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Revue de presse III

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Coucou du lundi!

 

C’est la rentrée – et comme j’avais fait préparé toutes ses affaires la veille, ça n’a pas encore été trop la gabegie avec Heidi- ce qui fait que depuis 7h30 ce matin je travaille sur les archives…

Et j’ai fini février!

Quelques courses, mes longueurs de natation sont encore au programme d’aujourd’hui, reprendre la douce litanie des devoirs, écouter les drames d’amour, gloire et cour d’école.

J’en profite aussi pour jeter un oeil aux votations en Suisse…

Le prix unique du livre qui passe à la trappe – quelque part c’est pas plus mal- quelque chose me dit que cette loi aurait été dépassée le temps de rentrer en vigueur, et rien n’est pire qu’une loi qui ne répond plus aux besoins qu’on a, vu le temps qu’il faut pour faire bouger certaines choses en Suisse. Même si je comprends l’idée de protéger le réseau de distribution en place et d’empêcher la concurrence inégale entre les grandes chaines et les petites enseignes, le débat a déjà changé.

De nos jours c’est plus tellement les enseignes suisses contre les libraires, c’est la Suisse contre la France, un prix complètement scandaleux pour le livre par le simple fait qu’il est vendu en Suisse, et qui pousse de plus en plus de gens à acheter sur Amazon en France de toute façon.

Et le livre électronique va encore venir secouer tout ça.

L’initiative sur les résidences secondaires en Suisse, acceptée ras-les-pâquerettes.

 

ça c'était la mienne de classe au Japon... on était 44 :-)
ça c’était la mienne de classe au Japon… on était 44 🙂

 

Hier c’était aussi le triste premier anniversaire du tsunami qui a ravagé le Japon et l’accident nucléaire de Fukushima. Des dizaines de milliers de morts, et des conséquences au quotidien pour des dizaines de milliers de japonais.

Dans un quasi-silence médiatiques des milliers d’ouvriers continuent chaque jour à travailler sur le site de Fukushima pour sécuriser et décontaminer le site. Ces hommes y laisseront probablement leur santé à terme.

Et dans un Japon où la presse est muselée par les entreprises du nucléaire – qui sont les plus gros annonçeurs des journaux, et tiennent donc les journaux par l’argent- où la dépendance au nucléaire est la plus forte au monde, ma foi pas grand monde ne parle pour ces gens-là.

Le comité d’investigation qui a été formé pour enquêter sur les agissements de TEPCO a publié son rapport, il est accablant pour la compagnie. Mais si les médias étrangers en ont parlé, au Japon vu le manque d’indépendance des médias, tout ou presque a été étouffé.

Les gens ne savent pas.

Toujours la même ambivalence pour moi…

Tout ce qui touche le Japon me brise le coeur, avec la même force que si j’en étais partie hier. C’est tellement fort, que j’occulte, que j’évite d’y penser. Mon Japon reste une petite fenêtre sur mon passé, qu’il ne faut pas trop ouvrir, sous peine de souffrir et de s’y perdre.

Dur du coup de vous en parler.

Assez dur d’expliquer cette identification qui fait qu’on part dans un endroit, qu’on s’y installe dans des proportions ou on est prêt à larguer les amarres pour toujours…

A force de faire un effort pour comprendre et s’adapter, on trouve une place dans cette société d’accueil, un sentiment passionnel à la hauteur de toute l’énergie qu’on y a mis.

Et quand on doit laisser ça derrière nous, à chaque fois ça devient plus dur.

Rentrer du Japon, ça m’a déchirée en deux, j’y ai vécu des choses tellement intenses que je compte ce que j’y ai vécu presque pour la moitié de l’adulte que je suis. Mais cette moitié est intouchable, presque taboue – parce qu’elle blessait des proches, ou créait de la confusion, me rendant un poil inadaptée- impossible à expliquer…

et du coup elle vit cachée – moins maintenant que je vis une vie d’expat’ mais quand même- parce qu’il a bien fallu la dissimuler pour retrouver ma place à 18 ans en Suisse, et les sentiments qui y sont attachés sont bien à l’abri d’une boîte à souvenirs que j’évite de trop manipuler.

Bonne journée!

p.s. la photo du jour… c’est la photo de ma classe… 🙂

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