au Japon,  la miss

Un an au Japon, épisode VIII

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Coucou du dimanche!

 

Elle court, elle court la meri… et du coup elle peine à vous accoucher de ce huitième épisode de son année au Japon…

 

D’une part parce que le quotidien prend beaucoup de place

Heidi avait son camp au zoo – jeudi et vendredi- et comme toujours face à l’inconnu elle était ravagée d’angoisses et donc plutôt épuisante.

Pêle-mêle il a fallu les nuits à dormir dans son sac de couchage pour s’entrainer, le fait qu’elle finissait systématiquement dans notre chambre, lui répéter 150 000 fois que non elle avait pas le droit de jouer avec sa lampe de poche – histoire d’avoir toujours de piles le moment venu- dormir avec Koala dans notre chambre la nuit dernière, parce que tu comprends Koala elle a jamais été séparée de moi encore, alors si tu la laisses seule la nuit elle va pas réussir à dormir, essuyer les larmes face à ce drame existentiel profond qu’était le problème du doudou – sachant que chez Heidi ils se comptent en multiples et qu’elle n’en avait droit qu’à un-

La fois ou elle faisait pic et pic et colegram ( enfin elle le fait en anglais, mais c’est l’idée) entre Kalou et Koala et qu’à la fin de chaque truc elle redoublait de larmes parce que c’était toujours Kalou qui sortait gagnante et donc que c’était vraiment le signe qu’elle pouvait pas se passer de Kalou mais c’était tellement dur pour Koala, alors qu’elle manipulait sans le moindre doute possible l’issue de la chanson vu qu’elle arrivait sur Kalou quelle que soit la peluche dont elle était partie… reste parmi les moments d’anthologie

M’enfin comme elle l’expliquait elle-même elle avait pris sa décision et voulait y aller, c’est juste qu’elle se faisait du souci.

Du souci elle en a eu jusqu’à la dernière seconde – elle a hyperventilé pendant tout le trajet taxi pour la monter à l’école- et une fois au milieu de ses copines et sachant que le maître avait pris la charge de sa nourriture, hop c’était fini, elle s’est retournée sans un au-revoir et est partie avec ses copines.

 

La dernière image que j’ai eu d’elle, elle riait aux éclats.

 

Le camp s’est bien passé, elle est juste rentrée avec la preuve douloureuse que ses cheveux n’ont pas survécu au traitement antibiotique, ils sont devenus secs et cassants, chaque nuit elle crée des dreadlocks, J’ai passé deux heures vendredi à récupérer celle qu’elle a fait pendant sa nuit au zoo, histoire de ne pas couper plus que nécessaire.

Donc samedi il a fallu lui briser le coeur, et lui couper les cheveux… de ses cheveux aux fesses, il ne reste que des cheveux aux épaules. Ça lui va super bien aussi, c’était nécessaire, mais c’est un vrai deuil, à grand coup de pleurs de devoir sacrifier sa chevelure qui avait ENFIN atteint la longueur rêvée… et de d’un poil de rage parce qu’une de ses copines lui disait de se couper les cheveux «  et maintenant elle va croire qu’elle a gagné et que je me suis coupé les cheveux pour elle! » C’est compliqué l’enfance parfois…

Sinon moi, je continue de ramer physiquement, je me bats pour ne pas perdre de terrain – je maintiens la natation notamment- mais faut bien avouer que je me suis faite regarder avec des yeux de merlan frits par les copines de classe de fille chérie l’autre jour vu que je me baladais sur 3 pattes, ça fait que quand je me pose derrière l’écran, j’ai plus forcément l’énergie de faire un texte inédit, et que du copier-coller d’archives est un travail plus abordable.

Et puis – et quelque part c’est là la raison principale – je peine à réécrire ce billet disparu, parce qu’il touchait à des choses douloureuses…

Après quelques billets qui parlaient des événements magiques de mon été, j’abordais non seulement les hauts mais aussi des bas…

Un écho un peu douloureux dans une période où je rame…

 

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L’été se termine très polarisé entre les hauts et les bas, ce qui ne fera que s’amplifier durant l’automne…

 

Un peu comme s’il y avait deux séjours:

 

Celui où ma marraine AFS me prenait le week-end pour aller dans sa famille et au barbecue organisé par ses collègues de travail.

 

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Me retrouver à manger des nouilles au barbecue, regarder les plus jeunes pêcher des petits poissons – qu’ils rejettent au moment de partir- au filet.

En plus Mizuno parlait bien anglais: elle était marraine parce qu’ancienne AFS, aux états-unis, donc un plus grand débit de parole que d’habitude, vu qu’elle pouvait s’y retrouver dans mon japanglais quand c’était nécessaire.

Celui où il y avait le festival de fin d’été à l’école, chaque classe organisait des animations, et c’est notre classe qui a remporté la palme de la meilleure animation pour les secondes années! On avait ouvert un Noodle Shop 🙂

 

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– on avait bien entendu mangé dans notre udon shop ce jour-là –

 

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parmi les autres stands: l’Ikebana, l’art de l’arrangement floral

 

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La cérémonie du thé…

 

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Les cerfs-volants…

 

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Une autre classe avait mis au point un parcours de type cité des sciences…

bref, c’était super intéressant, et ça avait occupé une bonne partie des vacances d’été de ceux qui étaient les plus impliqués dans les projets respectifs de chaque classe.

Lequel festival terminait par un concert… avec un vrai groupe! De ces moments choc des cultures, c’est pas en Suisse qu’on verrait des animations pareilles.

Les anniversaires de mes soeurs d’accueil, elles ont les deux eu droit à un joli gâteau maison du même acabit que le mien 🙂

97 Joyeux anniversaire à Nao-chan… mais le truc c’est que le temps que je me lève ce matin, elle avait déjà disparu… j’ai donc du attendre le soir pour le lui souhaiter.

917 Aki est rentrée à quelque chose comme 20h00… et encore parce qu’Okasan avait sonné le rappel via le natel ( moi je trouve définitivement que c’est un piège ces bestioles) Elle a eu gateau et photo et quand je lui ai remis mon cadeau… il lui a fallu 3 minutes pour se remettre de son fou-rire!

L’anniversaire aussi d’une copine AFS, qui nous avait tous invités – les étudiants des environs – pour fêter ça. Je suis arrivée un peu plus de 40 minutes en avance à la gare terminus… Phillip un rien après moi! J’étais habillée avec ma longue jupe blanche vaporeuse… et avec mes jolies chaussures à lacets ( tachées de sang depuis le concert… mais ça se voit pas trop)

On avait tous apportés un cadeau, bien qu’Olivia ai assuré ne pas en avoir besoin… le plus drôle c’était celui de Phillip… un bric-à-brac pas possible… et une carte cadeau du McDo en remplacement de celle du 7 août à Nagoya. C’était sympa comme tout…. j’ai bouffé à ne plus savoir qu’en faire… tandis que Wanchan nous regardait… vu qu’elle avait des restrictions religieuses.

On est rentré tard… et c’est moi qui ai guidé les filles dans la gare, jusqu’au changement Meitetsu pour Lotte et moi, JR pour Wanchan et Gita… je suis arrivée aux environs de 20h30 à la maison.

– oui j’étais très fière de ma capacité à m’orienter en terrain « hostile », oubliez pas que même si on avait fait des progrès en déchiffrage, on restait encore à moitié analphabète face aux masses de panneaux en face de nous, et que nos familles d’accueil respectives n’étaient pas toujours très enthousiastes face à nos envies d’excursions en solo, donc que c’était parfois un stress considérable de rentrer seuls –

C’est les séquences karaoké avec Nariko – l’assistante de l’ORL.

C’est l’Aïkido où je m’éclate, les filles sont de plus ne plus nombreuses, les entrainements un vrai plaisir. Il faut dire qu’à l’Aïkido la plupart des gens n’ont pas conscience de mon âge, et me traite en adulte, ils me pensent à priori étudiante universitaire. C’est une bulle d’oxygène, dans l’optique ou il y a souvent un gros décalage entre mon coté réfléchi, introverti et la norme de mon âge ici… et qu’avoir l’esprit 17 ans j’y arrive pas tout le temps 🙂

C’est aussi du coup le temps que je passe avec Allison la prof-d’anglais-d’échange de l’école. Je suis invitée chez elle avec quelques autres filles pour une projection spéciale mouchoirs de Titanic – ce qui fait que je le vois alors que j’avais juré mes grands-dieux que JAMAIS je regarderais ce machin que toutes mes copines de classe en Suisse sont allées voir et revoir, à noter que ça a pas vraiment changé, j’ai toujours pas vu Avatar exactement pour la même raison – et à force de persuasion, j’ai même réussi à obtenir la permission pour aller dormir un soir chez elle – ce qui ne se fait pas vraiment au Japon 🙂

Et puis les bas, c’est essentiellement des soucis de santé…

Des allergies qui me poursuivent, qui font que tous les matins je me lève avec des séries de 15 à 20 éternuements ( dormir sur un tatami et allergie aux acariens ne font pas bon ménage, le kit de calligraphie qui moisit à cause de l’humidité et déclenche un départ de crise d’asthme quand je l’utilise non plus… )

Que je suis sans arrêt à bout de souffle, au stade ou je peine à faire la montée qui me ramène à la maison sur mon vélo et que je dois mettre pied à terre pour faire la montée en marchant.

– Ça à posteriori je vois gros comme une maison que l’essoufflement était en partie causé par ma première vraie poussée de problèmes musculaires, j’avais des coups de fatigue incompréhensibles, qui faisaient que j’avais mes quartiers à l’infirmerie de l’école, et que tous les jours ou presque quand je rentrais de l’école je finissais par faire une heure de sieste histoire de récupérer du trajet retour, mais sur le moment, évidemment on comprenait pas… comme j’avais des maux de tête, vertiges etc. on pensait à des crises de migraine étranges. On va dire que ça simplifiait pas non plus les relations avec ma famille d’accueil qui comprenait pas vraiment pourquoi je rentrais de l’école et vloum je disparaissais dormir une heure-

Des tests d’allergie confirment le problème et le fond d’asthme – à l’effort-

C’est des soucis avec la nourriture: j’accumule les indigestions, les brûlures d’estomac, je finis régulièrement avec des jours entiers ou je me nourris de riz blanc, histoire de manger quand même un peu…

La journée barbecue avec Mizuno par exemple, j’ai passé la nuit aux toilettes et pas mangé pendant 3 jours derrière.

A posteriori, vu les années de régime alimentaire, j’ai une bonne idée de ce qui se passait: mes allergies et intolérances alimentaires étaient déjà présentes depuis l’adolescence mais tenues en veille avec la façon dont j’équilibrais mon alimentation en Suisse. Le changement radical de régime alimentaire à manger à la japonaise ( plus gras, beaucoup moins de légumes et de fruits, presque aucun produit laitier – ce qui paradoxalement quand on est allergique augmente la visibilité de l’allergie, vu qu’on y est moins exposé- autant de choses qui s’accumulaient et produisaient ce désastre régulier.

Ça crée des tensions avec ma famille d’accueil, un peu perdue entre savoir ce qui est un vrai problème et éventuellement quelque chose de psychosomatique. On se retrouve aussi face à un gigantesque fossé culturel dans notre rapport à la maladie ce qui ne nous simplifie pas la vie. Ces moments où je déquille physiquement c’est les moments où j’ai le plus le mal du pays, où ma famille, ma MAMAN me manque le plus, où je rêve d’un médecin qui parle ma langue, et de ne pas me retrouver en consultation médicale à multiples à jongler entre un vocabulaire anglais qui n’est pas médical, un japonais qui l’est encore moins, et comme seule fenêtre vers le français un dictionnaire, pas idéal.

A chaque consultation – il a fallu faire le pneumologue pour les allergies respiratoires, l’hôpital pour les problèmes digestifs- on est à 3 voire 4, à tenter de se comprendre et de finir sur la même longueur d’ondes, c’est frustrant, paniquant.

Non parce qu’en japonais je me retrouve coincée avec l’équivalent de « j’ai mal au ventre » en guise de tout vocabulaire…

Ça m’épuise et me rend de mauvaise humeur, ce qui crée quelques drames supplémentaires, parce qu’en désespoir de cause j’appelle une fois ma marraine AFS pour aider au dialogue, lui expliquant que je suis fatiguée de tout ça, et vlam toute la république AFS se demande si je suis pas en train de leur péter un câble, et si je suis pas en train de leur demander de rentrer…

Téléphone arabe jusqu’en Suisse… et moralité dans les 3 jours qui suivaient j’avais ma maman au téléphone, un rien affolée à cause de l’effet téléphone arabe… elle avait eu de mes nouvelles via AFS suisse-romande, qui les avait eu de AFS Zurich, qui les tenaient de AFS Japon, qui les avaient eu de AFS Nagoya… du coup elle était persuadée que j’étais déjà hospitalisée… bref!

La pauvre elle avait passé presque 24h à pleurer, avant que mon papa la persuade de tenter l’appel direct à ma famille d’accueil.

Au final pour les soucis de digestion, je fais une gastroscopie, je termine avec un traitement contre les ulcères à prendre à chaque repas, et mes parents augmentent mon argent de poche histoire que je puisse utiliser une partie de l’argent pour acheter des fruits et des yaourts en suffisance ( plus de 10 francs suisses les 3 pommes on avait jamais vu ça! ) et retrouver une alimentation plus proche de ce que j’avais en Suisse.

A bientôt pour le prochain épisode 🙂
Bonne fin de week-end!

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