bla bla quotidien

Superchéri est rentré en avance…

Bon il est temps de vous le dire…

 

 

ma « petite » tuile n’était pas exactement si petite que ça…

Mais comme c’était pas directement ma tuile, mais celle de Superchéri – que je voulais pas me contenter de déverser mon angoisse, et mon impuissance mais aussi pouvoir redonner des news concrètes – j’ai attendu quelques jours – et sa bénédiction – pour en parler ici.

Donc depuis 15 jours, les tribulations de mon chinois en Chine suivaient leur court, il enchainait les randonnées sur les plateaux tibétains ( ceux qui ne sont pas dans le Tibet proprement dit, mais dans le Sichuan et le Yunan) Il a fait des cols jusqu’à 4700m d’altitude, campait, le tout dans des conditions parfois extrêmes… mais il était complètement emballé par le déroulement de son aventure.

Et puis vendredi en cours d’après-midi le SMS que tu veux jamais recevoir quand tu as ton conjoint en voyage à l’étranger: «  chute du cheval, épaule détruite, 3h de trek , 3h de route jusqu’à l’hôpital, te tiens au courant »

Faut voir que vu la rareté du réseau par là-haut, les sms passaient mais je ne pouvais pas appeler…

Tu vis des heures dans l’angoisse absolue du manque d’information…

C’est un de ces moments ou tu te prends de plein fouet l’isolation de ta famille, les heures de décalage horaire

 

merichan_photos_maquette_mt_alvernia_10_10

 

Pendant ce temps en Chine…

Superchéri a eu de la chance dans son malheur: il a chuté à un moment du trek ou faire demi-tour n’était pas une sinécure, mais pas aussi gênant que ça l’aurait été une heure plus tard. Il a chuté au moment ou une autre colonne passait avec un médecin dans le lot, laquelle lui a donné des contre-douleurs et a fait un bandage de fortune pour son bras, ce qui lui a permis d’affronter les 3h de trek relativement sereinement.

Un autre marcheur parlant anglais et qui allait dans la même direction est descendu en même temps que lui et lui a fait la conversation pour le distraire.

Ce marcheur lui a confirmé que tant qu’à tomber il était tombé au bon moment, car une heure plus tard il était à 5000m dans des conditions météo de m*&%ç*

Et non, quand on fait de la haute montagne dans ces pays, il n’y a pas de Rega – ou autre secours en montagne – près à décoller pour aller sauver les randonneurs accidentés… on redescend par ses propres moyens!

3h de voiture ensuite, sur des routes accidentées, principalement de la terre et des cailloux, depuis le village qui était le camp de base, pour rejoindre Daocheng et le premier hôpital.

3700m d’altitude, un hôpital sans chauffage et sans guère de matériel – le compagnon de route chinois de Superchéri avec lequel il avait organisé son trek était presque étonné qu’ils aient un appareil pour prendre des radios – Un médecin surréaliste, la clope au bec pendant l’intégralité de la consultation.

Et un verdict qui tombe: la tête de l’humérus est cassée, il va falloir opérer, il faut qu’il rejoigne un centre urbain pour s’en occuper, ils n’ont pas les moyens de faire ça à Daocheng.

Centre urbain pour centre urbain… il lui est conseillé d’aller dans une grande ville, donc à ce stade-là ça ne change plus grand chose de rentrer jusqu’à Singapour… reste à organiser le retour.

La journée du samedi est passée sur la route entre Daocheng et Zhongdian… les routes sont toujours aussi catastrophiques, un mélange d’éboulements, de glissements de terrain et de travaux publics ( parce qu’en Chine quand ils refont une route, ils ne se préoccupent pas de l’accessibilité pendant les travaux )

Arrivé à l’aéroport de Zhongdian, lui trouver de la place sur le premier vol du lendemain pour Kunming, et changer son vol retour Kunming- Singapour, tenter d’organiser l’assistance, sachant que comme il change de compagnie entre les deux vols, et qu’il va devoir récupérer ses bagages pour les réenregistrer ça va être coton, et que par principe ils t’expliquent que l’assistance peut pas l’aider à faire ça…

Ils se posent pour la nuit à Zhongdian, on est à un peu plus de 24h de l’accident.

Pour la première fois il a une connexion réseau mobile et wifi correcte, donc on arrive enfin à se parler.

Pendant ce temps-là à Singapour, j’ai passé ma journée du samedi à me maudire de ne pas avoir compris comment fonctionnait notre assurance maladie – d’où le billet blog – et à essayer d’organiser la prise en charge de son retour…

Soit déterminer avec l’aide de notre généraliste où je devais l’emmener aux urgences pour qu’il soit pris en charge par un bon orthopédiste.

Le tout en essayant de cacher la nouvelle à Heidi le plus longtemps possible. J’ai pu le faire jusqu’à 14.00 et le téléphone retour du généraliste qui me donnait le nom de l’orthopédiste contacté et la marche à suivre à l’arrivée. Téléphone qu’elle a entendu et la valse des angoisses et des questions a commencé.

Une fois que c’était organisé ne restait plus qu’à attendre dimanche en fin d’après-midi

Dimanche Lovely Nounou reste avec nous, elle a renoncé spontanément à son dimanche… ce qui me permet de me concentrer sur les préparatifs de retour…

Trouver de quoi refaire un bandage de fortune, parce que celui fait par le toubib de Daocheng est en train de tomber en miettes, penser à des petits détails comme lui racheter des trainings parce qu’avec sa main droite hors service c’est vachement moins pratique de devoir enlever des pantalons…

On va le récupérer à l’aéroport, on passe par la maison. Il en profite pour se changer – il porte toujours les habits qu’il avait lors de l’accident et ils ne sont pas vraiment adaptés au climat – On se résout à découper son polo… un polo sport high-tech avec le prix qui va avec… mais il colle au corps et l’enlever c’est juste une douleur insoutenable ( Superchéri comprend d’ailleurs soudainement pourquoi le toubib à la clope de Daocheng a fortement résisté à l’idée de faire le bandage sans le pull… )

On débarque un peu plus tard aux urgences de Gleneagles, où ils appellent l’orthopédiste…

Pendant qu’on attend on y croise une jeune fille tombée de cheval, ce qui fascine les urgentistes… d’autant plus que Superchéri et la jeune fille sont jumeaux de fracture.

On y croise la maman d’un camarade de classe d’Heidi, là avec l’un de ses autres enfants, je lui prête mon pashmina pour ce dernier, qui comme toute personne qui débarque en manches courtes dans un hôpital singapourien crevait de froid. Je l’avais pris en réserve mais je n’avais finalement pas besoin parce que j’avais pris la précaution de mettre des manches longues, donc autant qu’il serve à quelqu’un.

Superchéri refait une radio…

Il n’a pas pu prendre sa radio chinoise avec – les urgentistes singapouriens avancent que c’est lié à la qualité du film, qu’il se serait probablement dégradé au point de fondre… – le temps que l’orthopédiste arrive.

Une belle radio nette cette fois, et de l’incertitude… faut-il opérer ou laisser faire la nature? L’image est paradoxalement pas si explicite…

Le rendez-vous est donc pris pour un scanner le lendemain, histoire d’en avoir le coeur net. Un nouveau bandage et une meilleure couverture anti-douleur plus tard, on rentre à la maison pour la nuit.

Lundi retour à Gleneagles pour le scanner, puis rendez-vous avec l’orthopédiste en fin d’après-midi.

Le verdict du scanner est implacable: le déplacement d’une des éclats de la tête de l’humérus nécessite une opération. Au moins pas besoin de se prendre la tête à choisir, nous, s’il veut ou pas l’opération!

L’occasion de se dire dire avec un sourire que le toubib de campagne avec sa clope au bec et sa radio floue avait raison… comme quoi! C’est pas parce qu’ils sont médecins dans des coins perdus, à faire tourner la boutique avec 3 bouts de ficelles qu’ils ne sont pas d’excellents médecins, au contraire!

– La personne qui a le plus montré de compréhension explicite de ce qu’a vécu Superchéri c’est Lovely Nounou. De toutes les personnes auxquelles nous avons raconté les tribulations de sa prise en charge, c’est celle qui visualisait le mieux les heures de voiture pour trouver une bonne prise en charge médicale –

La suite c’est l’attente la journée du mardi…

Et mercredi matin entrée à l’hôpital pour opérer.

L’opération s’est bien passée!

Reste maintenant la convalescence…

On va s’en souvenir de ses plateaux tibétains! ( et le pire c’est que ça l’a même pas vacciné… il ne parle que de la prochaine fois qu’il pourra y retourner! )

Sur ce je vais aller lui faire un petit coucou – avant sa sortie plus tard aujourd’hui-

 

Je vous souhaite une bonne journée!

 

p.s. la photo? c’est parce qu’il a été opéré à Mt Alvernia, l’hôpital sous nos fenêtres, et que du coup on a vu en passant par les admissions la maquette de ce que va devenir le parking en travaux… ça va être beau hein…

 

Share