au Japon,  la miss

Un an au Japon, épisode IV

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Coucou du lundi!

 

On commence par les nouvelles neuves d’Heidi, on va clairement vers le mieux après 5 jours d’antibiotiques, mais elle reste encore à la maison en ce début de semaine – vu qu’elle commence seulement à remonter la pente physiquement.

On se débat toujours avec les effets secondaires des antibiotiques, mais on a tenté de lâcher le primperan, le rapport coût-bénéfice du dit-médicament était pas suffisant, ça la rendait somnolente au stade où elle s’endormait l’après-midi pour une petite sieste!

On profite de son regain d’énergie pour tenter de combler un peu le retard pris à l’école – presque 3 semaines d’absence en plein CE1 ça fait mal – grâce aux fiches gentiment transmises par son professeur par email.

De mon côté, c’est un peu rude en ce moment. C’est un mois sans, je rame dans ma fatigue. Je m’obstine à aller nager, mais je peine à maintenir mes quantités. Il faut pourtant le faire, ne pas perdre le terrain durement acquis.

Mais on va pas s’appesantir, j’ai eu largement pire 🙂

Et si on parlait de plus belles choses?

Un an au Japon, épisode IV – prononcer iiiivéé avec le petit air interloqué d’Heidi quand elle m’a vu écrire ça pour la première fois, les chiffres romains elle ne connait pas encore- ou….

 

 

L’été qui s’annonce

 

 

Je vous avais laissé au dernier épisode au retour de la course d’école. Epuisée, ratatinée mais heureuse… l’école dès le lendemain – à 10h40 seulement, concession à notre heure de rentrée – avec une drôle de surprise: 2 pages de questionnaire de satisfaction, à agrémenter d’une composition pour savoir qu’est-ce qu’on a apprécié, qu’est-ce qui est à améliorer. Ça on me l’avait jamais fait, mais c’est vrai qu’à 400 élèves, c’est sans doute d’avoir un retour.

Juin c’est le changement d’uniforme: on passe en manche courte et la jupe s’allège:

 

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Juin c’est le cap des 3 mois ici. Des soucis d’articulation, mon poignet droit est enflammé, c’est le cauchemar pour écrire, des aller-retours chez le médecin.

6 juin, un peu d’eau dans le gaz à l’école: ma gaffe de l’autre jour, c’est-à-dire avoir été surprise en train de papoter avec la bibliothécaire par mme le principal a fait que j’ai eu droit à une mise en garde. Officiellement c’est quelques profs, mais mon prof de classe sait tout aussi bien que moi de qui vient la remarque. Résultat, moi je serais un peu plus prudente à l’avenir et peut-être que je vais enfin avoir ce dont je rêve… un vrai manuel et de vrais profs… non parce que le basic text book commandé il y a plus d’un mois… franchement c’est se moquer du monde!

Je pouvais bien rêver, mais à partir de là j’ai fait plus attention sur le reste de l’année, et les visites à l’improviste de mme la principale n’ont plus jamais posé problème, elle a même été impressionnée par mon travail les fois suivantes.

C’est le désert littéraire… mes deux livres en français que je m’étais accordé tombent littéralement en miettes tellement je les ai lu et relu, du coup je me mets à l’anglais. J’ai dévoré tout le matériel en anglais de la bibliothèque – sous le regard un peu halluciné de la bibliothécaire.

Je commence par contre à bien savoir manipuler une merveille japonaise – les magasins de seconde main – ici les magasins de seconde main pour les CD, les livres et les DVDs sont légions, et ils ont souvent un choix plus large que les magasins de neuf.

Du coup je change petit à petit mes habitudes, et j’achète de plus en plus en deuxième main mes mangas, mes disques de Glay. Ou comment démultiplier en douce ce que j’achète pour le même budget.

Le mois de juin, le club de natation démarre enfin. Au Japon on fait TOUT dans le cadre de l’école. Les clubs de sport, et d’art sont rattachés aux écoles. En pratique ça veut dire qu’un élève très doué dans un sport, ou une discipline artistique va choisir l’école AUSSi en fonction de la réputation de ses clubs.

Evidemment les classiques pour les élèves AFS au Japon c’est de profiter de faire des clubs du type Ikebana – l’art d’arrangement des fleurs- ou calligraphie. Et je les ai quelque peu surpris en insistant pour rejoindre un club de sport, sachant que par ailleurs je ne peux pas participer aux compétitions – qui sont le nerf de la guerre pour les clubs de sport.

Je ne suis pas très glorieuse à la natation – d’autant plus que les autres font des longueurs avec une endurance que je n’ai pas – mais je me défends petit à petit et c’est surtout l’ambiance de groupe – on rigole bien dans les vestiaires avant et après l’entrainement.

Fin juin c’est la coupe du monde – et dans un Japon où le foot est un sport plutôt féminin dans ses supporters, et dans un pays qui porte son équipe avec enthousiasme – je me retrouve pour la première fois de ma vie à suivre un match de foot et vibrer avec toute ma famille devant le match.

je fais une première: je regarde un match de foot… et le pire c’est que je le regarde vraiment… Cris anxieux et hystériques chaque fois que les croates récupèrent la balle et s’approchent des goals… et puis pour faire bonne mesure… un Kakoiiiiii chaque fois que Nakata passe à l’écran. Pour l’instant le suspense reste entier, réponse d’ici une quarantaine de minutes, voire plus s’ils doivent aller en prolongations!

Bin finalement la chance n’est pas restée… le Japon a perdu 0-1 contre la Croatie… pour un but “coup de chance” au tiers de la seconde mi-temps. Mais nos petits chous ont bien joués… ils perdent avec les honneurs! Bon bin maintenant ouf… je peux redevenir moi… plus besoin de voir les prochains matchs!

L’aventure pour le Japon sera de courte durée… je suis à la fois déçue et soulagée, déçue pour le Japon et soulagée pour moi, parce que du coup je peux refermer cette étonnante page de supporter à l’insu de mon plein gré 🙂

Le mois de juin c’est aussi tenter de vaincre à l’usure ma mère d’accueil. Via la prof d’échange – ah oui parce que l’école n’a pas que des étudiants d’échange, elle a aussi un prof d’échange. Une jeune américaine qui est venue pour améliorer l’anglais des professeurs d’anglais – oui oui elle coache les professeurs! – La prof d’échange est super copine avec une de mes profs de japonais et du coup elle s’invite souvent à la bibliothèque pendant mes leçons.

Une fois elle est venue avec la vidéo de son club d’Aikido et c’est le coup de coeur pour moi. Non seulement je veux en faire, mais je tente de convaincre mes parents d’accueil de le faire dans le club où elle va. J’ai fini par obtenir le OK fin juin, après un mois de travail au corps.

La natation par contre avait du plomb dans l’aile: j’ai commencé une série d’otites externes. Dans un premier temps on pensait à de l’eau qui stagnait dans les oreilles, mais apparemment même pas, ma propre transpiration suffisait à créer un milieu propice. Ah oui, parce que le Japon l’été venu se transforme en un authentique pays tropical: humidité à 90% et entre 30° et 35° à l’ombre… pendant de longues semaines, c’est juste étouffant.

Un abonnement chez l’ORL vu que j’en arrivais à bloquer complètement ma mâchoire, et à rester éveillée toute la nuit à cause de la douleur

– ce qui a eu comme effet secondaire que je suis tombée sur mon seul film en français de toute l’année, le 28 juin à 3 heure du mat’ ils diffusaient l’Appât, bien glauque comme film, d’autant plus quand on sait que c’est inspiré d’une histoire vraie-

30 juin aujourd’hui on est retourné chez le médecin, et j’ai effectivement commencé à infecter…. quand je pense qu’Okasan me fait des scènes pour que je retourne à l’école… apparemment j’ai pas assez mauvaise tête pour avoir aussi mal… J’ai fait quasi toute la journée sans contre-douleurs… dès 15h je poireautais devant la porte à attendre désespérément qu’Okasan rentre avec… et je pensais sérieusement à aller me taper la tête contre les murs…

Hier soir/ce matin j’ai expérimenté les programmes nocturnes de la semaine… c’est encore pire que ceux du week-end; j’ai de nouveau vu l’aurore avant que l’épuisement ne prenne le pas sur la douleur et que je ne m’endorme. Pour ces 3 derniers jours je comptabilise un total d’à peine 20 heures de sommeil et encore… je compte large! J’ai eu droit au sermon sur le fait de laisser les volets ouverts et ce bien que j’ai eu expliqué les avoir ouverts après le lever du soleil… il a fallu que je me répète deux fois avant qu’elle le comprenne… ça doit tenir au fait que moi et l’idée d’être debout à 4h30 du mat’… ça doit tout simplement être incompatible!

Un des trucs qui me fascinait ça, l’obsession de fermer les stores et les fenêtres la nuit, comme si on risquait de se faire dérober à chaque minute pendant la nuit. J’avoue que je comprenais pas bien pourquoi – d’autant plus que dans ma petite chambre, ça la transformait en authentique fourneau vu que le soleil même levant sur des stores métalliques, ça fait vite monter les températures.

L’ORL ce sera l’occasion d’une belle rencontre, vu que l’assistante de l’ORL va demander la permission à ma mère d’accueil de m’inviter au karaoké. Je vais la revoir assez souvent sur le reste de l’année, et je l’ai même revue en Suisse quand elle est venue faire l’Europe en routard lors de son voyage de noces quelques années plus tard.

 

 

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Sur les week-ends on profit souvent de faire des visites Okasan ( japonais pour maman 😉 ) – et/ ou Otosan ( japonais pour papa) en fonction des disponibilités de l’une et l’autre. On est notamment allé visiter un village hors du temps situé sur le sentier qui reliait Tokyo à Kyoto – pendant des siècles c’était le plus court chemin entre les deux villes, et tout le long du chemin des petits villages rassemblés autour d’auberges.

 

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C’est une destination touristique prisée, hors du temps, du coup le fait que j’avais un film sépia dans mon appareil rend particulièrement bien 🙂

Sur ce, faut que je retourne faire du français avec fille chérie, donc je vous laisse et la suite au prochain épisode 🙂

p.s. les archives d’août 2010 sont presque complètes.

Bonne journée

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