au Japon,  la miss

Un an au Japon, épisode IX

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Coucou d’un lundi de vacances scolaires!

 

Bon bin, les vacances tant attendues par Heidi sont là, l’occasion pour elle de récupérer – on l’espère- de cette fatigue qu’elle traine depuis l’épisode mycoplasme.

M’enfin sauf que là, elle a de nouveau le rhume, c’est un poil désespérant.

Les batailles pour la faire manger – elle n’a pour le moment pas récupéré son appétit d’avant le traitement antibiotique – histoire qu’elle ait assez d’énergie. Là je tente un remède de médecine chinoise pour voir si ça fait repartir son appétit.

Heureusement qu’elle ne perd pas son sens de l’humour légendaire ( traduire que lorsque je me suis effondrée de rire à sa déclaration elle a été fortement vexée) :

« QUOI! Tu veux toujours que je me brosse les cheveux le matin pour les démêler alors qu’ils sont tout court maintenant! »

Bin oui…

 

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Je m’installe derrière l’ordinateur un moment version parcours du combattant, à écrire entre deux interruptions, pour vous livrer l’épisode 9 de ma série sur le Japon. Note que au final j’ai été aidé dans le fait que Lovely Nounou me l’a prise avec pour aller faire ses courses à elle 🙂

Bonne lecture!

 

Typhon & autres aventures

 

 

En octobre, l’air de rien 7 mois de mon aventure se sont déjà écoulés, et je prends conscience d’être en train d’arriver dans la dernière ligne droite.

Et chose étonnante cette année, les typhons de l’année seront plutôt tardif.

 

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La saison des typhons au Japon s’étend de Mai à Septembre normalement. Chaque année une moyenne de 7 typhons vont toucher les côtes japonaises, pour la majeure partie d’entre eux vers le sud du Japon – plus précisément la région de l’île d’Okinawa –

Les japonais ont un système d’alerte bien au point – un peu comme à Hong Kong- et contrairement au reste du monde, qui généralement attribue des prénoms aux tempêtes, ils numérotent leurs typhons pour les différencier. En moyenne les typhons qui arrivent sur le Japon tard dans la saison sont plus violents.

Ça n’a pas manqué: mi-septembre on a eu une fermeture de l’école, et mi-octobre on en a encore eu un. Le plus gros est passé de nuit, j’avoue que personnellement cette nuit-là j’ai eu de la peine à fermer l’oeil.

Tout ça pour qu’en plus je doive me lever pour aller à l’école: le typhon a eu le mauvais goût de s’en aller pour le matin après m’avoir gâché ma nuit!

L’avantage là-dedans c’est que ça m’a sacrément immunisé pour le jour où je me suis retrouvée à Hong Kong avec ses pluies noires et ses typhons 🙂

Début octobre je fais enfin le speech qu’on m’avait annoncé que je devrais faire pour présenter mon pays – en images s’il vous plait, je suis très contente d’avoir suivi la suggestion de ma mère et d’avoir fourragé dans les photos de mon papa avant de partir… j’ai des photos de la statue de Guillaume Tell, de Lucerne, des glaciers… pour le plus grand plaisir de mes auditeurs.

 

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Toute l’école est là ce jour-là – 1200 élèves en face de moi heureusement que j’ai encore pas trop le trac! – et dans la foulée je suis invitée par une école d’enfants sourds pour refaire mon discours, avec la traductrice en temps réel – je suis nettement plus intimidée cette fois-là!

 

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Ma famille d’accueil – avec laquelle il y a quelques tensions quand on parle de santé, où de la quantité de travail scolaire que je fournis… toute ressemblance avec mon autre famille n’étant probablement pas une coïncidence, mais à laquelle je suis très attachée… – organise des vacances en Malaisie et à Singapour pour Noël, et ils me prendront avec! Je

Le premier effet concret: il nous faut aller à Toyohashi à l’immigration demander un re-entry permit. En effet le Japon ne pratique pas la libre circulation dans le cadre d’un visa valable. Si tu as un visa de travail, d’étudiant, tu dois demander un permis de re-entrée pour sortir du Japon SANS perdre ton visa ( alors que Hong Kong, ou Singapour, le visa reste valable même si on entre et sort du territoire)

On y passe une demi-journée!

Vers la fin du mois d’octobre, il y a une démonstration d’Aïkido, et les passages de ceintures. Ma famille d’accueil vient assister à la démonstration et j’ai même obtenu de pouvoir rejoindre la fête qui avait lieu après coup.

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Le jour J… ça faisait un sacré temps que tout le monde stressait à ce propos! Moi j’ai été assez tarte pour oublier mon tee-shirt… la première fois que ça m’arrive… le stress… heureusement Otosan et Okasan voulaient faire quelques photos, moralité ils étaient encore là quand j’ai réalisé l’oubli, retour à la maison en catastrophe, repêchage du tee-shirt et retour là-bas.

Je ne dirais qu’une chose… 1. les gamins étaient bruyants 2. ça fait mal aux jambes putain!!! ( Ahh zut… ça fait deux…) Je me suis échappée pour la fin en allant faire des photos. Après on avait une “party” au Okazaki New Grand Hotel… c’était ça le plus chouette de la journée…

J’ai pas compris comment mais K. -sensei s’est débrouillé pour arriver avant nous ( nous, traduire Jason, notre aimable conducteur et moi; ah tiens il reste des noms que je connais pas) Après quelque chose comme 20 minutes… tout le monde était bourré, vu la tendance locale à resservir dès que le verre est à moitié vide. Bon perso j’ai été raisonnable… pas trop bu… vis-à-vis de ceux du dojo pas de soucis, mais de retour à la maison ça aurait pu mal passer… Oublions pas qu’ici j’ai pas l’âge légal pour boire de l’alcool… même si personne ne le réalise au dojo!

Enfin donc, du moment où tout le monde était bourré, l’ambiance était super sympa…. j’ai fait quelques photos… il ne me reste plus qu’à me demander si après coup c’est vraiment une bonne idée de les montrer… parce que si perso j’avais toute ma tête… d’autres étaient moins frais. Bref attendons de voir le résultat, avant de paniquer.

Pour la petite histoire, ma famille d’accueil m’a effectivement passé à la question en voyant les photos pour savoir si j’avais bu, j’avoue que je leur ai affirmé que non en les regardant droit dans les yeux!

Bon en même temps, j’avais pas bu grand chose!

Dans ma boulimie de lecture – sachant que je n’ai en aucun cas le niveau pour lire des livres en japonais, je me suis spécialisée dans les mangas, et j’ai réussi à me faire inclure dans une partie des circuits d’échange de ma classe – je croche sur Kenshin le vagabond qui de base avait été prévu comme un manga pour garçons et que des tonnes de filles lisent à la plus grande surprise de son auteur.

 

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Enfin tout ça, ça a entrainé à l’école une grande technique sur le “sexe” des collections… Jump, Shonen, etc. sont de bases des collections prévues à l’intention des garçons, tandis que Margaret, flower, etc. sont des collec’s de filles. Ceci dit… certains mangas loupent leur public cible…. Kenshin par exemple… y’a beaucoup beaucoup de filles qui le lisent.

Bon je suis certaine qu’il y a des garçons qui regardent aussi du côté des filles, même s’ils s’en défendent!! Enfin je suppose que c’est plus facile pour les filles de regarder ouvertement de l’autre côté que le contraire. Du coup j’ai une théorie… la moitié des publications Jump sont romantiques et dégoulinantes à souhait, tout en ayant la touche d’action nécessaire ( à moins que ce ne soit le contraire -rires-). Ma théorie c’est donc que que les collections Jump sont une collection de garçons qui ont envie de lire les mêmes histoires que celles qui plaisent aux filles, qu’ils puissent les lire en toute tranquilité! Théorie à méditer, non?

C’est des discussions du genre, qui font que de temps en temps mon prof principal – que j’adore, il est drôle, réformateur autant que faire se peut dans une école japonaise qui ne laisse que peu de place à l’innovation – me dit que je suis étrange pour une fille de mon âge, je pense trop, et des trucs trop élaborés!

Fin octobre, je prends contact avec ma famille d’une semaine – ah oui parce que maintenant j’ai une famille, une famille d’un an et une famille d’une semaine! toujours dans les efforts de l’AFS Japon pour permettre aux jeunes de voir un peu plus du pays même si leur famille d’accueil ne peut pas faire beaucoup de choses avec eux, nous partons en échange une semaine dans d’autres familles dans le district de Nagano – je suis relativement fière de moi parce que j’arrive à leur écrire une lettre de 4 pages pour me présenter. Je passerais une semaine dans cette autre famille à mi-novembre.

Ils ont une fille, qui est à quelques mois de partir aux USA avec l’AFS, et je vais passer une semaine sans uniforme d’école! Nagano est connu apparemment pour être plus « laxiste » – selon les mots de certains ou plus « réformateur » selon d’autres – en ce qui concerne l’école!

Début novembre je reçois la date que je redoutais… celle de la date exacte de mon départ, on va dire que je le prends moyennement bien – ça peut sembler étonnant alors que je passais pas mal de temps sur les derniers mois à me plaindre de mes soucis de santé, à me fritter pour des broutilles avec mes parents d’accueil. Mais à vrai dire les conflits que j’ai avec eux, ne sont que des versions extrêmement édulcorées que ce que je vivais avec mes parents avant mon départ. Et puis je peine à me projeter dans ce que sera ma vie une fois de retour en Suisse, j’appréhende de plus en plus mon retour, et tout ce qu’il va falloir laisser derrière moi en partant.

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07/02/99… ou encore 07021999… cette série de chiffres c’est un peu ma condamnation… je cesserais de vivre… cette vie-ci du moins. Une autre date similaire , il y a bientôt une année, le 17/03/98… celle-là aussi avait marqué en quelque sorte une mort… un éveil aussi, une renaissance sous une autre forme. Aujourd’hui cette nouvelle existence s’est épanouie et elle appréhende à chaque minute sa disparition, ce jour ou elle deviendra souvenirs et poussières.
La personne que je suis aujourd’hui ne sera plus dès ce 07/02/99…. me direz-vous, qu’importe, on est jamais le même deux jours d’affilée dans notre vie, chaque jour nous changeant en nous enrichissant de nouvelles expériences… N’empêche que ces six chiffres mis bout à bout, cela sonne parfois vraiment comme une condamnation… comme si d’un seul coup on se rendait compte qu’on allait mourir, que celle qu’on est est condamnée à disparaître prochainement. Et après, qu’y aura-t-il? Pour le moment, de mon point de vue actuel, du blanc, du vide… demain une nouvelle page, un nouveau chapitre à entamer…

Mouais j’avais le sens du mélodrame à 17 ans 🙂 Mais ça correspond à un vrai sentiment, une authentique angoisse du départ. Je ne me réjouis absolument pas de rentrer!

Et pourtant j’aurais de quoi avoir envie: au Japon si l’été est tropical et étouffant, l’hiver là où je suis vaut un hiver genevois le tout SANS chauffage central!!!!

Au Japon alors qu’une bonne partie du Japon descend en dessous en zéro pendant de longues semaines, l’isolation est inexistante, le chauffage central très rare, on continue à utiliser des techniques traditionnelles à la sauce moderne pour gérer le froid.

Le bain à 44°C du soir prend ainsi tout son sens! Et c’est pas pour rien que les japonais sont à la pointe du développement des sous-vêtements qui gardent la chaleur, et autres habits en polaire en tout genre!

A la maison chaque pièce a un petit chauffage d’appoint à gaz – ce qui signifie en pratique vu les risques que le chauffage ne peut rester allumé que lorsqu’on est dans la pièce ET éveillé- Au Salon, la table basse est maintenant posée sur un tapis chauffant.

Dans la chambre d’Obachan ( ma grand-mère) sa table est ornée en plus d’une grosse couverture sous laquelle elle peut mettre ses jambes, Naoko et Akiko dont les chambres sont trop petites pour y mettre des chauffages à gaz sans courir de risque, ont également ça.

Pour vous donner une idée, ça ressemble à ça – ça c’est le modèle d’Ikea Japon- :

 

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A la maison je deviens une spécialiste pour faire des choses en étant emmitouflée le plus possible dans mon futon, je reste au salon – qui avec le tapis chauffant et un chauffage d’appoint est une des pièces les plus tempérées de la maison – pour travailler et le matin je suis devenue redoutable pour allumer mon chauffage en ne sortant presque pas de mon lit – le temps qu’il démarre un peu et que la température de ma pièce devienne un peu moins agressive.

L’école c’est pas mieux: on a les mêmes chauffages à gaz, les quelques élèves proches des deux chauffages meurent de chaud et tous les autres meurent de froid. Au vu de l’uniforme d’hiver – qui ne prévoit ni pull ni collants épais je vous le rappelle, on en reste aux chaussettes blanches et pas moyen pour moi d’enfreindre les règles d’habillements! En tant qu’étudiante d’échange, je suis une des rares à avoir la jupe à la longueur réglementaire, je représente l’école!

Moralité je dois redoubler d’ingéniosité pour lutter contre le froid qui me ravage – non parce que contrairement à mes copines de classe dont certaines ne voient aucun inconvénient à avoir les jambes écarlates à cause du froid – moi je meurs à petit feu habillée avec les jambes à l’air.

Je contourne les règles en partant du principe que tout ce qui ne se voit pas est tolérable. J’ai des collants fins couleur chair sous mes chaussettes, et je sacrifie un de mes leggings que je coupe juste en dessus du genou, qui me sert de sous-couche épaisse sous ma jupe et j’enfile facilement deux à 3 sous-pulls sous ma chemise.

A ce jour, je ne me rappelle pas avoir autant souffert du froid de ma vie que cet hiver-là.

Sur ce, je vous laisse… et rendez-vous sur les prochains épisodes, pour ma semaine à Nagano, un petit bonus inattendu qui est une escapade à Kyoto en solo avec ma mère d’accueil – pour laquelle je me suis officiellement faite porter pâle! – avant la Malaisie et Singapour en fin d’année…

Bonne fin de journée!

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