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Alors c’était comment 50 nuances…

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Coucou du vendredi

Je sais j’arrive après la tempête… mais justement ça m’a tellement amusé de lire tout ce qui s’écrivait quand la blogosphère et buzzfeed tripaient dessus que j’arrivais pas à me concentrer sur l’article.

 

 

On commence par le film lui-même…

 

 

Selon le sondage réalisé par Superchéri auprès de ses collègues masculins –  qui comme lui y sont allés purement par amour de leur tendre moitié et donc n’attendaient que le pire du film –   de loin pas si mal que ça…

 

 

50 nuances poster

 

Je cite ” c’était vachement meilleur que Twilight!”

( Là vous entendez le soupir de soulagement parce que ça veut dire que Superchéri va pas pouvoir me culpabiliser à aller voir un film qu’il y a que lui qui aime en représailles pour l’avoir trainé à 50 nuances )

Je rejoins totalement leur avis ( forcément plus objectif que le mien, enfin à priori, parce que j’ai aussi facilement l’amour vache), j’ai passé un chouette moment.

Pour ce premier volume du moins l’équilibre entre adaptation ( parce que oui, perso je fais partie de ceux qui abhorrent un rendu trop fidèle au livre, quand on change de média on adapte le contenu au contenant!)   et garder l’esprit du livre est plutôt réussi.  On attend de voir les autres pour savoir si ça se confirme ou pas, à savoir que la réalisatrice du premier a déjà annoncé qu’elle ne rempilerait pas, qu’on entend parler d’énormes conflits entre l’auteure – qui a gardé un droit de regard sur le script- et la scénariste…  en gros à ce stade pour le film suivant si les acteurs ont signé – malgré les rumeurs contraires, ils avaient de base, comme pour d’autres séries, pris l’engagement de faire les 3 films-  y’a grosso modo personne pour réaliser, écrire etc. le second film.  De qui explique en partie mon incertitude sur la suite… rien n’est gagné!

Dakota Johnson est confondante, et habite très bien la peau d’Ana.  Et Jamie Dornan,  qui partait avec les multiples désavantages de ne pas être le choix des fans, de ne pas être le choix premier de la réalisatrice, et d’avoir des chaussures nettement plus rigides à porter, s’en sort à mon avis très bien.

Non parce que 50 nuances tombe dans le cliché relativement fréquent d’un bouquin à l’eau de rose:  le héros est décrit sous toutes les coutures et via le point de vue de l’héroïne;  tandis qu’on ne connait surtout que les attributs émotionnels de l’héroïne ( on sait grosso modo physiquement que c’est une brunette “ordinaire” – à ses yeux à elle- aux yeux bleus mais rien de guère plus précis, ça permet de facilement de s’identifier à l’héroïne 😉 )  ce qui laissait beaucoup plus de liberté et d’informations à Dakota Johnson pour investir le personnage que ça n’en laissait à Jamie Dornan.

 

 

50 nuances images film

 

 

En attendant le film est un gros succès boxoffice ( presque 500mio de recettes au moment où j’écris alors que le film est toujours en salle pour un budget de 40mio )

Alors évidemment la critique en général est malgré tout pas glorieuse…  Mais personnellement – à part pour les critiques satiriques de type honest trailers ou how it should have ended –   j’avoue avoir de la peine à me retrouver dans la critique de cinéma de ces dernières années, les ratings de rotten tomatoes et autres sites qui rassemblent les opinions, donc je ne laisse plus forcément influcer par leurs rankings pour décider de voir ou pas quelque chose.

Entre les pas-fans qui sont allés voir le film juste pour le casser ( et comme toujours quand on cherche des défauts on en trouve… )   après s’être déjà défoulés sur le livre ( je dis pas qu’il y a pas de raisons 😉 )

Et les fans qui sont pas contents pour telle ou telle raison ( quoiiii ils ont pas mis TOUTES les scènes chaudes, oh scandale, et puis ils ont pas mis les monologues intérieurs, et puis il y a pas de blackberry mais un iPhone – perso c’est cette infraction que je peux pas avaler loooooool  😉 !! )

Et le fait que malgré tout il y a quelques passages qui ne font vraiment sens que pour celles ( et ceux)  qui ont lu le livre.

 

 

Bon alors,  livre ou film même combat…   Pourquoi tout ce foin, finalement?

 

 

Autant le dire tout de suite… j’ai lu les livres et surtout j’ai passé un bon moment à les lire. Toute ressemblance avec les kilomètres de messages plus ou moins sirupeux que Superchéri et moi on s’est envoyé dans notre folle jeunesse n’y est sans doute pas pour rien.

Si vous le saviez pas encore,  je suis une lectrice compulsive avec un appétit féroce et une très large préférence pour des bonnes vieilles romances ou des thrillers, et si c’est possible d’avoir les deux en même temps, c’est bingo 🙂   Je lis un livre pour me vider la tête, donc quand j’ai le nez dans un bouquin c’est,  à de très rares exceptions près, toujours ce que l’édition francophone aurait tendance à désigner comme un roman de gare ou un consommé-c’est-jeté.  Je veux du rêve, pas de prise de tête, de l’humour,  un texte qui se laisse lire avec plaisir, sans effort, qui m’emmène ailleurs pendant un moment.

Un de mes petits vices, c’est le lèche-vitrine Amazon…    quand tu fais défiler les suggestions encore et encore et tu lis les extraits d’un peu tout ce que le site te propose.  En 2011,   c’est comme ça qu’un jour je me suis retrouvée face à la suggestion de 50 shades – il n’y avait que 2 volumes de publiés, chez l’éditeur originel –  j’ai acheté le troisième tome le jour de sa sortie.

C’est pas forcément évident pour les lecteurs francophones habitués au marché français de se le représenter, mais le destin de 50 nuances est intimement lié ( jeu de mots à 2 balles en cadeau bonus)  à celui du Kindle d’Amazon.

Quand Amazon lance son Kindle 2 en 2009,  des dizaines, voire des centaines de petits éditeurs commencent à fleurir ou vraiment prospérer  sur des marchés que les grands éditeurs new-yorkais boudent:  le roman dont les scènes de sexe sont graphiques et sans périphrases imagées pour décrire les ébats.  Pour faire un mauvais jeu de mots, on appelle un chat un chat!   Amazon fait à l’époque une grosse partie – voire la majorité – de ses ventes d’ebooks via des livres qui vont de l’érotica à un porno à faire rougir Rocco Siffredi…   les titres, les couvertures et les descriptions des livres ne laissant pas vraiment de doutes sur la question.

Au fur et à mesure que le nombre d’e-readers augmente, le public se diversifie et les plaintes commencent – parce que l’américaine bien pensante et puritaine n’est jamais loin derrière l’américaine sans tabou et délurée – sur l’exposition contre son gré à des propositions de livres qui choquent et traumatisent ( si si…  bon en même temps, si toute la production osée américaine ne s’exporte pas, ils n’exportent généralement pas non plus leurs romances chrétiennes vers l’europe – celles où on se tient à peine par la main avant le mariage et où tout arrive par la grâce de Dieu… et c’est parfois compliqué de faire cohabiter tout ce petit monde sur une même plateforme)

Si on devait résumer l’ebook en un paragraphe:  c’est avant tout des barrières de genre qui sautent.  Les gens écrivent et lisent ce qu’ils veulent. C’est pas forcément des gros publics, mais, des fois il y a des succès étonnants qui n’auraient jamais pu voir le jour avec l’ancien système.   Les éditeurs new-yorkais ont d’ailleurs commencé à prendre le train en route:  ils guettent et récupèrent ces séries qui vendent au delà des prédictions.  Et  sur le marché américain du moins, les auteurs qui gagnent le mieux leur vie  (   quand on parle pas des étoiles, mais de l’auteur moyen…  qui doit continuer à écrire encore et encore pour vivre )    sont ceux qui naviguent entre les deux mondes…  publient simultanément en indépendant et au sein des maisons d’éditions.

 

Bref.

 

Donc 50 nuances, c’est un succès populaire tel qu’à un moment un gros éditeur est passé par-dessus sa peur de l’explicite et des dégâts sur son image (  les éditeurs new-yorkais se classant plutôt dans l’Amérique prude que l’Amérique délurée)   et a fait le pas de s’intéresser au marché de la romance explicite ( voire très explicite).  Tout une partie de l’Amérique a donc découvert que Oh mon Dieu,  du sexe explicite avait envahi les livres… plus d’épée dans les fourreaux soyeux…  que vu la quantité d’exemplaires vendus, ça avait logiquement sa place sur les listes best-sellers papiers.  Et cerise sur le gâteau ou merveille de l’e-reader, tout le monde peut lire, sans jamais oser l’avouer!

 

( 50 nuances est grosso modo en continu dans le top 100 des ventes d’Amazon depuis fin 2011 – classement américain s’entend, je ne vous parle même pas des ventes dans le reste du monde-   le top 100 des ventes d’Amazon c’est grosso modo 1000 ventes par jour…   Je vous laisse faire le calcul,  son auteure et son éditeur ont de quoi se reposer un long moment sur leurs lauriers!  et accessoirement ça veut dire qu’il y a beaucoup de personnes qui l’ont lu – ou du moins acheté – sans oser l’avouer…   )

 

 

50 nuances images

 

 

La décision des big five de se lancer -enfin- dans le créneau a eu des effets marrants:    il a accéléré un processus amorcé par amazon et sa politique pour diminuer l’association d’idée Amazon = le bon coin pour acheter tout ton matériel explicite ( des “jouets”  aux livres…  )  qui aurait pu leur porter préjudice et diminuer leurs autres ventes par ailleurs. C’est ok d’être un des plus gros vendeurs de marchandises pour adultes des US, mais c’est une autre affaire que cela se sache ( on ne voudrait pas effrayer l’Amérique puritaine qui fait au moins autant de bruit que l’Amérique délurée… un jeu de balancier délicat entre les deux camps… qu’on voit dans toute entreprise américaine –  comme Facebook et ses choix de censures –  Amazon avait commencé à faire le ménage en changeant ses algorithmes ( donc tu trouves les produits en question en faisant des recherches google – qui  t’envoient vers les pages amazon – mais pas par une recherche sur Amazon!  Oui n’ayant peur de rien – et mis un filtre incognito sur mon browser –  j’ai testé pour vous…  )

Les avertissements sur les descriptifs des livres ont été modifié – plus question de dire noir sur blanc ce qu’on trouvera dans le livre, on fait de vagues périphrases pour avertir le lecteur potentiel –  mais surtout les couvertures ont beaucoup changé… et le changement se répercute sur toutes les catégories de romances!

Une pomme, une chaussure à talon, un collier de perle, une cravate ou un bouton de manchettes = sexe explicite à très explicite en grande quantité dans le livre avec une bonne probabilité d’avoir des thématiques plus ou moins BDSM…  mais personne ne râle d’avoir ces images-là bien visibles sur leurs étalages.

On ne peut plus objectifier la femme, qu’à cela ne tienne… on objectifiera l’homme…  et sur les romances – en particulier les romances policières, on a maintenant très très souvent des beaux torses avec des 8 packs ( parce que 6 ça suffisait pas)   et une femme encore habillée de haut en bas…   mais sur des couvertures plus sobres que ce qu’on avait sur les couvertures PG-13 des romances des années 80-90, c’est très très amusant à observer…

 

Mais pourquoi ont-ils choisi 50 nuances? Après tout, ce n’était ni le premier, ni le dernier succès populaire…  Qu’est-ce qui en fait  la série qui a rompu le schisme?

 

Et qui fait que tout le monde – mais vraiment tout le monde –  a commencé à avoir son avis sur la question…

 

Je crois que ce sera la question du prochain épisode ( y’a pas de raison qu’il n’y ait qu’E.L. James qui pratique le cliffhanger! )

 

Nan et puis pour être honnête, ça fait un moment que je ne vous parle plus du film, donc comme de base le billet était une revue du film…   dans le genre j’ai fait un hors-sujet, je crois que mes profs de français s’ils étaient déjà morts – ce qui n’est pas le cas, donc heureusement ça leur épargne de le faire –   se retourneraient dans leur tombe de voir à quel point je n’ai toujours pas appris ma leçon!

 

Bonne journée et la suite dans le tome 2, probablement lundi  😉

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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