and not swedish)

Il réussit l’exploit – à l’échelle de Singapour et de son public plutôt placide – de motiver les foules…  parce que le temps d’arriver à la fin de son showcase, il avait attiré nettement plus de monde que le groupe précédent…   parce qu’il a fait chanter, taper des mains une foule qui ne lâche généralement pas son téléphone portable…

Le tout avec Heidi qui – au premier rang – chante tout ou presque ( bon d’accord moi aussi )  “  tu as vu maman, il m’a vu, il m’a souri!”   et soupire un grand coup…

( ouais, en même temps chérie je veux pas dire, la demi-portion blonde au premier rang entourée d’asiatiques, il pouvait pas exactement te louper, c’est un peu comme quand tu fais piquer des fou-rires aux vincents à force de hurler de rire, ma chérie)

C’est Heidi qui danse et regarde fixement…  en transe… ces moments kodak qui donnent du sens à tout ce que tu fais pour ton enfant parfois…

C’est ce moment où mes larmes montent à Hallelujah…   quelle idée à la con de l’avoir proposée pour l’enterrement,  je ne peux plus en écouter une belle interprétation sans m’effondrer en larmes.  Heidi qui sort quelques secondes de son moment à elle pour me prendre dans ses bras…

C’est l’admiration pour l’artiste, chapeau bas, parce que la performance me donne des frissons d’un bout à l’autre ( et que je chantonne toujours les morceaux entendus 3 jours après le concert c’est dire)   c’est le passage entre les styles et les rythmes, c’est la voix qui continue de me filer des frissons ( Superchéri dit qu’elle lui rappelle celle de Springsteen)

 

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C’est la playlist rêvée d’Heidi qui a été totalement couverte…   je ne sais pas comment elle fait, chaque fois qu’on va voir un concert ( bon d’accord c’est pas très souvent, m’enfin elle a 10 ans et demi et en a fait largement plus que moi au même âge),  elle me fait une liste de morceaux qu’elle veut absolument entendre, et à ce jour elle a toujours touché le gros lot…

 

Et c’est l’after, moment tout aussi magique…

 

Parce que dans l’ambiance décontractée et intimiste du festival,  Bastian a le temps de venir saluer et signer des dédicaces.   Devant nous une famille suisse-romande, derrière nous des suisses-allemands…

Heidi repart avec une photo et des étoiles dans les yeux ( mais je ne suis faite expressément interdire que vous redire ce qu’elle a texté frénétiquement à toute la famille, donc pas plus de détails.)

On rentre à la maison, cette page se referme…   mais purée c’était un moment d’anthologie qu’on est content d’avoir pris le temps de vivre!

 

 

Sur ce…

 

Je vous souhaite une belle semaine!

Ici elle s’annonce mouvementée: c’est le compte à rebours avant les vacances scolaires, on est Inde le week-end à venir, et je sais pas combien de fois je vais arriver à passer ici sur les 4 prochaines semaines!

Mais vous pouvez faire comme moi et mettre en musique de fond le concert de 2014 à Paléo, à l’opposé en terme de taille de public, un rendu bien différent, mais avec la même énergie   et c’est contagieux l’énergie!

 

 

 

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* mon premier concert à Singapour ( et dernier en date, si on fait exception du Beau Lac de Bâle aux fêtes de Genève en 2012)  c’était Mika, ça remonte à 2010!

 

** par contre, le premier qui fait comme Superchéri et essaie de me sous-entendre pour se ficher de moi ( vous ne pensiez pas que c’était toujours moi qui rigolais des autres, non?) que moi aussi je soupire, se verra répondre la même chose que Superchéri…  Bastian Baker a l’âge de ma petite soeur ( et j’ai changé les pampers de ma petite soeur… )  Ça ne m’empêche pas d’admirer le talent par contre 😉

 

*** Hooters c’est une chaine américaine de restaurants, qui a comme concept phare le fait d’avoir des serveuses en t-shirt blanc collant et micro-short orange pétant.  On dit merci la télévision pour le fait qu’Heidi reconnaisse Hooters.

 

 

 

 

 

 

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