au Japon

Un an au Japon, épisode XII

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Coucou du lundi!

 

Côté vie de tous les jours, c’était la rentrée scolaire ce matin, pour la dernière ligne droite de l’année. On espère que les heures passées à faire des maths durant ces vacances auront portés leurs fruits.

En attendant pour moi c’est surtout une chance de reprendre des rythmes de travail plus régulier, au vu de la structure que les horaires d’école imposent à mon quotidien – si seulement j’arrive à me motiver parce que le fond de tendinite que j’ai entre la nuque et les épaules c’est pas terros pour envisager les heures sur le clavier!- je vous livre donc le douzième épisode de la série sur le Japon.

 

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Bonne lecture et bonne journée!

 

Les deux gros trucs qui se sont passés en décembre…

 

 

Comme je le disais en forme de teaser dans l’épisode précédent, mon mois de décembre a plus particulièrement été le théâtre de deux événements.

Le premier mi-décembre a failli avoir des conséquences tragiques.

 

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Trainassage au lit ce matin… j’en profite quand je peux… faut dire que tant que c’est devenu mon habitude le matin de ne pas sortir plus que le volume de mon corps nécessaire pour atteindre le bouton d’allumage du chauffage, de me ré-enfourner sous le duvet ( enfin les deux duvets) et attendre que la température de la chambre soit décente pour me lever… Et le dimanche… je fais pas l’effort d’étendre le bras… le plus longtemps possible!!

Journée tranquille… jusqu’en milieu d’après-midi… départ pour la fête de Noël de l’Aikido!! On a de nouveau passé une super fête… Bien rigolé, même si j’ai essentiellement pas bu… moins besoin de mentir comme ça. Ceci dit, ils m’ont laissé y aller… faut donc bien croire qu’ils m’ont cru la première fois…

En début de soirée, une petite frayeur… je rentre… plus de tapis chauffant sous la table sur salon… il a court-circuité… flamme et compagnie… heureusement Aki était juste à côté et a pu tirer la prise tout de suite…

Bon par contre du coup Otosan et Okasan ont peur d’en racheter un… et on se les gèle au salon… même s’ils ont approché le chauffage portable en contrepartie.

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L’événement du jour… putain j’arrive pas à réaliser… est en fait un événement de la veille… j’ai des frissons rien que d’y penser… d’autant plus que ça a failli être la réalisation d’un rêve que j’ai parfois ces temps…

Aujourd’hui j’ai eu un téléphone de la Suisse… maman voulait me prévenir, pas que je m’inquiète… l’appartement a brûlé… dimanche matin à 7h00 heure suisse… donc presque à la même heure que le tapis du salon a pris feu ici…

La télévision de maman a implosé, elle a été réveillée par les flammes, il a fallu sortir tout le monde de l’appartement, appeler les pompiers depuis chez les voisins. ils ont eu de la chance il n’y a que des dégâts matériels, mais l’appartement est inutilisable, probablement pour plusieurs semaines. Beaucoup de choses vont devoir partir à la poubelle… j’avoue que du coup j’ai la trouille pour mes affaires… que vais-je retrouver en rentrant?

Elle va me redonner des nouvelles sur les prochains temps, mais une chose de sûre… plus d’emails ou moins facilement, vu que l’ordinateur a fait partie des trucs qui ont brûlé.

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J’ai passé une bonne partie de la journée à ressasser le téléphone d’hier avec ma mère. Le truc qui passe le plus mal, c’est la culpabilité de me dire que j’en ai rêvé… qu’il leur arrive quelque chose et que je reste à tout jamais. C’est un fantasme irréaliste, je le sais, on me laisserait pas rester pour autant…

Mais c’est surtout la réalisation culpabilisante que j’ai bien failli être exaucée. Je me sens du coup comme une merde…. le risque inhérent à souhaiter quelque chose, même inconsciemment, je suppose.

Et oui, le 13 décembre 1998, il s’en est fallu de peu pour que je perde au moins ma maman – voire carrément le reste de ma famille – flippant hein! Ça a été d’autant plus dur de gérer mes envies de ne pas revenir, qui s’exprimaient assez graphiquement la nuit.

L’incendie est une de ces pièces de nos vies respectives – entre ma famille et moi- qui reste complètement disjointe. Ils ont perdu les photos de ce qu’ils ont vécu durant mon année d’absence – c’est heureusement les seules archives photos qu’ils ont perdu- Ils ont vécu des semaines en meublé, je suis la seule à ne pas avoir vécu ces semaines de près, les semaines où ils étaient entassés les uns sur les autres, en mode de camping.

Je vivais dans ma souffrance – celle de partir bientôt -, eux dans la leur, et d’autant plus que la communication était plus compliquée du fait de la perte de l’ordinateur familial, ces dernières semaines avant mon retour, on s’est soudain retrouvés plus que jamais à des années-lumières.

Ma mère se battait avec la régie, les assurances pour faire en sorte que les travaux de rénovation soient effectués le plus rapidement possible…

Elle a mis une énergie impressionnante dans le fait de rétablir ma chambre, un truc que je ne suis pas sûre d’avoir apprécié à sa juste valeur lors de mon retour.

A mon retour mi-février j’étais la seule dont la chambre avait l’air quasi exactement de ce qu’elle était avant, aux murs blancs près, parce qu’évidemment tous mes posters avaient été perdu dans l’histoire!

Le second gros truc de mon mois de décembre est heureusement plus joyeux: c’est nos vacances en famille en Malaisie – plus précisément à Langkawi – puis à Singapour.

1227-30 Langkawi

 

 

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Des vraies vacances à la japonaise… incluant les séances photos à la sortie de l’avion, et les visites qui s’enchainent!

On avait un programme dense évidemment: ferme de crocodiles, marchés, parc naturel marin – où on avait nourri les fameux requins roses, traduire les requins de récifs à pointe noire, qui proches de la surface à la lumière du soleil ont effectivement une tendance à avoir l’air rose, dans la mêlée il y a un requin qui m’est passé entre les jambes, je dois dire que 14 ans après je m’en souviens encore comme si c’était hier… –

 

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On courait du matin au soir, d’une activité à l’autre, et j’étais sur les genoux – j’étais pas la seule ceci dit, sauf que le japonais est entrainé: il dort dès qu’il peut dans les transports, ce qui était pas mon cas! –

 

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Mais dans mes souvenirs les plus intenses, y’a ces moments de stupéfaction absolue des européens que je croisais et qui se demandaient ce que je fichais au milieu de japonais.

Les plantations d’Hévéa:

 

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la visite de la maison traditionnelle:

 

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Mon moment de trip absolu face au Birchermüesli du buffet petit-déjeuner. Je me suis re-servie trois fois, mes japonais ont vaillamment goûté et m’ont regardé avec la même perplexité empreinte de dégoût que la plupart des occidentaux face à du natto!

C’est ma première rencontre avec des macaques à longue queue – et je vous assure qu’ils étaient nettement plus timides à l’époque que ce qu’ils ne le sont de nos jours- lors de la visite du pregnant maiden lake – qui n’avait pas tous les aménagements actuels –

 

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Et la baignade dans le lac dont j’ai allègrement profité!

 

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C’est le coup de soleil de ma vie pour cause de différence de taille de maillot de bain: 3cm de peau toute blanche, et donc moins protégée de ce soleil des tropiques que je testais pour la première fois, qui a gardé par la suite sa teinte pendant près de 2 ans.

C’est nourrir ces bébés requins pointe noire – à l’époque ça m’avait bien plus fasciné que le snorkeling et observer des poissons-clowns dont je ne savais pas encore que ce que c’était.

Je crois que mon coup de coeur pour Bornéo presque 10 ans plus tard a pris racine dans ce Langkawi aujourd’hui disparu, Bornéo ressemble pas mal au Langkawi que j’avais vu: les marchés bigarrés, beaucoup de maisons traditionnelles, peu de développement encore – par rapport à aujourd’hui –

 

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1230– 11 Singapour…

Un pèle-mêle des deux jours vu qu’écrit après coup…

Comme la Malaisie, je suis la seconde de la famille à visiter le pays… Dad y avait été avant moi en business trip, enfin sauf que lui avait surtout vu l’aéroport en transit!

On arrive à Singapour en business, on a été reclassé… trop la classe, la première fois de ma vie que je vole en business class… y’a quasi de la place pour mettre 2 moi!

Premières impressions de Singapour une métropole mais tellement verte… il fait pas spécialement beau, mais il y a des arbres partout… le mélange de la forêt vierge et de la ville. on a un hôtel pas trop loin de Orchard Road, LA rue de Singapour… les Champs-Elysées ou la rue du Rhône locale.

 

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– au pied de Shaw House, en train justement de profiter d’une pause shopping dans ce qui n’était pas encore un MacCafé, et oui je lis un des livres mentionnés ci-dessous-

 

On a quelques visites au programme: on visite un grossiste en bijou… je craque complètement sur une paire de boucles d’oreille en or… je négocie finalement de me faire avancer l’argent par Otosan et je le rembourse avec l’argent qui me reste de côté en rentrant au Japon. Un grossiste de sac à main en peau de crocodile. On fait quelques visites en ville, notamment le Merlion… symbole de Singapour et le jardin botanique, qui abrite une des plus belles collections d’orchidées au monde.

 

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Vu la passion d’Okasan pour les fleurs, le National Orchid Garden c’est un arrêt obligatoire, et il faut bien reconnaître que c’est splendide.

 

 

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Mais mon moment de paradis à moi… c’est le passage en librairie… la plus grande librairie que j’ai jamais vu… un rayonnage entier de livres à l’eau de rose… ils ont quasi tous mes auteurs préférés complètement en stock… J’achète 3 livres… une orgie!

J’avais jamais un bouquin de cette taille en anglais… qu’à cela ne tienne… je vais les lire et les relire jusqu’à les comprendre… de toute façon après bientôt 11 mois sans un passage dans une vraie librairie… que le fait de pouvoir acheter quelque chose dans une langue que je peux au moins déchiffrer…. c’est juste un orgasme à l’état pur.

En plus… j’obtiens dans les moments shopping des moments de liberté… va savoir pourquoi… je crois que personne ne partage ma soif des rayonnages de bouquins en anglais… je me balade toute seule pendant un moment, on se retrouve à l’hôtel.

Le 31 décembre est tout aussi atypique que l’a été Noël… on est tellement étourdis de fatigue qu’on se branche sur NHK, qu’on se souhaite la nouvelle année à minuit heure du Japon… et qu’on s’effondre pour dormir… il est donc 23h, heure locale.

Un des trucs super marrants avec mon séjour, c’est que j’ai un souvenir précis du Marriott, de Wheelock House et de Shaw House, mais aucun de Ngee Ann City – alors que selon toute vraisemblance j’ai marché devant aussi!

Autre exemple: je me souviens visuellement du télécabine – on le devine en arrière-plan de la photo- qui relie Mt. Faber à Sentosa MAIS j’ai aucun souvenir du Mt. Faber, alors que visiblement j’y étais:

 

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– C’est fou comme Sentosa a changé hein!, ceci dit le papa Merlion était déjà là, dixit Heidi soulagée après avoir étudié la photo!-

Ces 2 jours à Singapour, c’est une part de mon attachement à la cité du Lion, à vivre ici je suis plus proche d’un part de mon passé, un peu comme si une boucle s’était refermée quelque part…

La suite au prochain épisode… l’heure de se dire adieu…

 

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