au Japon

Un an au Japon, épisode XI

Share

Coucou du jeudi!

 

Les vacances battent toujours leur plein mais il fait relativement souvent MOCHE – traduire gris et pluvieux mais sans la température qui va avec en Suisse quand on voit ce genre de temps- donc c’est une bonne excuse pour laisser fille chérie s’éclater à démonter sa chambre euh jouer calmement avec ses jouets!

Et de s’époumoner sur Jennifer Lopez dans sa chambre – porte fermée – avec sa meilleure copine: j’ai nommé Lovely Nounou que j’hésite entre à jalouser pour cette relation quasi BFF avec ma fille ou à proposer pour la prochaine vague de béatification justement pour cette relation quasi-BFF avec ma fille.

 

merichan_photos_kyoto_nov_1998_12

 

Et du coup je m’occupe de l’épisode suivant de cette année au Japon…

 

 

Séjour éclair à Kyoto

 

Juste après mon retour d’Iida, je pars avec Okasan pour Kyoto. Je sèche l’école pour ça, vu que techniquement nous y sommes allées un jeudi-vendredi!

Faut croire que j’étais clairement pas la seule à sentir monter la pression du départ!

1126-27

Nous sommes parties Okasan et moi relativement tôt en direction de Kyoto, en train… parait que c’est la galère en voiture. Je soupçonne aussi Okasan de ne toute façon pas vraiment vouloir vérifier ça, elle est nettement moins à l’aise au volant qu’Otosan.

On restera dans une petite auberge dans la vieille ville de Kyoto, dans la lizière du quartier de Gion, où sont les Geiko.

Une petite leçon d’histoire, de vocabulaire et malheureusement – enfin pour certains qui ont toujours cet air exalté quand on parle de Geisha – de remise en question de certaines images d’Epinal s’impose…

Gion ( prononcer Guionne grosso modo) est un quartier qui historiquement s’est développé dans le but d’accueillir les voyageurs et les pèlerins qui se rendaient aux temples. Petit à petit il a évolué pour devenir le plus grand et le plus reconnu des quartiers de Geisha du Japon.

Mais attention, même si leur côté secret, nos regards et fantasmes d’occidentaux et quelques romans bien ficelés ont tendance à nous le faire croire, une Geisha n’est pas une prostituée…

L’association qu’on a tendance à faire en occident, vient selon toute vraisemblance des GI américains, qui évidemment ne voyant pas trop la différence, ont pris l’explication des prostituées se décrivant comme des Geisha girls pour argent comptant ( alors que légalement les Geisha n’avaient pas le droit de se prostituer et vice versa pour les prostituées, les deux métiers étaient strictement séparés et réglementés)

C’est une artiste, une fille qui a passé par des années d’entrainement intensif pour tous les arts – musique traditionnelle, danse, cérémonie du thé, etc. – et à Kyoto on ne parle pas de Geisha…

Il y a les Geikos – enfant de l’art littéralement- qui sont confirmées et portent un costume discret, sans le maquillage blanc qu’on associe nous avec les Geishas – Elles le restent aussi longtemps qu’elles ne veulent pas se marier. Une Geiko se doit d’être célibataire – même si elle est tout à fait libre d’avoir une vie amoureuse – et si elle veut se marier elle doit quitter la profession.

Et leurs apprenties, les Maikos ( prononcer mayuko plutôt). Autrefois elles étaient souvent vendues dans l’enfance aux maisons, aujourd’hui elles commencent leurs apprentissages entre 15 et 18 ans selon les régions du Japon.

On ignore leur nombre exact, on sait juste que c’est une profession devenue rare dans le Japon moderne. La demande a baissé, de même que l’enthousiasme pour une profession ou les sacrifices et les exigences très élevées: être Geiko demande la même discipline et endurance que n’importe quel sport ou art de haut niveau.

Pour en lire plus… wikipedia bien sûr 😉 – les articles en anglais étant bien entendu plus complets et plus précis que ceux en français!

Ils disent merci bizarre ici: Okini…

Mais Gion c’est juste fantastique: on a l’impression, à part pour les hordes de touristes, de quitter le Japon moderne.

Première activité du jour, on a été visité le temple au pavillon d’Or, Kinkaku-ji.

 

merichan_photos_kyoto_nov1998_4



Et là j’ai vraiment compris pourquoi est-ce qu’Okasan voulait me montrer Kyoto maintenant. L’avalanche de couleurs des feuilles d’automne, au milieu de ces jardins zen… c’est une symphonie… je sais pas comment dire autrement… superbe… Et les jardins zen, tu t’y prends comme tu veux mais impossible de rater une photo là-bas, la difficulté c’est juste de ne pas avoir 36 touristes sur ta photo… parce que du monde il y en a!


merichan_photos_kyoto_nov1998_2

merichan_photos_kyoto_nov_1998_01

 

 

merichan_photos_kyoto_nov98_1

 

Le pavillon d’Or est beau, mais je dois avouer qu’il me fait pas autant d’effet que le jardin… je ne me lasse pas de ces couleurs!

 

merichan_photos_kyoto_nov1998_3

 

merichan_photos_kyoto_nov_1998_06

 

merichan_photos_kyoto_nov_1998_07

 

Okasan m’emmène ensuite dans la forêt de bambous… Mon dieu… les bambous font 50 bons mètres de haut, épais comme des troncs d’arbres, je suis sans voix… J’aurais jamais imaginé qu’un bambou devienne aussi grand! Elle me montre que si sur un lac ou un étang on fait un ricochet… on peut aussi en faire dans une forêt de bambous géants… c’est du plus bel effet.

 

merichan_photos_kyoto_11_1998_04
En cours d’aprem, on retourne dans l’auberge… et la seconde partie de la journée commence… elles me transforment en Maiko… vu que c’est comme ça qu’on dit pour une apprentie geisha…. qui sont d’ailleurs les seules habillées aussi voyantes, extravagantes…

 

merichan_photos_kyoto_nov_1998_11

 

merichan_photos_kyoto_nov_1998_13

 

 

Y’en a bien pour une heure, entre le maquillage et les multiples couches à d’habits à empiler… difficile de me reconnaître à la fin de l’opération! On me sort ensuite devant l’auberge et un petit tour dans la rue avoisinante pour quelques photos en situations… je dois faire de tous petits pas, en rentrant bien les pieds vers l’intérieur… paraît que c’est comme ça qu’on a la bonne démarche!

 


merichan_photos_kyoto_nov_1998_14

 

merichan_photos_kyoto_nov_1998_17

 

merichan_photos_kyoto_nov_1998_19

 

Après reste plus qu’à reprendre apparence humaine, et on va se promener dans Gion… avec l’espoir secret d’en croiser des vraies de Maiko, en route pour leur soirée de travail… et ce sera chose faite… aperçu furtif au détour d’une rue… seul le souvenir en restera… après tout je me sentais voyeuse de tenter la photo…

 

merichan_photos_kyoto_nov_1998_20

 

merichan_photos_kyoto_11_1998_05



Le lendemain, on est allé à Nara, une ville proche… la toute première capitale fixe du Japon si j’ai bien suivi ce qu’Okasan m’a expliqué. De nouveau des tonnes de touristes, des arbres de mille couleurs ( mais ça comme la veille je m’en lasse pas!)


merichan_photos_kyoto_11_1998_06

 

merichan_photos_kyoto_11_1998_07

 

A part les nuées de cerfs qui vadrouillent librement dans le parc et le temple… le plus impressionnant c’est clairement la statue de Buddha, le daibutsu… il est juste gigantesque… et le temple qui le contient d’autant plus… Ai tenté de faire quelques photos ou on prend la différence de perspective… on verra ce que ça donne.

 

merichan_photos_kyoto_11_1998_08



Sinon j’ai acheté des souvenirs… le plus beau c’est j’ai trouvé un set à saké érotique pour dad’ à défaut des petits verres habituels… Okasan était un peu embarrassée… mais je suis sûre que dad’ sera mort de rire quand il le recevra!

 

merichan_photos_kyoto_11_1998_12

 

merichan_photos_kyoto_11_1998_13

Ensuite on s’est gentiment mises sur le chemin du retour… déjà!

En tout cas c’était un superbe moment… j’adoore Okasan et Otosan de m’avoir permis de faire cette visite!!

 

On arrive gentiment au mois de décembre, le froid se fait de plus en plus intense.

Mes copines de classe sont juste atterrées par mon manque de résistance au dit-froid ( mes diverses tactiques pour le contrer je vous en parlé dans l’épisode 9, les font rire sans fin), après tout je viens de Suisse!! Ouais peut-être bien que je viens de Suisse!!! Mais on a le chauffage central nous!!

Le départ se fait aussi sentir, et dans cette urgence de TOUT faire, on se retrouve avec mes parents d’accueil à 100%.

Otosan voit soudain mon envie d’accumuler le plus grand nombre possible de CD avant mon départ non plus comme une dépense inutile de mon argent, mais comme une volonté de conserver un lien:

Il a enfin compris mon obsession de rentrer avec un max’ de CD et il m’a proposé une solution qui satisfait ses normes d’économie… Il me fait des copies de tous les disques qu’il emprunte!

C’est bien le Japon ça, d’avoir encore des discothèques… je me souviens vaguement que Dad empruntait des disques quand j’étais toute petite, mais ça fait longtemps qu’on ne trouve plus ce genre de choses en Suisse.

Du coup j’ai l’album de Kiroro… et il m’a promis de me faire tous les autres albums qui m’intéressent dans ceux qu’il emprunte d’ici à mon départ!!!

Entre l’Aïkido – dont je fais aussi la soirée de Noël, faut croire que mes mensonges sur ma non-consommation d’alcool ont porté leur fruits vu que ma famille d’accueil m’a laissé y aller – les visites chez des amies dont Kanako – qui va partir avec l’AFS et que j’ai rencontré pour la première fois au camp d’été et revu plusieurs fois depuis

Les diverses rencontres de Noël de l’AFS avec ma marraine, avec le chapter de Nagoya – fête où l’on tire tous une tronche des mauvais jours. On est tous en train de compter les jours, renvoyer nos affaires excédentaires, le seul réconfort est dans le fait qu’on partage tous la même souffrance.

L’ambiance est un poil surréaliste, je peine à voir l’avent qui se déroule et Noël qui approche. Je prends conscience du fait qu’ici ça ne signifie pas grand chose.

Je peine à garder un journal soutenu, comme si raconter chaque jour qui passe c’est leur donner une consistance plus réelle.

Décembre sera toutefois marqué par deux événements… ce sera le prochain billet!

Bonne fin de journée et à la prochaine!

blogEntryTopper

Share
Share