école locale à SG,  la miss,  Singapour

Mother Tongue in Lieu

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Quand on entre en école locale, on découvre plein de nouveaux trucs…

 

Par exemple comment contourner la question de la seconde langue ( ou mother tongue)  quand on ne parle pas un mot de mandarin, de malais ou de tamil quand on commence l’école.

 

Parce qu’il faut bien l’avouer, les cours de mother tongue sont donnés dans la langue, pour un enfant qui la parle, donc que pour un enfant qui débute ( par exemple qui n’a pas été en jardin d’enfants publics avec introduction au mandarin ou n’a pas de parents qui parlent la langue) ça peut rapidement devenir un cauchemar, qui se décline en heures interminables de cours supplémentaires.

 

Les livres d'école d'Heidi...
Les livres d’école d’Heidi…

 

 

Pourquoi est-ce important?  

 

Parce que mother tongue est une des branches qui compte pour le PSLE ( primary school leave examination =  le Graal dont les notes permettront de postuler dans les écoles secondaires)   et que de mauvaises notes en mother tongue plombe les statistiques du PSLE fermant la porte à certaines écoles ou branches.

Une “discrimination” évidente…  pour laquelle il y a deux solutions: exemption pure et simple de mother tongue.  C’est une décision qui sera prise plus ou moins tard dans la scolarité primaire de l’enfant. Il y a des parents qui font la demande chaque année, et la demande est parfois refusée chaque année jusqu’au P6.  A ce stade, si le MOE constate que l’enfant n’a pas pu combler son retard et que ses notes en mother tongue ne sont pas du tout proportionnelle au reste de ses résultats ( et donc le désavantagerait)   il finit généralement par accorder l’exemption.

L’exemption fonctionne aussi pour les enfants singapouriens, en particulier pour les enfants différents ( dys’ ) il faut alors fournir les rapports médicaux pour appuyer la décision,   mais c’est une décision difficile à obtenir dans les premières années de la scolarité primaire.

 

Autre chemin qu’on peut emprunter c’est l’option “mother tongue in lieu“.  L’accord pour cette demi-exemption est nettement plus facile à obtenir, à  fortiori si vous entrez dans le cursus à mi-parcours comme Heidi.

 

Elle est exemptée de notes en mother tongue, en échange d’une attestation comme quoi elle suit des cours dans une autre langue.  Ces cours sont la responsabilité des parents ( plus tard au secondaire ils peuvent prendre les cours auprès du language centre du MOE s’ils continuent)  et il y a le choix entre les langues suivantes : Français, Allemand, Japonais, Arabe, Thai ou Birman.

 

Inutile de dire qu’Heidi suit donc des cours de français en dehors de l’école.

 

Pour ces cours il y a plusieurs options: l’alliance française, des tuteurs privés ( certaines écoles sont satisfaites de savoir que le parent s’engage à donner des cours, il faut vérifier avec l’école ses exigences)   ou l’option qu’on a prise nous – frenchfaster  Heidi suit comme ça ses cours via Skype sans bouger de la maison, ce qui a permis de trouver un créneau horaire raisonnable compte tenu de son emploi du temps ( comprendre le lundi soir de 20h à 21h)

Elle ne sera pas testée sur son niveau de français dans le cadre de ses années primaires, mais son PSLE sera re-échelonné pour refléter l’exemption.

 

En attendant, Heidi est en classe pour les cours de mandarin ( faut bien qu’elle soit quelque part)  et tente de les suivre un peu…  Sa prof ne la met pas totalement de côté ( ce qui est parfois le cas face à un enfant qui n’a visiblement pas le niveau ET une exemption, il n’est pas rare que le prof explique qu’il n’y a pas besoin de faire les devoirs ni de suivre les cours, juste de rester assis sagement au fond de la classe sans déranger personne.  Il y a un enfant qui fait cela dans la classe d’Heidi )   Mais honnêtement, vu son emploi du temps et sa difficulté avec les sons, on a décidé de ne pas mettre de pression sur Heidi, ce qui veut dire notamment pas de cours supplémentaires.

Elle fait ce qu’elle veut en dehors des heures ( s’entraine à écrire, regarde des cours sur son ordinateur) mais sans pression de notre part.  On verra bien ce qu’elle apprend ou pas au fil du temps…

 

Je vous parle du chinois, parce que c’est le choix évident…  ceci dit… 

 

On avait réfléchi – dans l’optique ou l’exemption n’était pas accordée-  à la pertinence de choisir de suivre les cours de malais à la place, vu que théoriquement Heidi avait le choix au départ.

L’avantage était évident: c’est le même alphabet, une grammaire simple, et en prime plein de copains, copines dans l’estate qui le parlent. Les chances qu’elle avait de décrocher dans la langue était à priori meilleures que pour du chinois.  Mais Superchéri était pas vraiment emballé par l’idée, laquelle idée il faut bien le dire était un peu à contre-courant de la norme qui veut que tout le monde veut les cours de chinois…

Donc on s’est lancé porté par la norme ( faut croire qu’on vit depuis trop longtemps à Singapour)  et on a évité plein de crises cardiaques à plein de monde dans l’école en demandant à mettre notre fille en malais au lieu du chinois.

( Mais honnêtement,  c’est pas forcément un mauvais calcul de tenter les crises cardiaques du personnel scolaire et de vos amis singapouriens…  à tout choisir, entre chinois, tamil et malais, l’enfant a une meilleure chance de décrocher en malais que dans les deux autres langues à cause de l’alphabet commun, et de sonorités plus “simples”. Sans compter que si vous faites souvent des vacances de l’autre côté de la frontière, il aura plein d’occasion de pratiquer)

 

Sur cette dernière bombe de non-conventionalisme  je vous laisse et je vous souhaite une bonne journée!

 

 

 

 

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