Entrer en école locale

L’école locale c’est parfois un peu compliqué à comprendre…

Entre les horaires journaliers ( horaires continus en demi-journée), les rythmes scolaires radicalement différents ( l’année scolaire est de janvier à décembre),  c’est un peu le choc des cultures quand on s’y intéresse de plus près.   On entend parler de la sévérité des règles, de la taille des classes, de la pression immense à laquelle sont soumis les enfants.  On écoute nos connaissances singapouriennes nous parler des bonnes écoles, du parcours de combattant que c’est d’y rentrer, et on se  laisse facilement prendre au jeu d’une image d’école super compétitive, surchargée qui moule les enfants dans cette capacité parfois étonnante des singapouriens de tous penser pareil.

 

Rassemblement dans le gymnase pour les célébrations de CNY
Rassemblement dans le gymnase pour les célébrations de CNY

 

L’image est vraie, mais pas pour toutes les écoles, on parle surtout des grandes écoles quand on parle de pression hors du commun*. Et pour accéder à ces écoles il faut être singapourien, un génie, avoir des parents très très aisés ou avec des relations très haut placées.  Pour le commun des mortels-pas-PR on va là où il y a de la place… comprendre des écoles de quartiers, proportionnellement délaissées par les singapouriens comme étant de moindre qualité, souvent des écoles dans des quartiers moins ” expat’, gloire & beauté”

Ces écoles sont délaissées par exemple par les singapouriens parce qu’elles ont une application du programme scolaire plus douce,  qu’elles diminuent les chances d’accéder aux grandes écoles, qu’elles fonctionnent toujours en double shift – avec les classes de l’après-midi, qu’elles ne proposent pas certains clubs, filière spécialisée.   Ceci étant dit, toutes les écoles singapouriennes fournissent un bon niveau d’enseignement…**   et il faut savoir se détacher du quand-dira-t-on des collègues singapouriens.

Ecole délaissées dans des coins moins glamours?  Comprendre Woodlands, Bukit Batok ou Bukit Panjang par exemple…

 

L’école d’Heidi accueille ainsi un nombre certains d’enfants étrangers en DP…   si elle est parmi les rares têtes blondes de P3,   au niveau du P1, j’ai repéré au moins une dizaine d’enfants caucasiens…. dont une petite fille qu’Heidi connaissait déjà. On habitait dans le même condo par le passé, et  figurez-vous que cette petite fille habite TOUJOURS du côté de Novena… elle fait 40 minutes de bus tous les jours pour venir à l’école, c’était l’école la plus proche dans laquelle ils avaient de la place pour elle…

Comme quoi habiter dans un coin peu connu et peu couru à ses avantages:  Heidi peut, elle, se rendre à l’école en 10-15 minutes par ses propres moyens!

 

La plupart des discussions entre expats francophones c’est de savoir si on met nos enfants au Lycée ou dans une autre école internationale.  Chaque camp ayant généralement ses arguments pour sa solution et la défendant parfois à la limite de l’agression. ( Si si, lancez les discussions écoles dans une assemblée francophone et c’est quasi toujours une discussion animée qui varie de la discussion passionnée à la foire d’empoigne ouverte ) Sans doute parce que contrairement à ce qu’on aurait vécu dans notre pays, on a un choix et qu’on doit prendre la décision nous-mêmes quant à l’éducation de notre enfant. Qu’on vit dans la hantise d’avoir fait le mauvais choix, et qu’on se justifie par tous les moyens possibles le fait que non c’est bon on a fait LE bon!

 

Au milieu des discussions de comparaisons entre les écoles internationales, tous les temps quand on pose la question, on s’entend répondre ” ah bin il/ elle est en école locale”

Les raisons de mettre son enfant en école locale, tournent souvent autour de la question de l’installation à long terme,  de l’envie d’intégration, de la question financière pure – c’est l’alternative la plus légère financièrement parlant  à 500 SGD par mois à ce jour pour un enfant en dependant pass – et si vous trouvez les tarifs du Lycée élevé, attendez d’avoir vu ceux des autres écoles!

 

Pour nous ça tournait autour de notre projet de vie, et de la difficulté à trouver une place pour Heidi dans le système international. Comme dit dans le précédent billet, lui trouver une place en école internationale après notre départ du lycée tenait un peu du parcours du combattant.  

 

A partir de là quand on a pris notre décision, reste à trouver de la place dans une école…

 

Là on découvre que:

 

1. Les singapouriens n’intègrent pas toute l’année dans l’école.  Ils préfèrent que les nouveaux élèves entrent à des moments précis dans l’année. A priori en début d’année ou à la moitié de l’année.  C’est aussi dans ces moments-là qu’ils gèrent les transferts de leurs propres élèves existants d’un établissement à l’autre, mettons en cas de déménagement par exemple.

Quelle solution si l’échéance est encore loin? Il y a un peu partout des centres de soutien scolaire qui ont des programmes qui durent l’équivalent des heures scolaires et qui proposent de mettre l’enfant à niveau en attendant sa rentrée.

 

2. Les singapouriens préfèrent ne pas intégrer dans certains degrés. Sur des années charnières comme la dernière année de primaire, ils estiment que ça prétérite la classe et l’enfant, donc ne veulent à priori pas d’un nouvel élève.  2 solutions alors, soit l’enfant rentre en P5 ( et la refait) soit l’enfant est suffisamment âgé pour rentrer au secondaire et il fait des examens d’entrée directement pour le secondaire.

A priori, ils vont préférer intégrer sur le degré inférieur de la tranche d’âge de l’enfant, pour lui donner le temps de s’intégrer aux spécificités de la vie de classe singapourienne. Ainsi Heidi a été intégrée en P3 ( ce qui fait qu’elle refait son CE2, ce qui nous arrange bien…  on a fait exprès de ne pas la faire trop travailler avant l’examen pour s’assurer qu’ils aient pas l’idée saugrenue de la mettre en P4)

 

3. Les Singapouriens préfèrent que les enfants parlent anglais ( ou du moins le comprennent et l’écrivent)  quand ils joignent les classes au delà du P1. Si ce n’est pas le cas, il faudra mettre l’enfant à niveau via des cours privés AVANT l’entrée en école. Pour choisir le degré de l’enfant, ils vont le tester sur son niveau de math et d’anglais en plus de regarder son âge.

 

 

Etape suivante, les procédures d’inscriptions vont varier selon si on a un enfant qui va rentrer en P1 – auquel cas on suit les procédures standardisées du MOE –  ou s’il prend l’école en cours de route, comme Heidi – auquel cas on a 2 chemins qui s’ouvrent à nous: 

 

 

1. Contacter l’école de notre choix directement ( comprendre plus réalistement toutes les écoles des environs voire plus) et déposer le dossier dans le cas où ils ont potentiellement de la place, prier, et voir son enfant se faire convoquer pour un examen qui déterminera son niveau pour voir où il le prenne exactement.

 

2. Participer à l’AEIS

 

L’AIES qu’est-ce que c’est? C’est l’admission exercise for international students

 

C’est le concours d’entrée annuel – enfin techniquement bisannuel – pour l’intégration en école locale à Singapour.

 

Ici vu le stress d’Heidi à ne pas savoir à quelle sauce elle est mangée, quand j’ai réalisé qu’elle serait sur liste d’attente sur la plupart des écoles du quartier – quand bien même on était garanti d’avoir une place au final dans l’une ou l’autre… On a décidé de passer par l’AEIS et laisser le MOE gérer toute leur cuisine interne d’inscription sans plus avoir à s’en mêler au delà de se présenter le jour J pour le test.

 

Et…

 

La suite au prochain épisode 😉  Bonne journée!

 

En lire plus:  MOE – international students admission

 

—-

 

*Note qu’à parler de pression hors du commun, le LFS et son statut de grande école parmi les lycées français, faut pas croire, c’est de la pression aussi…  Il y a même certaines rumeurs – fermement démenties – selon lesquelles le 100% de réussite au Bac dont ils sont fiers serait aidé par le fait que les parents de jeunes en difficultés qui pourraient risquer de ne pas avoir leur bac, seraient apparemment encouragés à rapatrier le jeune en France.

 

**Outre les résultats récurrents de la fameuse étude PISA  qui donnent une image raisonnable de la qualité de l’enseignement public,  la réalité c’est que dans la région des parents aisés de pays voisins se battent pour mettre leurs enfants même dans la plus pourrie des écoles publiques singapouriennes dont le rapport qualité- prix est sans comparaison face à ce qu’ils trouvent dans leur pays dans le public et le privé!