Aujourd’hui c’est un de ces jours

 

Ces jours où je dois tout planifier, la moindre dépense d’énergie, étouffée par la peur de trop en faire

Ces jours où la moindre chose à faire entraine une poussée de désespoir tellement la fatigue est intense

Ces jours où la natation devient une obligation, une corvée pour maintenir un semblant de normalité dans ma vie

Ces jours où m’enfiler dans la piscine est un moment de lutte,

Lutte contre l’envie de me laisser aller et de ne pas le faire – céder à la fatigue-

Lutte contre les douleurs des articulations qui souffrent de ce que je leur inflige,

Lutte enfin contre cette frustration à me voir boire la tasse au milieu d’une longueur, à me voir manquer mes mouvements…

Faire mes longueurs en dépit de l’épuisement.

 

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Ces jours où je rage parce qu’une fois de plus je dois faire des concessions et laisser une place à la maladie dans ma vie

Ces jours où je panique parce que je dois remettre à demain, alors que je ne sais pas non plus comment je vais assumer demain

Ces jours où j’en ai ras-le-bol de me battre encore et toujours contre mon corps

Ces jours où je fantasme d’une vie plus simple

Ces jours où je fantasme d’une baguette magique qui me ramène à d’autres temps, où l’énergie se faisait moins élusive

Ces jours où je fantasme d’une baguette magique qui efface ces muscles qui me trahissent et cette fatigue qui me poursuit.

J’en parle plus tellement – j’en avais parlé nettement plus au début de nos années d’expatriation, à Hong Kong où les problèmes avaient atteint des sommets heureusement jamais retrouvé depuis, qu’il faut d’ailleurs que je finisse les archives… – mais la bataille contre mon corps et ses faiblesses continue encore et toujours… dans l’arrière-plan. Comme une mélodie qui en devient un bruit de fond, qui de temps en temps parasite un peu plus le paysage.

J’en parle plus tellement parce que la plupart du temps je suis en paix avec ce corps qui est ce qu’il est, et ce que la vie ma laisse malgré tout l’opportunité de faire.

J’en parle plus tellement parce qu’exposer sa souffrance, se plaindre c’est tronquer la réalité autant que ne jamais en parler… c’est qu’un tout petit aspect de ma vie.

Mais aujourd’hui, il avait envie de se faire entendre… parce que purée qu’est-ce qu’il essaie de prendre plus de place dans ma vie ces jours…

Et qu’exprimer la frustration qui remonte intacte, c’est aussi un moyen de me battre contre.

Bon bin c’est pas tout ça, mais le moment de philosopher touche à sa fin, faut que je monte au lycée chercher mademoiselle Heidi 🙂

Bonne fin de journée!

 

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